16/12/2006Faisons une pause
Et maintenant, je m’accorde une petite pause. Je reviendrai dans ce blogue au mois de janvier, je pense, avec, sans doute, un billet sur les lettres anonymes, dans lequel (entre autres choses) j’expliquerai au petit docteur ès pingouins qu’en se faisant l’auteur de cette odieuse littérature sans nom, il ne se conduit certes pas en poète satirique contraint à l’anonymat pour se protéger de quelque grand seigneur aussi puissant que malfaisant, comme il aime à rêver, mais bien en ordinaire petit salaud.Courrier des lecteurs
A Raskolnikov [moi !] :
Tout d’abord je vous accorde que l’adjectif honteux n’était pas très pertinent. L’erreur est corrigée. Je maintiens le reste. Il ne s’agit peut-être pas de vous, mais de l’image que vous donnez par vos écrits. Posez-vous des questions. Je précise toutefois, car ce ne semble pas compris, que marginal tel que je l’emploie ne renvoie pas à votre position dans le monde (1).
Sur la question de l’anonymat, je vous avouerai que vous me faites suffisamment peur pour préférer le garder. (D’ailleurs, on est dans la blogosphère, et pas dans une cour royale de l’époque moderne, comme vos arguments le laissent souvent croire (2).) Vous n’êtes peut-être pas paranoïaque, mais vous en donnez sincèrement l’impression. Et on m’a appris à me garder des fous (3).
Pour finir, et comme vous m’avez une fois traité de « sida moral et mental qui anéantira l’homme (4) », vous me permettrez de vous traiter à mon tour de diable et de vous citer ces lignes que j’ai lues hier, et qui m’ont fait penser à vous :
« Tu es le diable. […] Oui, on t’a menti. Le diable n’est pas le principe de la matière, le diable est l’arrogance de l’esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n’est jamais effleurée par le doute. Le diable est sombre parce qu’il sait où il va, et allant, il va toujours d’où il est venu. Tu es le diable, et comme le diable, tu vis dans les ténèbres. »
(1) On aurait préféré qu’il précise ce qu’il entend par marginal !
(2) Quels arguments ? Je crois que je ne comprends pas l’allusion. Cour royale ? Il faudra que je me décide enfin à écrire le billet auquel je pense depuis un moment, à propos des lettres anonymes, qui pullulent sur Internet, dans les forums, les blogues, les commentaires, etc. Je suis parfaitement conscient que l’usage, sur la toile, est de s’attribuer des pseudonymes. Mais les conséquences de cela sont, à mon avis, très malsaines. Naguère encore, les lettres anonymes étaient le fait d’hommes isolés. Depuis l’avènement d’Internet, presque tous les hommes se sont découvert un penchant pour cette odieuse littérature.
(3) On se croirait revenu aux pires moments de l’ère soviétique (oui, je sais, j’exagère un peu). Toute pensée déviante ne peut être que d’un fou. (Cf. encore le blogueur Preston m’écrivant : « Vous êtes un malade, Monsieur. » Je me souviens de ce récent billet du gentil petit Asbel, dans lequel il écrivait : « En 1935, les intellectuels phalangistes et communistes discutaient encore fraternellement sur les terrasses et les bistrots de Barcelone. Quelques mois après, ils se fusillaient les uns les autres. Si ça venait à se reproduire, est-ce que je bougerais mon cul pour tenter de sauver mes amis emprisonnés ? » Ce doute affreux dont Asbel nous fait part me laisse penser que, peut-être, dans un contexte moins heureux, en temps de guerre civile, par exemple, il n’hésiterait pas trop à faire interner ses ennemis dans des hôpitaux psychiatriques ! On va dire que ma paranoïa me reprend, mais, après tout, un Asbel a de bien plus grandes chances de faire interner ou même fusiller un ennemi que moi de tuer de la racaille au moyen de ma langue, quand même elle serait électrique ! Car c’est bien de cela qu’on m’accusait, l’autre jour : de vouloir tuer avec ma langue !
(4) Faux. Cf. Ce que je voulais dire par ‘‘sida mental’’.Courrier des lecteurs
Le texte intitulé Le bourreau n’est pas criminel, récemment publié dans ce blogue, a inspiré cette autre lettre anonyme, écrite, cette fois, par le blogueur Preston :
Olivier Bruley déverse son sac dans l’espace de GA. Je ne ferai pas le tri, je regarde. Que c’est intéressant : Olivier accumule et expose ses contradictions (1). Avec un peu de recul, il pourra s’en départir. Quelle joie : nous assisterons à sa métamorphose, à lui le nirvana.
Aidons-le à dépouiller le vieil homme.
Olivier écrit : « L’auteur se réserve le droit de censurer les commentaires qui seraient injurieux ou méprisants » et il insulte et méprise ses correspondants.
Olivier écrit : « C’est parce que, très souvent, les commentaires que vous laissez ici sont injurieux, méprisants, c’est parce qu’ils sont souvent une simple manifestation de mauvaise humeur, parce qu’ils sont généralement si mal écrits, pour ne pas dire informes, que je me permets de les effacer » et il ne s’applique pas la règle qu’il édicte (2).
Olivier écrit : « L’auteur se réserve le droit de censurer les commentaires […] dont la syntaxe et l’orthographe seraient trop fautives pour être d’hommes vraiment capables de donner sens et forme à leur pensée, ce qui se conçoit bien s’énonçant clairement, comme chacun sait » et il commet les vers suivants :
« Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique ;
[Aux autres pour les cieux un grand escalator !] »
Pour citer Olivier lui-même : « Pourrait-il donc me dire quelle lecture on doit faire d’une telle phrase, ce qu’il faut en comprendre ? » (3)
Avec Olivier, les vers fumeux abondent (4) : « Je devrais approcher de revoir ton visage ». N’insistons pas.
Olivier publie ici un échange de messages qu’il qualifie lui-même de privés (5). Ce ne sont que les impressions que je lui avais adressées. Comme a dit M. de Maistre, c’est une attitude de paltoquet, pour le moins indélicate.
Olivier me cite à longueur de post après m’avoir blacklisté. C’est le procédé d’un lâche (6).
Il n’est pas facile de sortir de sa chrysalide, n’est-ce pas, Olivier ?
Pour ma part, en écoutant Turandot, je relis Le Génie du Christianisme dans l’édition que Roux donna en 1857, avec de belles gravures sur acier. La phrase simple et pure de Chateaubriand sert à merveille l’élévation de sa pensée.
(1) Il est évidemment plus facile de relever mes apparentes petites contradictions que de rendre compte de la grande cohérence qu’on trouverait sûrement à l’ensemble de mon blogue. « Je ne ferai pas le tri », écrit Preston. Il devrait dire plutôt qu’il n’est pas capable de synthétiser la pensée d’autrui ni d’organiser la sienne, d’ailleurs, qui ne semble tenir que dans des listes, dont cette lettre anonyme est un exemple bien caractéristique. Qu’on songe encore à ce titre d’un ancien billet de lui : Miscellanées pour Olivier Bruley. Il dresse des listes de choses mêlées.
(2) C’est que, sans doute, la règle a été mal interprétée. Elle ne s’appliquait qu’aux commentaires de mon blogue. Je ne souhaite pas être insulté ni méprisé chez moi. Il n’y a pas de mal à cela. D’autre part, je ne me sens pas tenu (même si, peut-être, ce n’est pas très honorable, j’en conviens), je ne me sens pas tenu, disais-je, de ne pas mépriser ni de ne pas insulter des personnes qui m’on insulté ou méprisé les premières. Et dès sa toute première intervention sur mon blogue, Preston s’était montré fort méprisant, m’avait-il du moins semblé. Par la suite, il s’était avéré qu’il n’avait été qu’incompréhensible, par un laconisme excessif, ce qui, d’une certaine manière, est une autre forme de mépris ! A propos de cette laconique intervention (je ne suis plus certain que c’était vraiment la première), cf. le billet du 28 octobre.
(3) J’ai justement écrit Le bourreau n’est pas criminel pour expliquer ces vers. Cf. aussi mes réponses au courrier des lecteurs du 11 décembre.
(4) Certes. Mais on en trouve aussi d’excellents, que bien sûr Preston ne cite pas, peut-être parce que leur poésie lui échappe totalement : « Tout ne borne à mes yeux qu’un emplacement vide :/Il manque tes cheveux sur ma tempe livide,/Il manque dans ma chair la pointe de tes os,//Dans mes yeux grand ouverts ta figure ravie,/Dans mes mains se fermant ta ligne de roseau,/Qui penchait tout le jour sur le cours de ma vie. »
(5) En réalité, je n’ai qualifié ces messages de privés que par commodité : parce que l’usage, sur ce site, est de les appeler ainsi. Mais j’avais également dit que notre « conversation n’avait rien de privé. Elle n’était privée, poursuivais-je, que parce qu’il n’est pas possible de laisser de commentaires sur mon blogue, et que vous (Preston) vouliez absolument me dire ce que vous pensiez de mon sonnet et de moi. Qu’apprend-on de privé sur vous ? » (Cf. mes réponses au courrier des lecteurs du 11 décembre.) J’ajoute que je ne reconnais pas de caractère privé à des lettres anonymes.
(6) Preston se paie de mots. Quelle lâcheté y a-t-il donc à citer un blogueur qu’on a blacklisté, surtout lorsque c’est avec son autorisation ? Preston ne me disait-il pas, dans le post-scriptum d’une de ses lettres : « Si mon contact vous importune, il suffit de me le dire et je prendrai mes distances : inutile de me blacklister. Sauf si vous en avez envie (je souligne). » J’ai fini par en avoir envie, en effet, puisqu’il n’a pas voulu prendre ses distances lorsque je lui ai dit, comme il m’y avait invité, que son contact m’importunait bel et bien ! Preston a la liberté de me répondre et de se défendre sur son blogue. Il fait un grand usage de cette liberté. Je ne vois donc vraiment pas quelle lâcheté il y a à le citer.15/12/2006Courrier des lecteurs
Raskolnikov [c’est moi] n’habite pas à Saint-Pétersbourg, mais au fin fond de la province française. Raskolnikov n’est pas un étudiant misérable, mais un marginal honteux (1), comme notre société, hélas, en produit trop. Raskolnikov rêve de revanche. Raskolnikov ne rêve pas de tuer une petite vieille avare, non, mais des racailles. Le faible se retourne contre plus faible que soi, dure loi de la nature. Raskolnikov ressent le besoin de parer son vil ressentiment des plus hautes justifications métaphysiques… Putain je ne pensais pas être si visionnaire avec le surnom que je lui avais attribué !
Comment pouvez-vous dire que je suis un marginal honteux et qui rêve de revanche ? Comment donc pouvez-vous le savoir, puisque vous ne me connaissez pas ? Que savez-vous vraiment de mes rêves, de ma position dans le monde, de cette honte que vous me prêtez aujourd’hui, ou de la névrose paranoïaque dont vous parliez hier ? Absolument rien, dans votre lettre, ne vient étayer vos affirmations gratuites et infondées. Vous ne faites que me réduire, sans du tout vous justifier, à des mots qui, à l’évidence, sont faits pour désigner quelqu’un d’autre. Je est un autre, c’est décidément bien vrai ! Mais c’est justement parce que Je est un autre que ce n’est pas vraiment moi, dans Mon Albatros, qui souhaite la mort de la racaille, si tant est qu’il s’agisse bien de cela, comme vous m’en faites tant reproche ! Autre ou pas, j’ai si peu honte de ce que j’écris que je n’hésite pas à le signer de mon véritable nom. Vous savez que je m’appelle Olivier Bruley. Vous savez encore que j’habite au fin fond de la province française, comme vous dites. J’imagine qu’en faisant une courte recherche, il ne vous serait pas bien difficile de trouver mon adresse, à Mont-de-Marsan, au numéro 15 de la rue des Cordeliers. Vous pourriez prendre le train de Toulouse à Bordeaux, puis de Bordeaux à Mont-de-Marsan, vous rendre dans ladite rue des Cordeliers, trouver le numéro 15, appuyer sur le bouton de l’interphone à côté duquel vous liriez mon nom. Je vous ouvrirais et vous verriez alors que je soutiendrais votre regard, sans aucune honte, même si, sans doute, je ne vous ferais pas entrer chez moi. De quelle honte parlez-vous donc ?
(1) Depuis, honteux a été remplacé par orgueilleux, qui veut à peu près dire tout le contraire.14/12/2006Le bourreau n’est pas criminel.
L’autre jour, notre petit docteur ès pingouins, dans ses lettres anonymes, me prêtait de coupables envies. « Aujourd’hui, écrivait-il, monsieur Bruley proclamait haut et fort ses envies de meurtre. » Cette proclamation, il croyait la trouver dans Mon Albatros, sonnet récemment publié dans ce blogue, dans lequel, des représentants de la racaille, comme il ne faut pas dire, s’en étant pris à d’angéliques skateurs, j’avais osé m’écrier, inconscient que je suis : « Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique/Faire aux uns [la racaille] quelque juste et draconienne trique ;/Aux autres [les skateurs] pour les cieux un grand escalator ! ». « En réalité, avais-je donc répondu à notre savant homoncule, je ne voulais rien dire haut et fort […], même si, avec du recul, je viens de me rappeler que les esprits un peu lourdauds avaient une fâcheuse tendance à tout prendre au pied de la lettre… Mea culpa. Non, mon intention, mon attitude, mon discours sont poétiques (quand même on trouve nullissime ma poésie, là n’est pas la question). Les moyens le sont donc aussi. Skateurs et racaille sont en réalité des symboles. La portée du sonnet est toute allégorique, et c’est d’ailleurs bien pour cette raison que je l’ai intitulé Mon Albatros. Ce n’est évidemment pas le meurtre de la racaille que j’appelle de tous mes vœux. Mais je déplore l’incapacité dans laquelle se trouve ma pauvre langue (je le reconnais bien volontiers) d’anéantir le néant, la bêtise, le mal, tout ce que vous voudrez, que symbolise la racaille. Nuance ! » Mais le gentil Asbelito tenait beaucoup à ce que j’aie des envies de meurtre, lui ! Aussi me répondit-il ceci : « […] Une allégorie, ce n’est pas dire A tout en signifiant B, mais dire A et B simultanément. Vous ne pouvez donc absolument pas vous dédouaner de vos déclarations, qui, elles, sont vraiment paisibles [sic] de poursuites judiciaires dans notre pays. » Mon erreur fut de laisser l’auteur évidemment malintentionné de ces lettres anonymes parler d’envies de meurtre, comme s’il était acquis qu’il était bel et bien question de meurtre dans mon sonnet. Or, ce n’est absolument pas le cas. D’ailleurs, comment un meurtre pourrait-il être juste et draconien, ces deux adjectifs renvoyant assez clairement, il me semble, à l’idée de justice ? Ce n’est pas le meurtre de la racaille qui est souhaité mais, sinon sa mort, du moins son supplice, en tant que peine méritée. Tout ce qu’on peut me reprocher, mais qui n’est pas passible de poursuites, je pense, c’est de souhaiter une autre administration de la justice, la peine de mort n’ayant plus cours sous nos latitudes. Ce n’est pas de commettre un meurtre, que je rêve, mais de devenir bourreau. (Encore ce souhait est-il tout poétique car je ne suis pas sûr de désirer réellement le rétablissement de la peine de mort, surtout pour de simples ‘‘incivilités’’, comme on appelle désormais communément la barbarie quotidienne.) En ce sens, cette trique que j’ai mise à la rime, et qui a fait tant rire certains, est sans doute un souvenir de la barre qu’utilise le bourreau, dans la fameuse description qu’en fait Joseph de Maistre, dans Les Soirées de Saint-Pétersbourg : « Il [le bourreau] arrive sur une place publique couverte d’une foule pressée et palpitante. On lui jette un empoisonneur, un parricide, un sacrilège : il le saisit, il l’étend, il le lie sur une croix horizontale, il lève le bras : alors il se fait un silence horrible, et l’on n’entend plus que le cri des os qui éclatent sous la barre, et les hurlements de la victime. Il la détache ; il la porte sur une roue : les membres fracassés s’enlacent dans les rayons ; la tête pend ; les cheveux se hérissent, et la bouche, ouverte comme une fournaise, n’envoie plus par intervalle qu’un petit nombre de paroles sanglantes qui appellent la mort. Il a fini : le cœur lui bat, mais c’est de joie ; il s’applaudit ; il dit dans son cœur : Nul ne roue mieux que moi. » Cet homme qui s’applaudit et dont le cœur bat de joie n’est pas un meurtrier, mais le bourreau des meurtriers. « Est-ce un homme, poursuit de Maistre ? Oui : Dieu le reçoit dans ses temples et lui permet de prier. Il n’est pas criminel […]. » Baudelaire, dans Mon cœur mis à nu : « La peine de Mort est le résultat d’une idée mystique, totalement incomprise aujourd’hui. La peine de Mort n’a pas pour but de sauver la société, matériellement du moins. Elle a pour but de sauver (spirituellement) la société et le coupable. Pour que le sacrifice soit parfait, il faut qu’il y ait assentiment et joie de la part de la victime. »Deuil
Cinq sonnets
Je n’ai lui dans tes yeux que le temps d’un clin d’oeil.
Depuis, de ton regard, ma vie est dénuée.
Contre l’averse d’yeux qui tombe des nuées,
Je n’ai pour me couvrir que l’habit de mon deuil.
Trempé de maints regards, je m’abrite à ce seuil :
Entre mémoire et moi, mon âme habituée
Hante un absurde corps, comme déjà tuée.
Je suis muré vivant dans un froid de cercueil.
Mon crâne est un enfer que recouvrent de rouille
Les larmes de ces yeux qui l’ouvrent et verrouillent.
Une flaque s’y forme, à peine miroitant.
Penché, comme sur toi, sur cette froide eau noire,
Cherchant à me revoir dans tes grands yeux, j’attends
Que monte un souvenir du fond de ma mémoire.
Quand j’ai fermé tes yeux, mon tombeau s’est ouvert.
Je suis tombé dedans pour te dire : « Je t’aime »,
Et depuis, mes cheveux sont le tapis tout vert
Autour du marbre éteint de mon visage blême.
Le neurone asticot grignote avec les vers
L’enseveli vivant dans le fond de moi-même.
Dans le trou de ma tête, un petit univers
Est traversé des feux que partout il essaime.
Partout, tes yeux, partout se rouvrent en mon sein,
Sans cesse bourdonnant, comme font les essaims,
Clignant incessamment, comme font les étoiles.
Me couvrant de tes yeux, tu m’as fait un linceul
De ton regard perdu dans le mien qui se voile :
Me souvenir de toi et toujours être seul.
Quand je ferme mes yeux, je m’ouvre à l’intérieur,
Comme, à la fin du jour, les paupières des roses
Dont on n’a pas cueilli les teints frais et rieurs
Pour les mettre en bouquets dans des vases moroses.
L’obscurité du soir éteignant les couleurs,
Il se fait dans le monde une métamorphose :
Des étoiles partout se transforment en fleurs
Et les fleurs, à leur tour, les cueillent et disposent.
Les neurones en moi sont des constellations.
Je dois fermer mes yeux pour leur observation.
A force d’en chercher, je reconnais des formes :
Ici, c’est un sourire ; et là, corps enlacés,
Deux garçons familiers qui doucement s’endorment
Dans l’ultime pâleur d’un astre trépassé.
Quand tu fermais tes yeux, je m’ouvrais de désir,
Comme, à l’aube amoureuse, une corolle éclose,
Brûlant sous la fraîcheur qui la pare et l’arrose
Que l’aurore ose enfin ses pétales rosir.
Mais sur ma tendre joue, il ne vint qu’un moisir :
Je me suis recouvert d’une lente nécrose
Et vis au fond de moi, par une ultime osmose,
Comme toi dans la geôle où tu t’en fus gésir.
Chaque jour un peu plus abrégeant mon passage,
Je devrais approcher de revoir ton visage,
Mais je vois seulement qu’il s’éloigne de moi :
Je n’ai plus que des bouts jetés dans ma mémoire,
A peine les reflets d’une légère moire
Qui n’a pas cet éclat de nos premiers émois.
Quand je rouvre mes yeux, ton tombeau se referme
Et le monde n’est plus que ton champ de repos.
Ton absence a terni le terrestre épiderme,
Comme ton souvenir a pâli sur ma peau.
Même à la pleine nuit les myriades de spermes
Se répandent au ciel comme autant de copeaux.
L’eau manque à ces lueurs qui demeurent en germes,
Le Berger laisse errer son assoiffé troupeau.
Tout ne borne à mes yeux qu’un emplacement vide :
Il manque tes cheveux sur ma tempe livide,
Il manque dans ma chair la pointe de tes os,
Dans mes yeux grand ouverts ta figure ravie,
Dans mes mains se fermant ta ligne de roseau,
Qui penchait tout le jour sur le cours de ma vie.13/12/2006Courrier des lecteurs
Le blogueur Apax, dans les commentaires d’un article de Tontonzig, à propos de Mon Albatros, publié tout récemment dans ce blogue :
« Mais qui pourrait écrire
Pour nous faire bien rire
Au moment de le lire
Un poème comique
Dans lequel ‘‘électrique’’
Rimerait avec ‘‘trique’’ ? »11/12/2006Courrier des lecteurs
Sur Mon Albatros, sonnet tout récemment publié dans ce blogue, un lecteur croit avoir beaucoup à dire. Voici ses lettres et mes courtes réponses.
PREMIERE LETTRE
Olivier Bruley,
Vous avez un problème de virgule et de syntaxe dans la première strophe. « Aimerais », pourquoi le conditionnel ? « Littéralement » casse l’image. « Et, dans l’aile du vent, s’envoler sur leur skate, etc. », on peut trouver d’autres façons de supprimer l’adverbe. Depuis quand l’électricité couve-t-elle ? « Dessous eux », faible et sans euphonie. « Tandis que, à l’entour, la racaille excitée… » On trouverait d’autres formulations plus heureuses. Faire une trique d’une langue électrique n’a pas de sens. Un Albator ?
Je me sens, toute modestie bue, dans le rôle de Jules Lemaître et vous en remercie.
PS : Si mon contact vous importune, il suffit de me le dire et je prendrai mes distances : inutile de me blacklister. Sauf si vous en avez envie.
Jean [id est Preston qui, a défaut d’avoir un nom, a tout de même un prénom !]
PREMIERE REPONSE
C’est précisément de cette bizarre syntaxe que naît la poésie dans la première strophe. Pourquoi le conditionnel ? J’aimerais savoir parce que je ne sais pas de quelle nature est l’électricité en question, parce que je ne possède pas l’espèce de secret des skateurs. Ce conditionnel ne fait aucun problème : s’il vous étonne, c’est que le sens vous échappe. L’adverbe littéralement ne casse rien du tout, contrairement à ce que vous prétendez. Il est prosaïque, ce qui ne doit pas étonner dans les vers d’un poète si conscient d’être mauvais. Ce prosaïsme fait sens. La lourdeur de dessous eux est du meme ordre. Et votre à l’entour ne convient pas, parce que la racaille est bel et bien rivée au sol, sous les skateurs qui volent. Faire une trique d’une langue électrique, c’est une métaphore, tout simplement : c’est avoir une langue capable de mettre le feu, en quelque sorte, de tuer de son électricité, comme ces deux voyous grillés dans un transformateur ! Si la chose vous paraît si étrange, c’est sans doute parce que vous ne croyez pas vraiment à la puissance dévastatrice (au moins potentiellement) des mots, ce qui ne m’étonne pas vraiment, je dois dire… (Bien sûr, je ne prétends pas du tout que mes vers ont cette puissance, c’est même tout le contraire, j’espère que vous l’aviez compris.) C’est également par métaphore que l’électricité peut couver, comme un feu qu’on ne voit pas, mais qui est bien toujours là, sous la cendre. Albator est un personnage de dessin animé : référence minable, à l’image de l’époque. Si vous trouvez tant d’imperfections dans mon sonnet, c’est d’abord, j’en suis persuadé, parce que vous en cherchez vicieusement, impatient que vous êtes d’en trouver. Mais avant tout, vous devriez plutôt tenter de vous pénétrer des principes, assez simples, d’ailleurs, qui régissent ma modeste poésie. Il y a, au départ de toute poésie, des sortes de partis pris qui ne sont pas discutables et qui relèvent de la souveraine liberté du poète. Il faut les accepter ou passer son chemin. Les miens sont d’une grande simplicité : excessive richesse de la rime (le plus souvent possible) qui entraîne et comme autorise tout une lourdeur du vers. A vrai dire, maintenant que j’y pense, j’ai sans doute deux manières : cette première que je viens de dire, la manière extrêmement lourde, puérile, pesante, d’une gravité toute physique, traînant péniblement la jambe, comme enlisée dans la terre. L’autre, dont il n’y a pas encore d’exemple, je crois, dans ce blogue, à peine moins lourde, il est vrai, dont la gravité est néanmoins plus éthérée, si j’ose dire, et d’où réussit à s’élever sans doute une plus authentique poésie. Disons que le poète évidemment mineur que je suis a ses œuvres mineures et ses quelques œuvres majeures ! Je publierai dans quelques jours un ensemble de sonnets intitulé Deuil et qui relève plutôt de la seconde manière. J’apprécierais, en effet, que vous m’oubliiez un peu. J’ai déjà dû vous dire que je ne trouvais aucun intérêt à vos messages, qui me paraissent mesquins et vains : ils ne sont rien de plus, à mes yeux, que des lettres anonymes. Et recevoir de ces sortes de lettres est extrêmement pénible. Surtout qu’il ne m’en vient pas que de vous et que je suis plus sensible qu’il n’y paraît à votre malveillance et à celle de vos semblables.
DEUXIEME LETTRE
Monsieur,
Utiliser une langue électrique pour provoquer une trique… Gardez votre dédain et soyez assuré que je peux exister sans me pencher sur vous. Je vous laisse aussi à vos jugements, sur vous et le monde. Il vous appartient, comme à tous, d’être capable de les réviser. Vous illustrez un sens peu connu du verset biblique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est-à-dire fort mal. Ceci dit, j’ai apprécié votre longue réponse, même si elle est une suite de morgue et de dédain. PS : Les noms de personne ne prennent pas la marque du pluriel. Sauf licence poétique, je sais.
DEUXIEME REPONSE
Madame,
Je préfère laisser l’s à Albators, pour que l’anagramme avec Albatros soit complète, ces petits skateurs coiffés comme des Albators étant les Albatros du sonnet, après tout. Allez, je vous pardonne, parce que vous ne savez pas ce que vous dites ! Heureux que vous êtes, le royaume des cieux vous appartient, savez-vous ? Amen !
TROISIEME LETTRE
Monsieur,
Pourquoi m’appelez-vous « Madame » ? Votre outrecuidance le dispute à la fatuité. Votre suffisance ne cache pas, loin de là, vos insuffisances. Relisez votre dernière strophe : vous donnez l’impression que votre langue va s’occuper des triques de la racaille pendant que les anges monteront au ciel. Belle image, le bel esprit suçant la queue de la canaille, jusqu’à la lie ? Votre inconscient vous échappe. Vos poèmes ne sont pas mineurs, ils sont mauvais. Votre pensée s’accroche et se perd dans des phrases tarabiscotées. Vous résistez à tout et surtout à vous-même. Vous êtes votre pire ennemi. Il vous plaît de considérer les autres comme des imbéciles, des minables et des aigris pour relever votre niveau. Le plus triste, vous êtes incapable d’appliquer les principes de relation que vous réclamez à votre profit. Vous boitez de partout, Monsieur, c’est ce que je trouve d’émouvant dans votre exécrable production : elle est à votre image. Jean.
TROISIEME REPONSE
Vous plutôt, apprenez à lire. Il ne peut s’agir de la trique que vous croyez, pervers que vous êtes, précisément parce qu’elle est dite juste et draconienne. A la limite, si trique il faut voir au sens où vous l’entendez, ce serait plutôt la mienne, que la racaille, en guise de leçon, mériterait de recevoir bien au fond du cul, et vous dans la bouche, par la même occasion, si seulement cela pouvait vous faire taire ! De grâce ! Laissez donc mon inconscient en paix ! Vous aviez proposé de vous-même, tout à l’heure, de ne plus m’importuner si je vous le demandais. Je vous l’ai demandé, mais vous continuez. Il n’est donc pas si inutile que je vous blackliste, finalement.
Ce passionnant dialogue de sourds se poursuivait sur le blogue de Preston. Je le recopie ici, intégralement, c’est-à-dire avec ceux de mes commentaires qui furent malencontreusement effacés.
BILLET DE PRESTON
A Olivier Bruley
Monsieur,
Votre production littéraire est émouvante parce qu’elle vous ressemble. Vous la relirez un jour et verrez qu’elle n’a rien d’admirable. Vous semez chichement, Monsieur, et vous recueillerez aussi chichement. Celui qui sème libéralement, recueillera aussi libéralement (Saint-Paul aux Corinthiens, IX, 6).
COMMENTAIRE DE MOI
Je sais déjà que ma production n’a rien d’admirable, je vous l’ai dit tout à l’heure, dans notre conversation privée. Pourquoi donc faites-vous comme si je n’étais pas conscient de cela ? Vous voulez absolument me faire passer pour quelqu’un qui se prend pour un grand poète, mais je vous le répète, ce n’est pas du tout le cas. Ce n’est pas parce que je suis conscient que mes vers et ma prose valent infiniment plus que la vôtre, que je crois avoir, dans l’absolu, une très grande valeur ! Simplement, ce n’est pas bien difficile de valoir plus que vous.
COMMENTAIRE DE PRESTON
Olivier Bruley « se reserve le droit de censurer les commentaries qui seraient injurieux ou méprisants », indique-t-il dans la présentation de son blog. Monsieur Olivier Bruley peut commenter mes posts, au risque de se déconsidérer un peu plus.
COMMENTAIRE DE MOI
:-) [un peu concis, j’en conviens…]
COMMENTAIRE DE PRESTON
Et vos insultes, Monsieur, vous me les réservez dans nos conversations privées ?
COMMENTAIRE DE MOI
Oui, Madame, :-). [oui, c’est un peu facile, je sais…]
COMMENTAIRE D’UN CERTAIN TOBOZO
Eh ben ça craint…
COMMENTAIRE DE ASBEL
Aujourd’hui, monsieur Bruley proclamait haut et fort ses envies de meurtre. Demain, ça sera l’apologie du génocide ?
COMMENTAIRE DE PRESTON
Ce serait terrible si monsieur Bruley le fait en vers. Qu’on en juge :
« Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique » ;
L’art de faire une trique selon monsieur Bruley…
COMMENTAIRE DE MOI
Contre toute attente, le blogueur Asbelito, que je prenais pour un sot, a compris ce qui avait d’abord complètement échappé à Preston : « Faire une trique d’une langue électrique n’a pas de sens », me disait ce dernier, dans un de ses messages privés. « Faire une trique d’une langue électrique, lui avais-je répondu, c’est une métaphore, tout simplement : c’est avoir une langue capable de mettre le feu, en quelque sorte, de tuer de son électricité, comme ces deux voyous grillés dans un transformateur ! » Cela, Asbelito, qui est donc loin d’être un sot, l’a parfaitement compris. Mais il en déduit que je proclame haut et fort des envies de meurtre. C’est là qu’il se trompe, dans un indigne souci de me nuire, évidemment. En réalité, je ne voulais rien dire haut et fort, comme il le prétend, même si, avec du recul, je viens de me rappeler que les esprits un peu lourdauds avaient une fâcheuse tendance à tout prendre au pied de la lettre… Mea culpa. Non, mon intention, mon attitude, mon discours sont poétiques (quand même on trouve nullissime ma poésie, là n’est pas la question). Les moyens le sont donc aussi. Skateurs et racaille sont en réalité des symboles. La portée du sonnet est toute allégorique, et c’est d’ailleurs bien pour cette raison que je l’ai intitulé Mon Albatros. Ce n’est évidemment pas le meurtre de la racaille que j’appelle de tous mes vœux. Mais je déplore l’incapacité dans laquelle se trouve ma pauvre langue (je le reconnais bien volontiers) d’anéantir le néant, la bêtise, le mal, tout ce que vous voudrez, que symbolise la racaille. Nuance !
Maintenant, que le blogueur Asbel glisse de l’envie de meurtre qu’il me prête à tort à l’hypothétique besoin que je pourrais avoir de faire l’apologie du génocide, voilà qui me dépasse complètement. Comme souvent, on n’est pas très loin de la diffamation, qui, je le rappelle, est interdite sur ce site, comme d’ailleurs à peu près partout en France, je crois, non ?
COMMENTAIRE DE PRESTON
Reprenez-vous, Monsieur Olivier Bruley, vous commencez à baver. Sachez vous tenir à défaut de savoir bien versifier. Vos vers ne veulent rien dire sauf à torturer la langue française :
« Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique » ;
Je vous laisse à vos tortures.
COMMENTAIRE DE MOI
Vous ne savez pas quoi répondre apparemment. Contrairement à ce que vous dites, je ne bave pas, mais me disculpe des envies de meurtre et d’apologie de génocide qu’on me prête à tort.
COMMENTAIRE DE PRESTON
« Vous ne savez pas quoi répondre apparemment ». Evitez, Monsieur, de me prêter des comportements et des idées. Soignez plutôt les vôtres. Avec votre langue électrique, allez faire aux uns quelque juste et draconienne trique. Mon Dieu, crise de rire !
COMMENTAIRE DE NEPOMUCENE
J’aime cette atmosphère chaleureuse qui fait de GA un endroit pas comme les autres. :o)
COMMENTAIRE DE MOI
:-)
Si vous tenez tant à ce que je ne vous prête pas de comportements ni d’idées qui ne sont pas les vôtres, pourquoi ne commenceriez-vous pas par ne pas laisser les Asbelito (sans s, cette fois, pour vous faire plaisir) me prêter, bien à tort, je le répète, des envies d’apologie de génocide ?
COMMENTAIRE DE PRESTON
Monsieur Olivier Bruley, vous m’insultez puis vous me blacklistez. Et vous me demandez de prendre votre défense ? Je vous donne la parole, utilisez-la dans le respect de l’autre et, mieux, de vous-même.
COMMENTAIRE DE MOI
Allons, ne me parlez pas de respect !
COMMENTAIRE DE PRESTON
Non, le mot de respect ne signifie rien pour quelqu’un comme vous. Vous publiez une conversation privée que j’ai eue avec vous. De quel droit ? La violation de correspondance privée est un délit. Vous êtes un malade, Monsieur : vous reprochez aux autres ce que vous faites, vous interdisez aux autres ce que vous faites. Ou alors, vous êtes un imbécile. Dorénavant, vous voudrez bien étaler vos contradictions et votre prose affligeante ailleurs.
COMMENTAIRE DE ASBEL
« Anéantir le néant, la bêtise, le mal ». Et votre mégalomanie, c’est une allégorie pour la taille de ma bite ? Allez, zou, à d’autres. Une allégorie, ce n’est pas dire A tout en signifiant B, mais dire A et B simultanément. Vous ne pouvez donc absolument pas vous dédouaner de vos déclarations, qui, elles, sont vraiment paisibles [sic] de poursuites judiciaires dans notre pays. Quant à mes propos, d’après vous diffamatoires, ils s’appuient sur un futur et un point d’interrogation qui soulignent leur caractère fortement hypothétique.
COMMENAIRE DE MOI
effacé
Cette conversation n’avait rien de privé. Elle n’était privée que parce qu’il n’est pas possible de laisser de commentaires sur mon blogue, et que vous vouliez absolument me dire ce que vous pensiez de mon sonnet et de moi. Qu’apprend-on de privé sur vous ? Vous n’avez pas même de nom ! Et vous me parlez de délit ! Mais allez porter plainte contre moi, si ça vous amuse ! Seulement, je crois qu’il vous faudra sortir de votre confortable anonymat ! La diffamation et l’injure publique sont également des délits, avec lesquels vous ne vous privez pas de flirter vous-même, ne serait-ce qu’en laissant dire à Asbelito certaines choses sur votre blogue. Disons que nous sommes quittes, grand fou !
COMMENTAIRE DE MOI
effacé
Paisibles du poursuites ? Voilà qui est peu commun !
COMMENTAIRE DE MOI
effacé
Mais poursuivez donc, mon vieux, qu’on rigole un peu !
COMMENTAIRE DE PRESTON
Je viens de supprimer trois commentaires de monsieur Olivier Bruley. Ce grand esprit a tout loisir de les rétablir où bon lui semble.
COMMENTAIRE DE MOI
Inutile d’effacer mes commentaires, je vais recopier aussi cette conversation sur mon blogue (ça va me faire perdre du temps, mais je peux bien le prendre, pour une fois).
COMMENTAIRE DE PRESTON
Vous prendriez une excellente initiative en cessant de vous donner en spectacle, monsieur Olivier Bruley. Sauf s’il vous importe d’exprimer ces vertus chrétiennes que vous revendiquez [je ne savais pas que je revendiquais de telle vertus !].
COMMENTAIRE DE ASBEL
La névrose paranoïaque sur laquelle repose l’ensemble de votre pensée [car il connaît l’ensemble de ma pensée !] vous joue des tours mon cher. Je ne vous ai absolument pas menacé de poursuite, j’ai juste pointé que dans ce pays, crier l’envie de meurtre est illégal. Attendez, j’ai d’autres choses à faire que de perdre mon temps avec un sac de bille sur pattes. M’amuser de temps en temps avec vous sur Internet, c’est une chose, engager mon temps et mon argent, c’en est une autre.
COMMENTAIRE DE MOI
effacé
[Je n’ai plus le texte exact. Je disais à peu près que Asbel pouvait toujours me poursuivre, si ça lui chantait, et que son action n’aboutirait probablement pas.]
COMMENTAIRE DE PRESTON
Je viens de supprimer un commentaire de monsieur Olivier Bruley. Je ne blacklisterai pas ce monsieur. Il pourra s’exprimer ici quand il aura retrouvé plus que son calme, sa dignité [on voit pourtant que je ne perdais guère mon calme dans le commentaire supprimé. Mais une fois ledit commentaire effacé, le lecteur peut imaginer toute sortes de choses, plus terribles les unes que les autres… Quant à ma dignité, c’est dans l’intention de la garder que je perds mon temps à répondre aux Preston et aux Asbel]. Je renvoie monsieur Olivier Bruley au Deutéronome, I, 7.Mon Albatros
Que j’aimerais savoir quelle électricité
Des anges élancés couve sous la casquette,
Que l’on voit arpenter nos sinistres cités
Et littéralement s’envoler sur leur skate,
Tandis que, dessous eux, la racaille excitée
Les lapide des yeux, convoitant leurs baskets,
Sa tête en capuchon par le vide habitée
Peinant à mettre en œuvre un énième racket !
(Ainsi s’amuse-t-elle : en hommes d’équipage,
Prenant au roi du ciel ses joyeux petits pages,
Fougueusement coiffés comme des Albators…)
Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique ;
Aux autres pour les cieux un grand escalator ! |