06/09/2006Dès qu’arrive l’été, j’attrape mon stylo
Et m’installe au soleil, au milieu des avettes,
Pour écrire un peu vite, et comme à la sauvette,
Mes mauvais petits vers, assis au bord de l’eau.
Ces vers, je le sais bien, sont des bijoux pâlots,
Des pierres sans valeur, de simples olivettes.
Mais s’ils ne sont pas beaux comme un chant de fauvette,
C’est que je suis distrait par le doux bruit du flot.
Au lieu d’être à mes vers, je ne suis qu’à plonger,
Sortir, plonger encor, pour enfin m’allonger
Parmi les faux bourdons, ces moutons de lumière.
Leur discrète industrie est prompte à me bercer.
A ce son velouté, mon esprit s’empoussière
Et bientôt je m’endors sur mes vers délaissés. |