UN JARDIN D’ADONIS

(Hévrèse)

BLOGUE ET SPICILÈGE

Olivier Bruley

16/09/2006

16/09/06 - 22:52

Quelques remarques sur le discours tenu récemment par le pape à l’université de Ratisbonne.


Ces sots de journalistes semblent n’avoir retenu du discours prononcé par Benoît XVI, le 12 septembre 2006, devant une assemblée de savants, dans le grand amphithéâtre de l’université de Ratisbonne, que ce qu’en ont aussi retenu les plus sots des musulmans, c’est à savoir que, ayant osé, en citant un texte de Manuel II Paléologue (1), évoquer, entre autres choses, la notion de djihad, le pape avait offensé les sectateurs de Mahomet, dont la foi serait non seulement contraire à la raison (croient-ils que le pape voulait dire d’eux tous), mais encore la cause de beaucoup de violence (2). C’est bien sûr si faux que bien des musulmans, pas tous, évidemment, mais bien trop, tout de même, comme de plus en plus souvent, d’ailleurs, se sont empressés de montrer son erreur au pape, mais en lui donnant hélas raison, puisqu’ils allèrent aussitôt raisonnablement brûler quelques effigies de Benoît XVI un peu partout en terre d’islam ou s’attaquer, dans les territoires palestiniens, à plusieurs églises chrétiennes, sans violence évidemment…


En réalité, il était fort peu question de l’islam, dans le discours de Benoît XVI. Il était même question de tout autre chose, qui est fort éloigné de la terre d’islam, de sa religion et de sa civilisation : le pape rappelait ce que, peut-être, certains avaient un peu vite oublié : c’est que l’Europe n’est pas chrétienne par hasard et que, même, il n’y a sans doute d’Europe que chrétienne (pourvu que Prêchi-Prêcha ne me lise pas, il pourrait bien en avoir une syncope !). « Jean nous donne […] le dernier mot sur le concept biblique de Dieu, dit Benoît XVI, dans son beau discours. Le mot dans lequel toutes les voies souvent pénibles et tortueuses de la foi biblique rejoignent leur but, trouvent leur synthèse. Au commencement était le logos, et le logos est Dieu. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n’était pas un simple hasard. » Et plus loin, il a ces mots qui me vont droit au cœur, même si je ne suis pas chrétien, mais qui me vont droit au cœur parce que je suis européen, c’est-à-dire chrétien malgré tout et donc malgré moi : « Ce rapprochement intérieur mutuel qui s’est opéré entre la foi biblique et le questionnement philosophique de la pensée grecque, dit-il, est un fait d’une importance décisive non seulement du point de vue de l’histoire des religions, mais aussi de celui de l’histoire universelle – un fait qui nous crée encore aujourd’hui des obligations. Quand on constate cette rencontre, on ne peut guère s’étonner que le christianisme, en dépit de son origine et de son important développement en Orient, ait fini par trouver en Europe le lieu de son empreinte historique décisive. Nous pouvons dire à l’inverse : cette rencontre, à laquelle s’est ajouté par la suite l’héritage romain, a créé l’Europe et reste le fondement de ce qu’on peut avec raison appeler Europe. »


C’était aussi le savant, l’universitaire que fut le pape qui s’exprimait à Ratisbonne. Et tous ceux qui brûlent son effigie en vociférant comme des bêtes sont des barbares, bien plus ignorants de la culture européenne que le pape le serait, à les croire, du Coran et de l’islam. Dans son discours, le pape défendait cette idée que la théologie « doit avoir sa place à l’université et dans le grand dialogue avec les sciences », car si l’on tentait, dit-il, « de conserver à la théologie le caractère de discipline ‘‘scientifique’’, il ne resterait du christianisme qu’un misérable fragment. Mais nous devons dire plus, ajoute-t-il : si la science dans son ensemble est seulement cela, alors c’est l’homme lui-même qui par là subit une réduction. Car alors, les interrogations proprement humaines – d’où ? vers où ? –, les interrogations de la religion et de l’ethos, ne peuvent trouver place dans l’espace de la raison commune décrite par la ‘‘science’’ entendue ainsi (3) et doivent être déplacées dans le domaine de la subjectivité. » Selon Benoît XVI, ce ne serait que grâce à cet échange entre science et théologie que « nous deviendrons capables d’un vrai dialogue entre les cultures et les religions – un dialogue dont nous avons un urgent besoin. Dans le monde occidental domine largement l’opinion que seule la raison positiviste et les formes de philosophie qui en dérivent, sont universelles. Mais les cultures profondément religieuses du monde voient justement dans cette exclusion du divin de l’universalité de la raison une attaque contre leurs convictions les plus intimes. Une raison qui est sourde face au divin et repousse la religion au niveau des sous-cultures est incapable de s’insérer dans le dialogue des cultures. » Hélas, comme on voit, les pires des musulmans, qui sont plus nombreux qu’on veut bien croire, en prétendant interdire au pape de parler librement, au sein même de l’Europe, et de l’Europe et de cette part d’elle qui l’empêche d’avoir un véritable dialogue avec d’autres cultures, mais aussi de celle, en passe d’être oubliée, qui lui permettrait d’en entamer un, montrent bien qu’ils ne veulent tout bonnement pas de ce dialogue…


(1) Un texte du XIVe siècle, donc (la septième controverse des Entretiens avec un musulman, Manuel II Paléologue, Le Cerf, 1993, coll. Sources Chrétiennes, 248 pages). « Qu’il faut être obscurantiste, croirait-on presque entendre dire à nos journalistes, pour oser citer comme autorités de ces ombres qui hantèrent la nuit du Moyen Age ! » Pourtant, je lisais tout à l’heure dans un billet du blogue de Patrice de Plunkett consacré à cette affaire que « tous les historiens connaissent ce texte, qui est l’un des incontournables ‘‘classiques’’ de la controverse islamo-chrétienne au Moyen Age [et qu’]aucun examen de la question ne peut le passer sous silence ». Si quelque historien fréquentant GA (et je crois savoir qu’il y en a au moins un) lisait par hasard ces quelques lignes, peut-être voudrait-il bien nous éclairer, car je dois ici confesser que, sur ces questions comme d’ailleurs sur tant d’autres, mon ignorance est à peu près entière.
(2) « ‘‘Montre-moi donc, dit le Pape, citant Manuel II Paléologue, ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait.’’ L’empereur, poursuivait Benoît XVI, expose ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme. ‘‘Dieu n’aime pas le sang – dit-il [Manuel II Paléologue] –, ne pas agir selon la raison […] est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l’âme et non du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi, doit être capable de bien parler et de raisonner correctement et non d’user de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable on n’a besoin ni de bras, ni d’armes, ni non plus d’un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu’un de mort.’’ »
(3) Benoît XVI disait un peu plus tôt : « Seul le type de certitude qui découle de la synergie entre mathématique et empirisme nous permet de parler de scientificité. Ce qui prétend être de la science doit se confronter à ce critère. C’est ainsi que même les sciences qui concernent les choses humaines, comme l’histoire, la psychologie et la philosophie, cherchaient à se rapprocher du canon de la scientificité. Important pour nos réflexions est encore le fait que la méthode comme telle exclut le problème de Dieu, en le faisant apparaître comme un problème ascientifique ou préscientifique. Mais nous nous trouvons là devant une réduction du rayon de la science et de la raison qui doit être questionné. »


commentaires

16/09/06 - 22:56

les musulmans nés en France de parents français ne sont pas donc aussi européens que toi et moi ?

Je le note.

16/09/06 - 22:56

(j'aime les hiérarchies de ce genre, cela va sans dire)

16/09/06 - 23:07

bravo!

16/09/06 - 23:10

Ah? Tu as tenu le coup, mon ptit père? J'avais peur que tu nous fasse une syncope!

16/09/06 - 23:11

Il me semble que là, tu poses les propos du pape comme un problème théologique. Or, le pape n'est pas un professeur, c'est un personnage public : son discours a aussi une dimension politique (dimension que je pense qu'il a simplement omis de prendre en considération : je ne pense pas que ce soit un message anti musulman, mais que c'est pour le moins maladroit).

16/09/06 - 23:14

Comment??? Nous serions d'accord, pour une fois? En effet, le pape n'a pas tenu de discours contre les musulmans.

16/09/06 - 23:17

Je ne fais pas de syncopes, j'ai tendance à croire au dialogue, même virulent. J'aime la polémique, et je trouve ça même plutôt enrichissant. Après tout, ça me permet d'interroger parfois mes propres certitudes, de les conforter ou de les infirmer.

Personnellement, je ne suis pas plus chrétien que musulman, athée né de parents non baptisés, mais je trouve ça intéressant, la religion (ça me fascine, même, mais toutes les religions me fascinent, l'islam, certes, mais pas seulement, le christianisme et le judaïsme aussi).

Je trouve toujours un peu triste que les grands concepts monothéistes soient si souvent noyés dans des arguties exégétiques. Mais après tout, la religion est aussi un canal d'opposition et de positionnement identitaire. C'est dommage, mais on ne peut vivre aujourd'hui que dans l'opposition à quelque chose (moi même, je ne me conçois que dans l'opposition à certaines choses) : c'est sans doute la conséquence l'égocentrisme ambiant.

Olivier, tu serais surpris, si un jour on avait l'occasion de se parler, du grand cas que je peux faire de la tradition, par exemple, qu'elle soit. Tu me vois peut-être comme un type novlangueur et pensée unique, ce que je suis peut-être, mais j'ai des espoirs. Je suis optimiste. J'ai peut-être tort, mais je veux encore croire à une progression de l'histoire (c'est une foi, à la limite de la double pensée, d'ailleurs).

16/09/06 - 23:19

Le pape n'a pas tenu de propos contre les musulmans, mais il a tenu des propos ambigus et équivoques qui, dans un contexte politique tendu, étaient plus que maladroits (ou peut-être volontairement maladroits, si tant est que tu me permettes ce paradoxe).

16/09/06 - 23:21

(à propos, j'ai essayé de lire du Dantec, je n'ai pas réussi, non pas idéologiquement, mais stylistiquement).

16/09/06 - 23:25

Je ne serais en effet peut-être pas si surpris que cela, d'autant que je me dis moi-même, de mon côté, que si, par le plus grand des hasards, nous nous rencontrions un jour, toi aussi, tu pourrais trouver que je ne suis pas si "anarchiste de droite" qu ça, comme je crois que tu avais dit un jour ;-)

16/09/06 - 23:28

Dantec est difficile à lire et son style n'est d'ailleurs peut-être pas très à mon goût non plus. Pour commencer, je conseillerais Les Racines du mal. C'est à partir de villa vortex que ça ce corse. Je crains que Dantec ne soit pas toujours sobre, lorsqu'il écrit. Par exemple, dans son journal métaphysique, il y a vraiment des passages insupportables, on croirait lire un ado sous cocaïne. Mais d'autres pages, me paraissent si lucides...

16/09/06 - 23:46

Bon, de toute façon, je laisse toujours une deuxième chance à un écrivain :D

(C'est Villa Vortex que j'avais emprunté, je crois)

16/09/06 - 23:50

La Sirène Rouge, Les Racines du mal et Babylon Babies forment une espèce d'ensemble, encore facilement lisibles. Pour le reste, il faut mettre plus de volonté, mais c'est aussi ça, la lecture ;-)

17/09/06 - 00:03

Bah! tous les gens qui donnent aux nations, aux cultures, à l'Europe, une essence a-historique, ne comprennent rien à l'histoire... les nations, les cultures, naissent, se construisent, changent, meurent, ressucitent même parfois. Dire que l'Europe ne peut être que chretienne c'est d'une bêtise sans nom.

17/09/06 - 00:07

Quelle hauteur de pensée, merci de nous en faire profiter, c'est très aimable à vous.

17/09/06 - 00:09

C'est quelque chose que j'ai toujours du mal à avaler. On se donne la peine d'écrire un texte construit et somme toute respectueux du lecteur, mais il faut qu'un anonyme vienne dire que ce n'est que de la bêtise sans nom. C'est un peu court, quand même, comme réponse, mon vieux.

17/09/06 - 00:20

Plan en deux parties et deux sous-parties pour ceux des commentateurs de ton gue-blo qui auraient fait Sciences Po :

I. Le pape

1. Je n'ai aucune envie d'entrer dans cette polémique à la con, mais j'aimerais bien tenir le premier journaleux qui a cité le so-called discours (j'aurais tendance plutôt à dire la conférence, m'enfin, bon, passons) du pape, car faire de son propos une diatribe contre l'Islam, c'est confondre, dans son exposé, le principal et le très très accessoire. Benoît XVI a tenu une conférence qui n'a pas pour objet l'Islam, une conférence dans laquelle lui ne parle pas de l'Islam, une conférence qui ne s'intéresse pas à l'Islam et une conférence au cours de laquelle il ne porte aucun jugement sur l'Islam.

2. Si on tient absolument à se concentrer sur ce qui a fait scandale, à savoir, dira-t-on, la citation, je reconnaîtrai certes tout à fait que le choix de sa citation est, disons, stupide, et je comprends qu'elle ait pu froisser des susceptibilités (d'autant qu'on peut trouver dans le Coran des citations qui confirmeront le propos cité mais aussi des citations qui diront le contraire). Donc je comprends que certains soient froissés, et je trouve que c'est une bonne idée, de la part du pape, que de préciser qu'il était absolument désolé de ce malentendu. Cependant, quand je lis que les monarchies du Golfe et l'Iran grincent des dents, je grince aussi pour au moins deux pays (je ne me prononcerai pour les autres pays, dont j'ignore à peu près tout), je me dis que ces pays devraient éviter de l'ouvrir. Quand on applique la peine de mort pour l'apostasie, on n'a pas une très grande légitimité à l'ouvrir dans le contexte présent. Je note d'ailleurs, à côté de ces réactions, d'autres réactions d'une extrêêêêêêêême modération de religieux musulmans, qui ne demandent pas d'excuses, qui semblent juste regretter un malentendu, une grosse maladresse, ou vouloir une petite mise au point.


II. Dantec :

1. Les livres "d'idée" de Dantec, c'est de la grosseuh merdeuh, fond et forme. Un point, c'est tout. Coucou, Olivier. :o)

2. Mon vieux pote F. me dit que ses romans sont en revanche très bien, et je n'ai généralement pas de raison de douter de l'avis de mon vieux pote F. sur tel ou tel livre (enfin, jusqu'au moment où je lis le livre en question, parce qu'alors, souvent, je me mets à douter :o)).

17/09/06 - 00:23

Je mets bcp de volonté à lire avec bcp d'ouverture d'esprit, là dessus, on aura du mal à me coincer ;)

17/09/06 - 00:27

Je n'en doute pas Chapi.

Coucou, Népo, je déduis de ton II/1 que tu as lu les livres d'idées de Dantec, et tu me le cachais! ;-)

17/09/06 - 00:48

C'est qui, Chapi ?

Re-coucou, Olivier ! :p

17/09/06 - 00:58

Ah oui, c'est vrai, il a changé de nom, mais je crois quand meme qu'il préfère Chapi-Chapo à Prêchi-Prêcha, qui est pourtant charmant, je trouve.

17/09/06 - 01:17

LE PAPE A RAISON....

17/09/06 - 02:46

En me relisant je me rends compte qu'effectivement ma deuxième phrase était un peu malpolie. Reste que vous en avez profité pour ne répondre que sur ce détail formel.
Je mantiens toute la première partie de mon commentaire, que je ne trouve pas si déplacée avec le reste de votre post.
Je ne comprends pas comment on peut dire que l'Europe ne peut être que Chretienne. Je crois vraiment à l'évolution des nations, des cultures, des civilisations. UN des gros problèmes actuels c'est la croyance dans une essence des nations atemporelle, qui trascenderait l'histoire. En tant que Catalano-espagnolo-français, j'ai largement eu le temps de me poser les questions sur ce qu'est une culture, une nation, une civilisation, et j'en conclus qu'il ne peut s'agir que d'une construction de tous le jours. Je ne peut que rejeter le determinisme que je crois décéler dans votre post sur les barbares et les européens. c'est vrai, je m'arrête moi aussi sur un détail, je ne commente pas le discours du Pape. Mais le Pape, honnêtement, j'en ai rien à ...

17/09/06 - 11:01

Honnêtement, je n'ai pas grande estime pour les religions quelles qu'elles soient. Mais à tout prendre j'aimerais autant que l'Europe restât chrétienne. Je sais que l'Islam est une religion d'une grande tolérance, du moins avec tous ceux qui pensent comme elle, mais l'expérience tend à démontrer qu'en dehors de la Turquie (et encore)il n'y a pas un seul état islamique où les droits de l'homme soient la principale préoccupation des pouvoirs en place. Face à l'Islam, les intellectuels européens réagissent un peu comme le firent leurs aînés (à moins que ce ne soient les mêmes) avec le communisme dans les années soixante: "oui il se peut qu'il y ait eu quelques dérapages regrettables dans certain pays communistes par le passé, mais fondamentalement le communisme est une bonne idéologie, pleine de générosité". On sait aujourd'hui en quoi concistait cette belle générosité.

17/09/06 - 12:05

Ah! Parce qu'il faudrait que je réponde à quelqu'un qui prétend croire qu'une civilisation est une chose qui évolue "au jour le jour", alors que même les modes vestimentaires changent plus lentement! Je n'ai à peu près rien à dire à quelqu'un qui a compris de mon billet que je parlais des Européens et des barbares, comme si j'avais voulu dire qu'en dehors des Européens, il n'y avait que des barbares! Je ne souhaite pas vous répondre, passez votre chemin.

17/09/06 - 13:08

Même si vous vous en défendez (pourtant les termes que vous me reprochez sont sortis de votre clavier), les citations du Pape sont une Ode à la supériorité culturelle Européenne, continent presque Elu par Dieu dans un déterminisme historique effarrant :

"La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n’était pas un simple hasard".

Et qui en plus débouche sur je ne sais quelles responsabilités dans la conduite des affaires de ce monde:

[Cette rencontre] est un fait d’une importance décisive non seulement du point de vue de l’histoire des religions, mais aussi de celui de l’histoire universelle – un fait qui nous crée encore aujourd’hui des obligations"

Ce genre de propos me donne la chair de poule. Je l'ai dit, je ne crois ni au déterminisme, ni à l'essence transcendante d'une civilisation, qui est bel et bien une construction de tous les jours (ce qui ne veut pas dire, et vous jouez les fauxbêta et la mauvaise foi en détournant mon affirmation, qu'elle change radicalement chaque jour!)

L'Empire Romain démeura romain avant et après sa conversion au Christiannisme. L'Europe sera l'Europe bien après la disparition de ce christiannisme...

PS : je souhaiterais une vraie réponse, pas d'être balayé d'un revers de main avec mépris.

17/09/06 - 15:31

"L'Empire Romain démeura romain avant et après sa conversion au Christiannisme. L'Europe sera l'Europe bien après la disparition de ce christianisme..."

Je suis assez d'accord avec cela.

17/09/06 - 21:42

L'aire d'influence des grandes religions monothéistes n'a pas fondamentalement changé depuis la fin du dixuitième siècle.Ne peut-on, une seconde, imaginer que les choses en restassent là durant le prochain millénaire? Je trouve que la vie est déjà suffisemment compliquée sans qu'il faille, en plus, s'embarquer dans de nouvelles guerres de religion.
Je ne crois pas plus en Christ qu'en Mahomet, mais, il me semble, que le christianisme, en Europe, a, de nos jours et après beaucoup d'errances, un rapport au pouvoir politique beaucoup plus sain que l'Islam. Dans ce sens, une Europe massivement islamisée cesserait effectivement d'exister, du moins telle que nous la connaissons aujourd'hui.

18/09/06 - 01:15

Asbel souhaiterait une vraie réponse... Mais il peut bien souhaiter autant de réponses qu'il veut, pour que je les lui donne, encore faut-il que je le veuille moi. Or j'ai déjà dit que je ne voulais pas répondre à Asbel. Pourquoi? D'abord, parce qu'il s'est montré par trop cavalier dès le départ. J'estime avoir le droit d'être mieux traité que cela à l'intérieur de mon propre blogue. Ensuite, il n'est manifestement pas assez vif d'esprit, tout thésard qu'il est! Ainsi, lorsqu'il me dit que les termes que je lui reproche sont pourtant sortis de mon clavier, il montre hélas qu'il est incapable de rien comprendre à ce qu'il lit (pourvu qu'il ne se destine pas à l'enseignement du français au collège!): le fait que j'aie en effet employé les termes d'Europe et de barbares ne signifie pas pour autant que mon billet est uniquement consacré à l'Europe et aux barbares, comme il semble l'insinuer! Je n'ai pas la vision manichéenne du monde qu'Asbel me prête et n'ai jamais pensé qu'il y avait d'un côté les Européens et de l'autre des barbares, évidemment! Dois-je vraiment répondre à un tel crétin? De toute façon, il faudrait s'interdire de répondre à tous les frileux. C'était Prêchi-Prêcha, je crois, qui disait souvent, en me lisant, que telles de mes remarques lui faisaient froid dans le dos. Asbel nous dit, quant à lui, qu'il a la chair de poule. Eh bien je lui suggère d'aller chercher ailleurs la chaleur dont il a besoin. Et surtout qu'il se taise, du moins dans ce blogue. Peut-être, s'il continue à me lire (mais en silence, surtout!), trouvera-t-il, dans mes prochains billets, les réponses à ses minables questionnements. Comme le pape, je suis partisan du dialogue, mais je ne dialogue jamais mieux que dans la solitude où je suis lorsque je me trouve devantla page blanche, autrement dit, c'est dans les billets que je mets beaucoup de soin à écrire que je dialogue vraiment, les commentaires qui suivent n'étant le plus souvent que le lieu de vains bavardages, il faut bien l'admettre.

18/09/06 - 04:14

Mais il a dit quoi exactement, le pape?

Les musulmans ont l'air contrariés, et j'ai pas réussi à trouver son discours intégral. A peine quelques bribes, mais vraiment pas de quoi foutter un chat...

18/09/06 - 12:24

J'ai trouvé le texte sur le site du monde, traduit par Sophie Gherardi.

18/09/06 - 13:35

Peut-être n'êtes vous pas manichéen. Mais n'ayant pas le plaisir de vous connaître, je n'ai pu juger que sur vos écrits, que je me suis forcé à survoler pour saisir mieux le personnage.
Je me suis particulièrement amusé avec le compte-rendu de votre voyage à Barcelone, ville à laquelle manifestement vous n'avez rien compris. Pas étonnant quand on voyage avec un guide de 1959 (Ce qui par ailleurs en dit long sur votre compte, sur votre refus du monde actuel et votre mysanthropie). Comme, ne vous en déplaise, je suis enseignant, je ne peux me résoudre à vous laisser dans l'erreur et l'ignorance, donc je me permets de corriger la plus grossière : le "sombre passage" du quartier gothique dans lequel on a "relégué" le Musée Picasso est le très noble Carrer Montcada, où les plus luxueux Hotels particuliers du XIV eme et du XVème siècle se font la concurrence.
Il est vrai que ma remarque n'est pas à sa place ici. Peu importe. Je ne compte plus vous lire. Continuez à bien prêcher dans le désert.
Sans rancune,

19/09/06 - 02:03

Quelle élégance ! Vous vous forcez donc à lire mon journal, pour m’y prendre en faute ! Parce que c’est bien tout ce qui vous intéresse, n’est-ce pas ? Me prendre en faute, avoir raison et, pourquoi pas, raison de moi. Or, quelle chance pour vous ! J’ai justement fait tout récemment un petit séjour à Barcelone, ville dont vous êtes originaire, si j’en crois ce qui est écrit sur votre profil, et que vous connaissez donc parfaitement. Vous trouvez donc évidemment bien des occasions de me reprendre, de me corriger, de me montrer ma légèreté et mon inconséquence, ce que vous ne vous privez pas de faire, quand bien même vos remarques et corrections n’ont aucun rapport avec le sujet de ce billet-ci et n’y sont donc pas à leur place, comme vous le faites vous-même remarquer. Vous me reprochez de ne pas avoir compris Barcelone… Mais où donc avez-vous lu que j’avais seulement le désir de comprendre cette ville, comme vous dites ? Savez-vous seulement pour quelle raison je m’y trouvais ? Ce n’était pas tant pour faire du tourisme, figurez-vous, que pour retrouver un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps. Mais vous comprendrez sans doute que je ne veuille pas parler davantage ici de ces retrouvailles, quand même je ne me prive pas de le faire dans mon journal intime, que je publie ailleurs, je dis bien : ailleurs, pas ici. Ici, ce ne serait pas à sa place… Vous exultez de pouvoir corriger une erreur de moi que vous estimez grossière : ce que j’appelle un sombre passage du quartier dans lequel on a relégué le musée Picasso, vous m’expliquez que c’est en réalité blablabla. A mon tour de vous montrer votre erreur : ne savez-vous donc pas ce que c’est que l’ironie ? Vraiment ? Vous me reprochez encore d’avoir fait ce voyage à Barcelone avec un guide datant de 1959. Cela en dirait même long, selon vous, sur mon refus du monde actuel et ma misanthropie ! Si vous m’aviez lu davantage (mais je comprends que vous ayez mieux à faire, peut-être), vous auriez trouvé cette remarque, que j’ai écrite le 27 juillet dans mon journal (http://) et qui peut-être pourrait vous faire mieux comprendre l’intérêt que je trouvais à ce guide ancien : « Comme je le pressentais, écrivais-je, ce guide pourrait être à lui seul un voyage, un voyage dans le temps. Il serait amusant de relever les changements qui se sont produits depuis 1959. » Et Dominique Autié, dont je lis le blogue (http://) et qui me fait l’honneur de me lire parfois, me laissait alors ce commentaire que je ne savais pas encore prophétique : « Vous comptez donc, disait-il, parmi le petit cercle, vite dénombré, de ceux qui tiennent qu’un guide pour touristes n’a d’intérêt que ‘‘périmé’’, de même qu’une bonne bibliographie n’est constituée que d’ouvrages depuis longtemps indisponibles dans le commerce. Vous n’allez pas vous faire que des amis – mais Ieurre non plus ne sollicite pas les bonnes grâces de son entourage. Voilà longtemps que je songe à dire quelques mots de ce qui constitue, certainement, le plus beau roman (ce fut le premier publié) de Pascal Quignard. La cohérence est grande en tout cas, me semble-t-il, et enviable, de Carus [que je lisais alors] au Guide Bleu de 1959. » Je vais peut-être vous étonner mon cher petit professeur, mais il y eut des livres avant le XXIe siècle, qu’il est encore permis de lire, et dont le contenu, mais aussi le contenant (l’objet qu’est le livre) étaient plus désirables que ceux d’aujourd’hui. Je vous prie, encore une fois, de ne plus laisser de commentaires ici. Je les trouve inutiles et sots. Je vous suggère d’écrire ce que vous avez à dire dans votre propre blogue, où je ne me sentirai pas obligé de vous répondre. Mais ici, je ne puis évidemment pas vous laisser avoir le dernier mot, et tout le temps que je vous consacre est du temps perdu. D’avance merci.

19/09/06 - 11:24

Ma parole, vous n'avez pas envie de me répondre mais vous pondez de beaux pavés. Pour la peine, je ne compte pas le lire. Beaucoup trop long. Mais comme je constate que vous êtes terriblement vaniteux, je ne peux partir sans une dernière provocation.
Allez, bonne continuation, petit Raskolnikov.
Bien à vous,

19/09/06 - 12:01

Est-il possible que vous ayez fini par comprendre que je ne souhaitais pas vous répondre, en effet? Vous aurez mis le temps, tout de même. C'est ce que je me tue à vous dire, depuis votre première intervention: peut-on réellement parler à quelqu'un qui se prétend professeur et qui, dans le même temps, ne rougit pas de dire qu'il ne lit pas un texte d'une trentaine de ligne, sous le surprenant prétexte que ce serait déjà trop long! J'en déduis donc que vous ne lisez pas de livres... ou qu'avec la plus grande peine! Ces provocations, qui me touchent peu, ne vous font vraiment pas honneur. Vous m'évoquez ce sinistre crétin de Fluctuatnecmergitur, qui exigeait, comme vous, toutes sortes de réponses de ma part, mais qui une fois qu'elles étaient écrites, s'empressait de me dire qu'il ne souhaitait pas les lire! Il a déserté ce site, depuis peu: vous devriez en faire autant. Si j'étais aussi frileux que vous, je dirais que le fait de savoir que des crétins de votre espèce puissent enseigner quelque matière que ce soit dans une université française, si j'ai bien compris, me fait froid dans le dos! Confier la formation de la jeunesse française à de petits esprits aussi informes que le vôtre, c'est à désespérer. D'où donc tenez-vous que je suis terriblement vaniteux? Est-ce parce que je vous regarde de haut? Mais si je vous regarde de si haut, ce n'est que parce que tout ce que vous dites reste au ras des pâquerettes.

S'il vous plaît, pour la dernière fois, cessez d'intervenir sur ce blogue. Puisque, de toute façon, vous ne vous cachez pas de ne pas lire les réponses que vous exigez que je vous donne et que, d'autre part, je me tue à vous dire que vous me faites perdre mon temps en me forçant à vous répondre malgré que j'en aie, je me permettrai d'effacer vos prochaines interventions ici. Vous voilà, prévenu. Surtout, n'allez pas crier à la censure, comme ils sont tant à faire sur ce site. Vous pouvez toujours vous exprimer librement sur votre propre blogue, n'est-ce pas?

19/09/06 - 12:21

Petit Raskolnikov est vaniteux ET suceptible!
Mais cette dernière qualité je l'avais remarqué depuis l'ouverture de nos passionnants échanges, puisqu'il a suffit que je le contredise pour que toute la force de son mépris s'abatte sur moi.
Poursuivez votre solitaire enculage de mouches, triste alceste du XXIeme siècle (ne vous en déplaise)
Amitiés,

19/09/06 - 12:53

Quel retournement de situation! C'est bien vous, en vérité, qui dès le départ, m'avez montré du mépris. Ce que vous appelez une contradiction, qu'il aurait suffit que vous fassiez pour que mon mépris s'abatte sur vous, était en réalité un petit discours creux et de bien peu de poids. Il était tellement évident que vous ne faisiez que répéter votre leçon sur la bonne pensée, que vous maîtrisez parfaitement, apparemment, puisque vous semblez la réciter sans même y réfléchir? Ce que vous appelez mon solitaire enculage de mouches est en réalité un réel travail d'écriture et de réflexion, respectueux du lecteur, dans lequel chaque mot est soigneusement pesé, contrairement aux vôtres. Le fait que vous écriviez d'abord "au jour le jour", puis que vous me fassiez remarquer que ce "au jour le jour" ne veut pas dire ce qu'il veut dire, quand je le relève, est bien la preuve que vous ne pesez pas ce que vous dites, que vous parlez sans vraiment penser à ce que vous dites. Là encore, vous me faites penser à ce pauvre Fluctuatnecmergitur qui, dans l'un de ces derniers articles, avait dit que l'Egypte était une démocratie. Quand je lui avais fait remarquer que le mot était probablement inapproprié, l'Egypte ayant à peu près tout d'une dictature, savez-vous ce qu'il me répondit? Qu'il n'avait pas voulu dire "démocratie", mais "régime politique", comme si les deux sens de ces deux expressions étaient voisins! En réalité, il ne savait pas ce qu'il disait, comme vous. Mais il faut que ce soit moi, qui sait ce que vous dites, pour le lire tel qu'il est écrit, qui sois vaniteux et susceptible, évidemment...

19/09/06 - 12:55

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UN PEU DE PROSE DANS UN MONDE MANGÉ DES VERS
« J’ai ri en lisant cette notation de Guibert… » - Est-ce que le message est clair ? - Le peuple de GA. Et moi. - La parole d’un enfant - Nouvelle Langue Française - FREEDOM GO TO HELL - Pas de provocation ! - Comment peut-on être français ! - Comment peut-on vouloir être persan ! - Grand Corps Malade - Nouvelle lettre persane - Courte note sur la morale chrétienne - Toute interprétation est délire - Quelques considérations sur la nouvelle et unique race - Que va-t-il se passer ? - Suites de la controverse commencée avec le texte précédent - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Lettre à Pierre, traitant de ce que deviennent les pierres, c’est à savoir du sable et de la poudre, que les saisons soulèvent et dispersent aux quatre vents… - Sur le mot conservateur - Sur la langue des corbeaux et des loups - Sur la tentative de censure du Petit Robert - Les demi-mots d’une momie - Quelques remarques sur le discours tenu récemment par le pape à l’université de Ratisbonne - Qu’est-ce qu’une nation ?, quelques remarques sur la célèbre conférence de Renan, en guise de réponse au blogueur Asbel, qui m’en demandait une - Robert Redeker menacé de mort - Remarque sur la prononciation de Mahomet - Courte remarque sur le racisme - Ce que je voulais dire par ‘‘sida mental’’ - Deux remarques sur Internet et les blogues - Un style ‘‘téléphone portable’’ ? - Le français n’est pas la langue française - Sur la modération de ce blogue - Trois mots sur la peine capitale - Que sera cette nation ? - Le bourreau n’est pas criminel - Remarque sur la duplicité de l’homme - D’Orient et d’Occident - « Comment peut-on être homosexuel et croire en Dieu ? » - Remarque sur le terme d’anti-islamisme - La démocratie et l’art - Courte remarque sur le maintien de l’ordre - Remarque sur un débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Un mot sur François Mitterrand - Sur ceux qui sont contre la corrida - Un mot sur les bons sentiments - Sur les émeutes de 2007 - L’assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt - Sur l’ours en peluche qui s’appelait Mahomet - Un jardin d’Adonis. Sur le nouveau titre de ce blogue - Remarque sur le concept d’islamophobie - Simple remarque sur deux peurs apparemment peu fondées et sans grand rapport entre elles - « La Grande Déculturation » - Le site des éditions n&b - Eric Zemmour défendant son roman Petit frère - Remarque sur le projet de Nicolas Sarkozy relatif à la mémoire de la Shoah - Remarque sur l’abandon du projet de Nicolas Sarkozy relatif à la mémoire de la Shoah - Remarque sur l’antiracisme ‘‘larvé’’ - ‘‘Modernité du cynisme, actualité de Diogène’’ ! - Trois mots sur les mises à mort - Odi et amo (satire) - Question sur la compatibilité entre le droit de grève et le devoir de réserve des fonctionnaires - Le Petit Pédophile - Remarque sur les ‘‘sans papiers’’ - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Remarque sur n’annulation d’un mariage

 

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