UN JARDIN D’ADONIS

(Hévrèse)

BLOGUE ET SPICILÈGE

Olivier Bruley

21/09/2006

21/09/06 - 22:35

Qu’est-ce qu’une nation ?, quelques remarques sur la célèbre conférence de Renan, en guise de réponse au blogueur Asbel, qui m’en demandait une.


Asbel, blogueur anonyme se prétendant thésard à Toulouse (mais qu’on eût de loin préféré pouvoir qualifier de taiseux dans ce blogue), avec qui j’eus un long dialogue de sourds à la suite du billet que j’avais consacré au discours tenu récemment par le pape devant une assemblée de savants à l’université de Ratisbonne, comme j’avais momentanément fermé mes commentaires, pour ne plus avoir à subir ses sots quolibets, ne put s’empêcher de laisser encore dans ma boîte aux lettres ce dernier message :


« Au fait, petit Raskolnikov ignorant, vaniteux ET censeur (1), ‘‘une nation est une construction au jour le jour’’, ça renvoyait à Renan, et à son ‘‘Une nation, c’est un plébiscite de tous les jours’’ (2). Comme, ne vous en déplaise, je suis et resterai un enseignant, je me sens obligé de vous donner les clés de lecture qui vous font cruellement défaut pour me comprendre. Mais n’enragez pas. Je me suis pudiquement retenu d’étaler vos lacunes sur la place publique, Cordialement (3), Asbel. »


Si, j’en fais l’aveu, si je n’avais pas fait le rapprochement avec la célèbre définition que Renan donne de la nation dans la conférence qu’il prononça le 11 mars 1882, définition que je connais pourtant, contrairement à ce que croit Asbel, ne serait-ce que pour l’avoir encore récemment lue dans un article du blogue de Jean-Gérard Lapacherie, consacré au mot plébiscite, c’est tout simplement parce que, premièrement, j’étais encore occupé à suivre mon idée, laquelle était que la civilisation Européenne ne pouvait être que chrétienne (car il était bien question, dans mon billet, de civilisation et non pas de nation, comme Asbel affectait de croire, qui ne semble pas faire de bien grande différence, il est vrai, entre culture, nation et civilisation, mots qu’on trouve fréquemment coordonnés sous sa plume (4) ; et deuxièmement, parce que la fameuse conférence de Renan, dont est extraite la citation déformée que fait Asbel, me paraissait, en certains points, si éloignée des positions que je prête à ce niaiseux de thésard (peut-être à tort, j’en conviens), pour le soupçonner d’être bien évidemment situé du bon côté de la barrière idéologique, ce qu’il ne se prive d’ailleurs pas de faire savoir, avec toute l’indignation dont il est capable et dont les manifestations en lui sont même physiques, puisqu’elles lui donnent, écrivait-il, « la chair de poule », rendez-vous compte !, les positions de Renan, disais-je, me paraissaient en certains points si éloignées de celles d’Asbel qu’il ne m’était pas un seul instant venu à l’esprit que ce dernier pût seulement envisager de s’y référer. J’avais bien tort, il est vrai, et Jean-Gérard Lapacherie aurait dû me mettre la puce à l’oreille, qui faisait si justement remarquer que « le texte de Renan a[vait] été tronqué et que seul un court extrait en [était] cité ; de fait, poursuivait-il, il est loisible de donner à plébiscite de tous les jours n’importe quelle signification et de le faire coïncider avec la situation actuelle. »


Pourquoi Jean-Gérard Lapacherie parle-t-il donc de la facilité qu’il y a à faire coïncider la citation de Renan avec la situation actuelle ? Parce que la situation à l’époque où Renan prononça sa conférence, qui n’était évidemment pas la même qu’aujourd’hui, eut une influence décisive sur l’élaboration de la définition qui nous intéresse. « Pour comprendre cette conception [de la nation], écrit Jean-Gérard Lapacherie, il faut la replacer dans le contexte historique de l’annexion par le Reich allemand, après la défaite de 1870, de l’Alsace et de la Moselle. Avant cet événement qui l’a traumatisé, Renan accordait un rôle déterminant aux lignées, à la race, à l’inné, à la langue, etc. dans la formation des groupements humains. La déroute de 1870 a tout changé. Bismarck a justifié l’annexion de 1870 par l’identité de langue et de ‘‘race’’ entre les Alsaciens et Mosellans et les Allemands. Renan, hostile à cette annexion, s’est appuyé sur le départ en exil, en France, en Algérie ou en Egypte, de nombreux Alsaciens et Mosellans pour opposer aux Allemands la libre décision, la volonté des gens, etc. » Et plus loin, Lapacherie écrit plus clairement encore : « Autrement dit, sans la déroute de 1870 et sans les conséquences qu’elle a entraînées, Renan n’aurait sans doute jamais défini la nation comme un plébiscite de tous les jours. » Mais même si, après 1870, Renan n’accorde plus « un rôle déterminant » à la race, à la langue, à l’inné, à la religion, à la géographie, dans la formation des nations, il ne faut pas en déduire pour autant qu’il ne leur en reconnaît plus aucun. Dans sa conférence de 1882 (et assez curieusement, je dois dire), après avoir clairement écrit que la race ni la langue n’interviennent dans la formation des nations (dont les races sont souvent mélangées, dit-il, et peuvent parler plusieurs langues (comme c’est par exemple le cas en Suisse)), et que la religion, la communauté des intérêts ou la géographie ne peuvent pas non plus expliquer entièrement une telle formation, Renan, affirmant qu’une nation est un principe spirituel, ajoute alors, avant d’examiner en quoi consiste ce principe, ces mots qui me semblent bien lourds de sens, mais sur lesquels on ne s’attarde évidemment pas, en général : « Nous venons de voir ce qui ne suffit pas à créer un tel principe spirituel : la race, la langue, les intérêts, l’affinité religieuse, la géographie, les nécessités militaires. Que faut-il donc en plus ? » (je souligne.) Oui, en plus ! Comme si, pour Renan, la race, la langue, les intérêts, l’affinité religieuse ou la géographie n’étaient certes pas suffisants mais néanmoins nécessaires à la création du principe spirituel évoqué. Comme on voit, on est en réalité à mille lieues de la bonne pensée actuelle, à laquelle souscrit le brave Asbel.


Mais il y a pire encore ! Et si Renan prononçait aujourd’hui son discours de 1882, il est fort à parier qu’il y aurait une ‘‘affaire Renan’’, comme il y eut une ‘‘affaire Camus’’ ou une ‘‘affaire Finkielkraut’’ ! Renan écrit en effet : « L’oubli, et je dirai même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d’une nation, et c’est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. L’investigation historique, en effet, remet en lumière les faits de violence qui se sont passés à l’origine de toutes les formations politiques, même de celles dont les conséquences ont été les plus bienfaisantes. » A notre époque, où le premier devoir de tout citoyen est le devoir de mémoire, où le travail de l’historien, comme celui du philologue (cf. la récente tentative de censure du Petit Robert) est constamment surveillé par cette police politique que constituent les associations antiracistes, l’auteur de tels propos serait sans doute passible de la peine de mort sociale qu’eut à subir un Renaud Camus. Au lieu de dire que « tout citoyen français doit avoir oublié la Saint-Barthélemy », Renan écrirait de nos jours que tout Français (et en particulier tout nouveau Français, ou tout Français issu d’une famille devenue récemment française) doit avoir oublié la colonisation ou l’esclavage ! On en est bien loin. On n’est même au contraire tenu de s’en souvenir tous les jours. On comprendra donc aisément qu’il ne me soit pas spontanément venu à l’esprit que notre têtard toulousain faisait référence à un auteur qui écrit encore que « l’essence d’une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses », ce qui est peut-être une grande vérité (je ne sais et me garderai bien de me prononcer) mais est tout de même fort éloigné des vérités communément admises de nos jours sous nos latitudes !


Mais quelles sont donc ces choses communes aux individus qui forment les nations ? Peut-être encore un peu la race, la langue, la religion, la géographie (dont on ne sait pas très bien si elles sont, aux yeux de Renan, nécessaires quoique insuffisantes ou, au contraire, complètement inutiles dans la constitution des nations (cf. supra)). Mais surtout : « Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, écrit Renan, constituent cette âme, ce principe spirituel [qu’est une nation]. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » (Je souligne.) Legs, héritage qu’on a reçu indivis, voici une conception de la nationalité on ne peut plus ‘‘rinaldo-camusienne’’. Mais si tel est vraiment le fondement d’une nation, alors, j’ose le dire, c’est comme s’il n’y avait d’ores et déjà plus de nation française, dont l’héritage, la patrimoine (5), pour filer la métaphore, ont été refusés par les Français ou par ceux qui se prétendent tels. Tout le patrimoine qui était jusqu’alors transmis de génération en génération est désormais en train de pourrir dans les greniers, a été vendu à vil prix, vandalisé ou même tout bonnement détruit. « Ce n’est pas sur une jeunesse plus éclairée que se bâtit la France métissée (6) qu’on nous promet, écrit Renaud Camus je ne sais plus où, c’est sur une jeunesse totalement ignorante. Ce n’est pas sur une culture commune qu’on crée la société nouvelle, multiraciale et pluriconfessionnelle, c’est sur une ignorance partagée. » Partout en France poussent de ces bâtiments ultra modernes, tout de verre et de blanc. Ce sont généralement des collèges ou des lycées. Temples flambant neufs, hideusement magnifiques, dans lesquels on n’apprend plus rien à la jeunesse, qu’à se satisfaire de sa condition, de ses mauvaises manières et de ses misérables petits centres d’intérêts, qu’on appelle pompeusement des cultures : la culture populaire, la culture rap, la culture des banlieues, la culture jeune, etc. Demandez donc à un collégien de vous réciter Mignonne allons voir si la rose…, de vous raconter Le Cid ou de vous expliquer ce qu’est un sonnet ! Il y a même des blogueurs qui croient que démocratie et régime politique veulent strictement dire la même chose… (cf. note 4) « La souffrance en commun unit plus que la joie, écrit encore Renan. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort commun. » Mais quel effort commun peut-on attendre de celui que Philippe Muray appelle homo festivus ? Toutes les occasions, de nos jours, sont bonnes pour faire la fête. Il y a la fête de la musique, la fête du cinéma, la gaypride, la techno parade, les matches de football et la liesse et les débordements qu’ils occasionnent en cas de victoire de l’équipe nationale. Mais de nation, il n’y a plus. Les fêtes nationales sont les moins suivies de toutes et l’on ne craint pas, désormais, de siffler la marseillaise dans les stades.


Si vraiment, ce que j’ai tendance à croire, hélas, « une nation est une âme, un principe spirituel », si vraiment, comme écrit encore Renan, « l’homme fournit l’âme », alors non, il n’y a déjà plus de nation française. Car il me semble que tous les jours, tel un Diogène, je suis, en plein milieu de la journée, avec ma lanterne à la main, comme s’il faisait nuit noire, en train de chercher en vain un homme, une âme, de l’esprit. Mais tout ce que j’ai trouvé, c’est ce ‘‘mutin de Panurge’’, comme dirait Philippe Muray, ce futur docteur ès pingouins venu pondre ses commentaires dans mon blogue. Non, vraiment, comment donc aurais-je pu deviner que cet individu citait comme autorité un texte dont les conceptions sont manifestement à l’opposé de la philosophie pingouine ou moutonnière de notre époque, qu’il professe si fièrement ?


Deux autres remarques.


Asbel faisait justement remarquer, dans l’un de ses commentaires, que l’Empire romain demeura romain après sa conversion au christianisme. Je ne puis que le renvoyer à la citation que je recopiais dans ce blogue, il y a quelque temps : « C’est ainsi qu’entre l’époque de Cicéron et le siècle des Antonins, les relations sexuelles et conjugales se sont métamorphosées indépendamment de toute influence chrétienne. Cette métamorphose était achevée depuis plus d’un siècle quand la religion nouvelle se répandit. Les chrétiens reprirent à leur compte la nouvelle morale obséquieuse qui avait pris essor lors de l’installation de l’Empire sous l’empereur Auguste et sous son gendre Tibère. Les chrétiens n’ont pas plus inventé la morale chrétienne qu’ils n’ont inventé la langue latine : ils adoptèrent l’une et l’autre comme si Dieu les leur avait prodiguées. » ( Pascal Quignard, Le Sexe et l’Effroi.) En somme, de même que, selon Benoît XVI, dans la conférence qu’il prononça récemment à l’université de Ratisbonne, « la rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n’était pas un simple hasard », de même, il y avait dans l’Empire romain et dans le christianisme tous les éléments pour que leur rencontre fût heureuse et fertile. Ainsi, Renan relève, dans sa conférence du 11 mars 1882, un autre point d’évidente convergence entre Rome et le christianisme : « Dans la tribu et la cité antique, écrit-il, le fait de la race avait, nous le reconnaissons, une importance de premier ordre. La tribu et la cité antique n’étaient qu’une extension de la famille. A Sparte, à Athènes, tous les citoyens étaient parents à des degrés plus ou moins rapprochés. Il en était de même chez les Beni-Israël ; il en est encore ainsi dans les tribus arabes. D’Athènes, de Sparte, de la tribu israélite, transportons-nous dans l’Empire romain. La situation est tout autre. Formée d’abord par la violence, puis maintenue par l’intérêt, cette grande agglomération de villes, de provinces absolument différentes, porte à l’idée de race le coup le plus grave. Le christianisme, avec son caractère universel et absolu, travaille plus efficacement encore dans le même sens. Il contracte avec l’Empire romain une alliance intime […] » (C’est moi qui souligne.) Si, en effet, comme le fait remarquer Asbel lui-même, Rome resta Rome une fois devenue chrétienne, je ne pense pas qu’on puisse néanmoins en déduire que l’Europe serait encore l’Europe sans le christianisme. Au contraire, l’Europe étant fondée, un peu comme les nations, sur un patrimoine, un héritage commun qui se trouve être chrétien, elle doit faire fructifier ce patrimoine pour demeurer. Peut-être bien que les étrangers, s’ils veulent que l’Europe qu’ils prétendent adopter les adopte à leur tour, doivent renoncer à l’héritage que constitue leur origine. C’est seulement ensuite qu’ils pourront avoir la jouissance du beau patrimoine qu’est l’Europe. (Mais bien sûr, quand je disais qu’il ne pouvait y avoir d’Europe que chrétienne, je ne voulais pas dire qu’il ne pouvait pas y avoir d’Européen non chrétien.)


Je suis conscient que les nations, comme les civilisations, « ne sont pas, écrit Renan, quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. » Mais c’est une vérité d’historiens, qui sont un peu des médecins légistes autopsiant nos ancêtres. Un homme encore vivant ne peut se satisfaire d’une telle vérité. Il me paraît normal que sa mort annoncée le révolte. On ne peut pas se satisfaire de la fin programmée de la civilisation à laquelle on appartient. Ce serait aussi indécent que de considérer avec joie le fait d’être le dernier membre vivant de sa famille…


(1) Je lui avais pourtant dit, à la fin de notre dialogue de sourds, qu’il serait vain de crier à la censure, puisqu’il aurait toujours la possibilité de s’exprimer librement dans son propre blogue. Mais non, ce bel hidalgo voulait absolument servir son insipide crème catalane (c’est toute la matière grise de son cerveau, j’en ai peur…) chez moi, dans mon blogue, ce que ne lui permettant plus de faire, j’étais nécessairement devenu un censeur à ses yeux !
(2) En réalité, Renan, qui parlait mieux, avait écrit : « L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours. » Les défenseurs du novlangue n’hésitent pas à récrire les textes, à les ‘‘traduire’’ dans la nouvelle langue. Et de même qu’on dit, en bon novlangue « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force », de même, Buffon n’avait pas écrit « le style est l’homme même », comme on croyait, mais bien « le style, c’est l’homme » (c’est vrai que c’est bien mieux dit ainsi) et Renan, donc, selon Asbel : « Une nation, c’est un plébiscite de tous les jours. »
(3) Il parlait évidemment avec son cœur, l’esprit lui faisant si cruellement défaut.
(4) Il écrivait ainsi  « Les nations, les cultures, se construisent, changent, meurent, ressuscitent même parfois » ou encore « Je crois vraiment à l’évolution des nations, des cultures, des civilisations », comme si nation et civilisation étaient deux mêmes choses. Asbel me rappelle un peu l’Insubmersible, cet autre blogueur anonyme, disparu depuis peu, qui, croyant que démocratie et régime politique étaient deux expressions synonymes, en était un jour arrivé à écrire dans un article de son défunt blogue que l’Egypte, qui évoque beaucoup une dictature, me semble-t-il, était une démocratie !
(5) Renan accorde une telle importance à ce patrimoine qu’il écrit que « le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous on faits ce que nous sommes, poursuit-il. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale ». Si bien que, si je voulais faire de la provocation, je pourrais presque dire qu’à côté de son fameux « une nation est un plébiscite de tous les jours », Renan aurait aussi bien pu écrire qu’elle est également un antique sénatus-consulte !
(6) Car la nouvelle France prétend bel et bien avoir pour l’un de ses fondements une race, une nouvelle race, issue du métissage généralisé, auquel j’avais déjà consacré un billet : Quelques considérations sur la nouvelle et unique race.

commentaires

22/09/06 - 01:02

Petit Raskolnikov me semble bien oisif finalement, lui qui disait ne pas avoir de temps à perdre, ce qui ne saurait être mon cas.
Car, contrairement à vous, c'est mon boulot tout ça. Je suis payé moi pour produire des articles chiants sur une littérature que tout le monde a oublié, avec des jolis notes de bas de page et des références savantes et tout le tralala (mais au moins eux ils seront lus et publiés)
Contrairement à vous, je suis payé pour supporter des vieux pontes discuter dans d'interminables colloques sur la place d'une virgule dans l'édition d'un texte ancien.
Et honnêtement, je m'emmerde assez au boulot pour poursuivre l'enculage de mouches à la maison.
Remarque, je vous comprends, vous regardez ces joutes scolastiques avec la naïveté et l'envie du spectateur extérieur. Laissez-moi vous rassurer : les universitaires, c'est pas forcément des gens bien. Beaucoup vous ressemblent même, mais en moins torturé, car plus grassouillets à force de congrès.

22/09/06 - 01:08

Je voudrais aussi vous reprocher votre manque d'élégance. Étaler ainsi davant tout le monde des propos privés! Parmi les nombreux défauts que je vous attribuais, celui-ci n'en faisait pas partie.

22/09/06 - 01:37

Et merde, j'ai encore oublié une précision!
Car en effet, il peut sembler incohérent de demander une réponse, puis refuser le débat comme je le fais. Je me sens donc obligé de rajouter qu'au moment où je vous ai oublié ce dernier message privé, je n'attendais évidemment plus rien de vous.

22/09/06 - 01:46

Je vous aurais bien répondu en privé, mais je crains que vous ne m'ayez "blacklisté". Et puis la teneur de vos propos n'avait absolument rien de privé, et vous les auriez sûrement postés à la suite de vos autres commentaires (si je ne les avais pas momentanément rendus impossibles), comme vous faites encore maintenant, et comme vous continuerez sans doute de faire après avoir lu ce petit message, à moins que le fait que je le suggère vous fasse enfin taire, pour le seul plaisir de me faire mentir. Puisque vous n'attendez plus rien de moi et que vous refusez de débattre, ce qui est bien votre droit, et ce n'est certes pas moi qui vous le dénierai, eh bien, passez donc votre chemin, et cessez enfin votre vain babil.

22/09/06 - 02:49

J'avoue honnêtement vous avoir blacklisté (sans guillemets ridicules, les anglicismes ne me font pas horreur) pour connaître l'ampleur de votre vanité et de votre susceptibilité. Je ne suis pas déçu.

22/09/06 - 02:54

J'avoue de même avoir activement recherché à la fin de nos échanges à être blacklisté, pour ne plus jamais avoir la tentation de laisser un commentaire sur votre blogue splénique.

22/09/06 - 08:01

Asbel, vous êtes en train de procurer à ce monsieur son orgasme trimestriel; cessez donc de tenter d'argumenter avec lui.

22/09/06 - 12:25

Mais de quelle vanité, de quelle susceptibilité parlez-vous donc, mon cher Asbel? Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, j'aborde dans le texte publié ci-dessus des questions autrement plus vastes et dignes de l'intérêt des lecteurs que ma misérable petite personne et surtout que la vôtre, que je n'évoquais qu'en passant, et comme une sorte de ponctuation qui permette à ceux qui me lisent de reprendre un peu leur souffle, entre deux développements. C'est bien vous qui nous montrez l'étendue de votre vanité et de votre susceptibilité en écrivant tous ces méchants petits commentaires sans rapport avec mon billet et qui ne vous sont dictés, à l'évidence, que par votre énorme ego blessé de minuscule homoncule. Et ce pauvre gars naturel, comme il aime à se nommer, cet individu si grossier, si vulgaire, qui croit que vous argumentez avec moi! Et qui croit que vous me procurez mon orgasme trimestriel (charmant!) alors que votre contente et fière bêtise me dégoûte tant et que chaque mot de vous me soulève le coeur! Mais je suis bien bête, moi aussi, de vous laisser parler ici. Mais comment faire autrement? Si l'on vous force au silence, vous criez à la censure! Savez-vous ce que vous m'évoquez? Il y a en vous quelque chose du morpion. Une fois qu'on en a attrapé, il est bien difficile de s'en débarrasser. A moins de tout raser (tout effacer), mais alors on a l'air un peu ridicule. Les gens de votre espèce sont pires encore que ces inoffensifs morpions. Vous êtes quelque chose comme le sida des blogues, et même, de la pensée, carrément! Une fois qu'on vous a "attrapé", il n'est presque plus possible de mener aucune réflexion digne de ce nom. Comme le sida rend le système immunitaire incapable de lutter contre l'infection, vous faites s'effondrer toute possibilité de dialogue digne d'intérêt et de réflexion qui mérite d'être partagée, en ramenant tout à d'insignifiant détails, comme celui que constituent vos microscopiques personnes. Vous n'êtes pas des hommes. Vous êtes le sida mental et moral qui anéantira l'homme bien avant le véritable sida!

22/09/06 - 12:56

Rien que ça! "le sida mental et moral qui anéantira l'homme bien avant le véritable sida!"

Votre outrance parle d'elle même. J'arrête donc, vous n'avez absolument pas besoin de moi pour vous ridiculiser. Avec vous gesticulations affectées, vous y arrivez parfaitement tout seul.
Je me permets de vous supplier donc à nouveau de me fermer vos commentaires. Sinon j'ai bien peur que le plaisir de provoquer mécaniquement votre indignation m'amènera une nouvelle fois à poster.

22/09/06 - 18:23

ça y est! la haine déborde! on y est presque! Enfin le "développement" ultime va vous être révélé, à vous dont les patronymes sont sûrement moins français que Bruley, les prénoms sans doute moins chrétiens qu'Olivier, dont les ancêtres n'ont pas su apprécier les bienfaits de la colonisation (honte sur vous, ingrats). Vos cervelles sous-dimensionnées comprendront elles enfin que votre race inférieure doit s'incliner devant le Bruley à la culture infinie et au style si élégant?

22/09/06 - 22:01

Ainsi donc, tout ce qui vous intéressait, finalement, c'était de me faire sortir de mes gonds, de me ridiculiser, et vous exultez d'avoir plus ou moins réussi à le faire. C'est si bon, si jouissif d'être du bon côté, n'est-ce pas?

Quant à vous, le bon gars plein de naturel, je ne comprends pas pourquoi vous me parlez comme si j'étais raciste, comme si je pensais qu'il y avait des races supérieures à d'autres. Je ne crois pas avoir jamais rien dit de tel, ni dans ce billet, ni ailleurs dans ce blogue.

Les remarques que je faisais dans cet article ne vous intéressaient pas du tout, apparemment. Honnêtement, croyez-vous vraiment que la conférence de Renan, que vous citiez, Asbel, est conforme à votre vision de la nation. Croyez-vous vraiment que ce plébiscite de tous les jours puisse être assimilé au "vouloir vivre ensemble des idéologues du sans frontières" que pointe Jean-Gérard Lapacherie dans le billet que je vous invitais à lire sur son blogue? Mais sans doute vous est-il plus facile de répondre à moi qu'à Renan...

Allez, plus de commentaires jusqu'à mon prochain billet, vous seriez bien capables, tous les deux, de finir par me faire dire de vraies bêtises, que je regretterais, évidemment, mais bien sûr, de mes regrets, vous n'auriez que faire...

PS: je veux bien vous blacklister, Asbel, avec ou sans guillemets, mais je crains que ça ne vous empêche pas de laisser ici des commentaires, qui sont en principe ouverts à tous (sauf à partir de maintenant, et jusqu'à la publication de mon prochain billet, sans quoi, notre dialogue de sourds n'aurait pas de fin).

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