05/10/2006
Ce que je voulais dire par ‘‘sida mental’’.
Don Manchote, notre futur docteur ès pingouins, cite une phrase de moi sur son portrait, sans cependant aller jusqu’à me nommer. Il croit que j’ai dit de lui, lors de notre dernier dialogue de sourds, qu’il était, lui, Asbel, « le sida mental et moral qui anéantira l’homme bien avant le véritable sida ! ». Voici la citation telle qu’elle se trouve écrite sur ledit portrait : « [je suis] le sida mental et moral qui anéantira l’homme bien avant le véritable sida ! ». En réalité, j’avais écrit dans mon blogue : « Vous n’êtes pas des hommes. Vous êtes le sida mental et moral qui anéantira l’homme bien avant le véritable sida ! ». La phrase était au pluriel, et le pronom vous n’était pas de politesse, mais désignait bien plusieurs personnes : je m’adressais non seulement au blogueur Asbel, mais à cet autre encore qui se fait appeler, je crois, le bon gars plein de naturel, ou quelque chose d’approchant, et à tous les hommes qui me paraissent aussi sots que ces deux-là, pour qui je n’ai guère d’estime, et qui sont innombrables. Bref, pour moi, ce gros bêta d’Asbel avait complètement disparu dans la foule au moment où j’écrivais ces mots.
Le mot de sida peut paraître outrancier. Mais il ne le paraîtrait plus tant si l’on prenait la peine de faire remonter la citation encore un peu plus haut : « Savez-vous ce que vous m’évoquez ? avais-je écrit. Il y a en vous quelque chose du morpion. Une fois qu’on en a attrapé, il est bien difficile de s’en débarrasser, à moins de tout raser (id est effacer tous vos commentaires), mais alors on a l’air un peu ridicule. Les gens de votre espèce sont pires encore que ces inoffensifs morpions. Vous êtes quelque chose comme le sida des blogues, et même, de la pensée, carrément ! Une fois qu’on vous a ‘‘attrapés’’, il n’est presque plus possible de mener aucune réflexion digne de ce nom. Comme le sida rend le système immunitaire incapable de lutter contre l’infection, vous faites s’effondrer toute possibilité de dialogue digne d’intérêt, toute possibilité de réflexion qui mérite d’être partagée, en ramenant tout à d’insignifiants détails, comme celui que constituent vos microscopiques personnes. Vous n’êtes pas des hommes. Vous êtes le sida mental et moral qui anéantira l’homme bien avant le véritable sida ! » Vous êtes quelque chose comme, avais-je bien écrit. Autrement dit, je faisais une comparaison. J’aurais pu dire, j’aurais dû dire, comme Renan dans le plus célèbre de ses textes, que notre hidalgogo aime à citer, je crois, quoique fort imparfaitement, comme on va voir : « pardonnez-moi cette métaphore », et sans doute alors me l’aurait-on pardonnée, puisqu’on la pardonna si bien à Renan, qu’on lui fait désormais dire qu’« une nation est un plébiscite de tous les jours », sans plus jamais seulement évoquer le scrupule qui le poussa pourtant à s’excuser d’employer une telle métaphore, scrupule qui, à vrai dire, ne va pas tout à fait dans le sens de prétendus universitaires tels qu’Asbel, que la rigueur scientifique ne semble guère étouffer…
Lorsque d’anonymes internautes m’accablent de commentaires mesquins, petits, minuscules, tellement en dessous des questions supérieures qu’il m’arrive parfois d’agiter, ils inoculent dans ces pages un virus qui rend le dialogue impossible et la pensée impuissante. En se faisant ennemis de la pensée, de l’esprit, qui est le propre de l’homme, ils dérogent à la noblesse humaine et n’ont plus d’homme que le nom. « Il me semble que, tous les jours, écrivais-je dans mon récent billet sur Renan, tel un Diogène, je suis, en plein milieu de la journée, avec ma lanterne à la main, comme s’il faisait nuit noire, en train de chercher en vain un homme, une âme, de l’esprit. » Eh bien ce n’est certes pas devant notre thésard que je m’arrêterais, si par hasard je le croisais !
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05/10/06 - 22:28
On comprendra que je ferme les commentaires de ce blogue jusqu'à la publication de mon prochain billet, celui-ci se prêtant trop à l'inoculation du sida mental dont je parle et que je ne voudrais pas attraper encore une fois.
olivier-bruley