29/11/2006Lugete, o Veneres Cupidinesque…
Pleurez Vénus ! Pleurez Amours !
Pleurez qu’à compter de ce jour
Ne vole plus ni ne pépie
Le joli petit compagnon
Que chérissait tant ma Lesbie :
Il a vécu, le tout mignon.
D’une amour pure et maternelle,
Elle aimait plus que ses prunelles
Son moineau doux comme du miel ;
Et lui, fillette avec sa mère,
La connaissait mieux que le ciel,
Qui verse des larmes amères.
Jamais il ne quittait son sein.
Toujours, il n’avait qu’un dessein :
S’ébattre ou pépier pour lui plaire,
Jusqu’à ce triste dernier jour
Où jeux et chants se renvolèrent
Pour le royaume sans retour…
Il vague à présent par les ombres,
Perdu sur quelque chemin sombre,
A la merci de tous les morts.
Et vous ! ô vous ! soyez maudites,
Ténèbres de l’Orcus ! qui mord,
Qui dans sa gorge précipite,
Comme affamé par la folie,
Toutes les choses plus jolies.
Il était si joli, si beau,
Le petit moineau de m’amie !
Mais depuis qu’il est au tombeau,
De pleurs sa maîtresse est blêmie.
(D’après Catulle, 3.)
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