11/12/2006Courrier des lecteurs
Sur Mon Albatros, sonnet tout récemment publié dans ce blogue, un lecteur croit avoir beaucoup à dire. Voici ses lettres et mes courtes réponses.
PREMIERE LETTRE
Olivier Bruley,
Vous avez un problème de virgule et de syntaxe dans la première strophe. « Aimerais », pourquoi le conditionnel ? « Littéralement » casse l’image. « Et, dans l’aile du vent, s’envoler sur leur skate, etc. », on peut trouver d’autres façons de supprimer l’adverbe. Depuis quand l’électricité couve-t-elle ? « Dessous eux », faible et sans euphonie. « Tandis que, à l’entour, la racaille excitée… » On trouverait d’autres formulations plus heureuses. Faire une trique d’une langue électrique n’a pas de sens. Un Albator ?
Je me sens, toute modestie bue, dans le rôle de Jules Lemaître et vous en remercie.
PS : Si mon contact vous importune, il suffit de me le dire et je prendrai mes distances : inutile de me blacklister. Sauf si vous en avez envie.
Jean [id est Preston qui, a défaut d’avoir un nom, a tout de même un prénom !]
PREMIERE REPONSE
C’est précisément de cette bizarre syntaxe que naît la poésie dans la première strophe. Pourquoi le conditionnel ? J’aimerais savoir parce que je ne sais pas de quelle nature est l’électricité en question, parce que je ne possède pas l’espèce de secret des skateurs. Ce conditionnel ne fait aucun problème : s’il vous étonne, c’est que le sens vous échappe. L’adverbe littéralement ne casse rien du tout, contrairement à ce que vous prétendez. Il est prosaïque, ce qui ne doit pas étonner dans les vers d’un poète si conscient d’être mauvais. Ce prosaïsme fait sens. La lourdeur de dessous eux est du meme ordre. Et votre à l’entour ne convient pas, parce que la racaille est bel et bien rivée au sol, sous les skateurs qui volent. Faire une trique d’une langue électrique, c’est une métaphore, tout simplement : c’est avoir une langue capable de mettre le feu, en quelque sorte, de tuer de son électricité, comme ces deux voyous grillés dans un transformateur ! Si la chose vous paraît si étrange, c’est sans doute parce que vous ne croyez pas vraiment à la puissance dévastatrice (au moins potentiellement) des mots, ce qui ne m’étonne pas vraiment, je dois dire… (Bien sûr, je ne prétends pas du tout que mes vers ont cette puissance, c’est même tout le contraire, j’espère que vous l’aviez compris.) C’est également par métaphore que l’électricité peut couver, comme un feu qu’on ne voit pas, mais qui est bien toujours là, sous la cendre. Albator est un personnage de dessin animé : référence minable, à l’image de l’époque. Si vous trouvez tant d’imperfections dans mon sonnet, c’est d’abord, j’en suis persuadé, parce que vous en cherchez vicieusement, impatient que vous êtes d’en trouver. Mais avant tout, vous devriez plutôt tenter de vous pénétrer des principes, assez simples, d’ailleurs, qui régissent ma modeste poésie. Il y a, au départ de toute poésie, des sortes de partis pris qui ne sont pas discutables et qui relèvent de la souveraine liberté du poète. Il faut les accepter ou passer son chemin. Les miens sont d’une grande simplicité : excessive richesse de la rime (le plus souvent possible) qui entraîne et comme autorise tout une lourdeur du vers. A vrai dire, maintenant que j’y pense, j’ai sans doute deux manières : cette première que je viens de dire, la manière extrêmement lourde, puérile, pesante, d’une gravité toute physique, traînant péniblement la jambe, comme enlisée dans la terre. L’autre, dont il n’y a pas encore d’exemple, je crois, dans ce blogue, à peine moins lourde, il est vrai, dont la gravité est néanmoins plus éthérée, si j’ose dire, et d’où réussit à s’élever sans doute une plus authentique poésie. Disons que le poète évidemment mineur que je suis a ses œuvres mineures et ses quelques œuvres majeures ! Je publierai dans quelques jours un ensemble de sonnets intitulé Deuil et qui relève plutôt de la seconde manière. J’apprécierais, en effet, que vous m’oubliiez un peu. J’ai déjà dû vous dire que je ne trouvais aucun intérêt à vos messages, qui me paraissent mesquins et vains : ils ne sont rien de plus, à mes yeux, que des lettres anonymes. Et recevoir de ces sortes de lettres est extrêmement pénible. Surtout qu’il ne m’en vient pas que de vous et que je suis plus sensible qu’il n’y paraît à votre malveillance et à celle de vos semblables.
DEUXIEME LETTRE
Monsieur,
Utiliser une langue électrique pour provoquer une trique… Gardez votre dédain et soyez assuré que je peux exister sans me pencher sur vous. Je vous laisse aussi à vos jugements, sur vous et le monde. Il vous appartient, comme à tous, d’être capable de les réviser. Vous illustrez un sens peu connu du verset biblique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est-à-dire fort mal. Ceci dit, j’ai apprécié votre longue réponse, même si elle est une suite de morgue et de dédain. PS : Les noms de personne ne prennent pas la marque du pluriel. Sauf licence poétique, je sais.
DEUXIEME REPONSE
Madame,
Je préfère laisser l’s à Albators, pour que l’anagramme avec Albatros soit complète, ces petits skateurs coiffés comme des Albators étant les Albatros du sonnet, après tout. Allez, je vous pardonne, parce que vous ne savez pas ce que vous dites ! Heureux que vous êtes, le royaume des cieux vous appartient, savez-vous ? Amen !
TROISIEME LETTRE
Monsieur,
Pourquoi m’appelez-vous « Madame » ? Votre outrecuidance le dispute à la fatuité. Votre suffisance ne cache pas, loin de là, vos insuffisances. Relisez votre dernière strophe : vous donnez l’impression que votre langue va s’occuper des triques de la racaille pendant que les anges monteront au ciel. Belle image, le bel esprit suçant la queue de la canaille, jusqu’à la lie ? Votre inconscient vous échappe. Vos poèmes ne sont pas mineurs, ils sont mauvais. Votre pensée s’accroche et se perd dans des phrases tarabiscotées. Vous résistez à tout et surtout à vous-même. Vous êtes votre pire ennemi. Il vous plaît de considérer les autres comme des imbéciles, des minables et des aigris pour relever votre niveau. Le plus triste, vous êtes incapable d’appliquer les principes de relation que vous réclamez à votre profit. Vous boitez de partout, Monsieur, c’est ce que je trouve d’émouvant dans votre exécrable production : elle est à votre image. Jean.
TROISIEME REPONSE
Vous plutôt, apprenez à lire. Il ne peut s’agir de la trique que vous croyez, pervers que vous êtes, précisément parce qu’elle est dite juste et draconienne. A la limite, si trique il faut voir au sens où vous l’entendez, ce serait plutôt la mienne, que la racaille, en guise de leçon, mériterait de recevoir bien au fond du cul, et vous dans la bouche, par la même occasion, si seulement cela pouvait vous faire taire ! De grâce ! Laissez donc mon inconscient en paix ! Vous aviez proposé de vous-même, tout à l’heure, de ne plus m’importuner si je vous le demandais. Je vous l’ai demandé, mais vous continuez. Il n’est donc pas si inutile que je vous blackliste, finalement.
Ce passionnant dialogue de sourds se poursuivait sur le blogue de Preston. Je le recopie ici, intégralement, c’est-à-dire avec ceux de mes commentaires qui furent malencontreusement effacés.
BILLET DE PRESTON
A Olivier Bruley
Monsieur,
Votre production littéraire est émouvante parce qu’elle vous ressemble. Vous la relirez un jour et verrez qu’elle n’a rien d’admirable. Vous semez chichement, Monsieur, et vous recueillerez aussi chichement. Celui qui sème libéralement, recueillera aussi libéralement (Saint-Paul aux Corinthiens, IX, 6).
COMMENTAIRE DE MOI
Je sais déjà que ma production n’a rien d’admirable, je vous l’ai dit tout à l’heure, dans notre conversation privée. Pourquoi donc faites-vous comme si je n’étais pas conscient de cela ? Vous voulez absolument me faire passer pour quelqu’un qui se prend pour un grand poète, mais je vous le répète, ce n’est pas du tout le cas. Ce n’est pas parce que je suis conscient que mes vers et ma prose valent infiniment plus que la vôtre, que je crois avoir, dans l’absolu, une très grande valeur ! Simplement, ce n’est pas bien difficile de valoir plus que vous.
COMMENTAIRE DE PRESTON
Olivier Bruley « se reserve le droit de censurer les commentaries qui seraient injurieux ou méprisants », indique-t-il dans la présentation de son blog. Monsieur Olivier Bruley peut commenter mes posts, au risque de se déconsidérer un peu plus.
COMMENTAIRE DE MOI
:-) [un peu concis, j’en conviens…]
COMMENTAIRE DE PRESTON
Et vos insultes, Monsieur, vous me les réservez dans nos conversations privées ?
COMMENTAIRE DE MOI
Oui, Madame, :-). [oui, c’est un peu facile, je sais…]
COMMENTAIRE D’UN CERTAIN TOBOZO
Eh ben ça craint…
COMMENTAIRE DE ASBEL
Aujourd’hui, monsieur Bruley proclamait haut et fort ses envies de meurtre. Demain, ça sera l’apologie du génocide ?
COMMENTAIRE DE PRESTON
Ce serait terrible si monsieur Bruley le fait en vers. Qu’on en juge :
« Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique » ;
L’art de faire une trique selon monsieur Bruley…
COMMENTAIRE DE MOI
Contre toute attente, le blogueur Asbelito, que je prenais pour un sot, a compris ce qui avait d’abord complètement échappé à Preston : « Faire une trique d’une langue électrique n’a pas de sens », me disait ce dernier, dans un de ses messages privés. « Faire une trique d’une langue électrique, lui avais-je répondu, c’est une métaphore, tout simplement : c’est avoir une langue capable de mettre le feu, en quelque sorte, de tuer de son électricité, comme ces deux voyous grillés dans un transformateur ! » Cela, Asbelito, qui est donc loin d’être un sot, l’a parfaitement compris. Mais il en déduit que je proclame haut et fort des envies de meurtre. C’est là qu’il se trompe, dans un indigne souci de me nuire, évidemment. En réalité, je ne voulais rien dire haut et fort, comme il le prétend, même si, avec du recul, je viens de me rappeler que les esprits un peu lourdauds avaient une fâcheuse tendance à tout prendre au pied de la lettre… Mea culpa. Non, mon intention, mon attitude, mon discours sont poétiques (quand même on trouve nullissime ma poésie, là n’est pas la question). Les moyens le sont donc aussi. Skateurs et racaille sont en réalité des symboles. La portée du sonnet est toute allégorique, et c’est d’ailleurs bien pour cette raison que je l’ai intitulé Mon Albatros. Ce n’est évidemment pas le meurtre de la racaille que j’appelle de tous mes vœux. Mais je déplore l’incapacité dans laquelle se trouve ma pauvre langue (je le reconnais bien volontiers) d’anéantir le néant, la bêtise, le mal, tout ce que vous voudrez, que symbolise la racaille. Nuance !
Maintenant, que le blogueur Asbel glisse de l’envie de meurtre qu’il me prête à tort à l’hypothétique besoin que je pourrais avoir de faire l’apologie du génocide, voilà qui me dépasse complètement. Comme souvent, on n’est pas très loin de la diffamation, qui, je le rappelle, est interdite sur ce site, comme d’ailleurs à peu près partout en France, je crois, non ?
COMMENTAIRE DE PRESTON
Reprenez-vous, Monsieur Olivier Bruley, vous commencez à baver. Sachez vous tenir à défaut de savoir bien versifier. Vos vers ne veulent rien dire sauf à torturer la langue française :
« Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique » ;
Je vous laisse à vos tortures.
COMMENTAIRE DE MOI
Vous ne savez pas quoi répondre apparemment. Contrairement à ce que vous dites, je ne bave pas, mais me disculpe des envies de meurtre et d’apologie de génocide qu’on me prête à tort.
COMMENTAIRE DE PRESTON
« Vous ne savez pas quoi répondre apparemment ». Evitez, Monsieur, de me prêter des comportements et des idées. Soignez plutôt les vôtres. Avec votre langue électrique, allez faire aux uns quelque juste et draconienne trique. Mon Dieu, crise de rire !
COMMENTAIRE DE NEPOMUCENE
J’aime cette atmosphère chaleureuse qui fait de GA un endroit pas comme les autres. :o)
COMMENTAIRE DE MOI
:-)
Si vous tenez tant à ce que je ne vous prête pas de comportements ni d’idées qui ne sont pas les vôtres, pourquoi ne commenceriez-vous pas par ne pas laisser les Asbelito (sans s, cette fois, pour vous faire plaisir) me prêter, bien à tort, je le répète, des envies d’apologie de génocide ?
COMMENTAIRE DE PRESTON
Monsieur Olivier Bruley, vous m’insultez puis vous me blacklistez. Et vous me demandez de prendre votre défense ? Je vous donne la parole, utilisez-la dans le respect de l’autre et, mieux, de vous-même.
COMMENTAIRE DE MOI
Allons, ne me parlez pas de respect !
COMMENTAIRE DE PRESTON
Non, le mot de respect ne signifie rien pour quelqu’un comme vous. Vous publiez une conversation privée que j’ai eue avec vous. De quel droit ? La violation de correspondance privée est un délit. Vous êtes un malade, Monsieur : vous reprochez aux autres ce que vous faites, vous interdisez aux autres ce que vous faites. Ou alors, vous êtes un imbécile. Dorénavant, vous voudrez bien étaler vos contradictions et votre prose affligeante ailleurs.
COMMENTAIRE DE ASBEL
« Anéantir le néant, la bêtise, le mal ». Et votre mégalomanie, c’est une allégorie pour la taille de ma bite ? Allez, zou, à d’autres. Une allégorie, ce n’est pas dire A tout en signifiant B, mais dire A et B simultanément. Vous ne pouvez donc absolument pas vous dédouaner de vos déclarations, qui, elles, sont vraiment paisibles [sic] de poursuites judiciaires dans notre pays. Quant à mes propos, d’après vous diffamatoires, ils s’appuient sur un futur et un point d’interrogation qui soulignent leur caractère fortement hypothétique.
COMMENAIRE DE MOI
effacé
Cette conversation n’avait rien de privé. Elle n’était privée que parce qu’il n’est pas possible de laisser de commentaires sur mon blogue, et que vous vouliez absolument me dire ce que vous pensiez de mon sonnet et de moi. Qu’apprend-on de privé sur vous ? Vous n’avez pas même de nom ! Et vous me parlez de délit ! Mais allez porter plainte contre moi, si ça vous amuse ! Seulement, je crois qu’il vous faudra sortir de votre confortable anonymat ! La diffamation et l’injure publique sont également des délits, avec lesquels vous ne vous privez pas de flirter vous-même, ne serait-ce qu’en laissant dire à Asbelito certaines choses sur votre blogue. Disons que nous sommes quittes, grand fou !
COMMENTAIRE DE MOI
effacé
Paisibles du poursuites ? Voilà qui est peu commun !
COMMENTAIRE DE MOI
effacé
Mais poursuivez donc, mon vieux, qu’on rigole un peu !
COMMENTAIRE DE PRESTON
Je viens de supprimer trois commentaires de monsieur Olivier Bruley. Ce grand esprit a tout loisir de les rétablir où bon lui semble.
COMMENTAIRE DE MOI
Inutile d’effacer mes commentaires, je vais recopier aussi cette conversation sur mon blogue (ça va me faire perdre du temps, mais je peux bien le prendre, pour une fois).
COMMENTAIRE DE PRESTON
Vous prendriez une excellente initiative en cessant de vous donner en spectacle, monsieur Olivier Bruley. Sauf s’il vous importe d’exprimer ces vertus chrétiennes que vous revendiquez [je ne savais pas que je revendiquais de telle vertus !].
COMMENTAIRE DE ASBEL
La névrose paranoïaque sur laquelle repose l’ensemble de votre pensée [car il connaît l’ensemble de ma pensée !] vous joue des tours mon cher. Je ne vous ai absolument pas menacé de poursuite, j’ai juste pointé que dans ce pays, crier l’envie de meurtre est illégal. Attendez, j’ai d’autres choses à faire que de perdre mon temps avec un sac de bille sur pattes. M’amuser de temps en temps avec vous sur Internet, c’est une chose, engager mon temps et mon argent, c’en est une autre.
COMMENTAIRE DE MOI
effacé
[Je n’ai plus le texte exact. Je disais à peu près que Asbel pouvait toujours me poursuivre, si ça lui chantait, et que son action n’aboutirait probablement pas.]
COMMENTAIRE DE PRESTON
Je viens de supprimer un commentaire de monsieur Olivier Bruley. Je ne blacklisterai pas ce monsieur. Il pourra s’exprimer ici quand il aura retrouvé plus que son calme, sa dignité [on voit pourtant que je ne perdais guère mon calme dans le commentaire supprimé. Mais une fois ledit commentaire effacé, le lecteur peut imaginer toute sortes de choses, plus terribles les unes que les autres… Quant à ma dignité, c’est dans l’intention de la garder que je perds mon temps à répondre aux Preston et aux Asbel]. Je renvoie monsieur Olivier Bruley au Deutéronome, I, 7. |