16/12/2006Courrier des lecteurs
Le texte intitulé Le bourreau n’est pas criminel, récemment publié dans ce blogue, a inspiré cette autre lettre anonyme, écrite, cette fois, par le blogueur Preston :
Olivier Bruley déverse son sac dans l’espace de GA. Je ne ferai pas le tri, je regarde. Que c’est intéressant : Olivier accumule et expose ses contradictions (1). Avec un peu de recul, il pourra s’en départir. Quelle joie : nous assisterons à sa métamorphose, à lui le nirvana.
Aidons-le à dépouiller le vieil homme.
Olivier écrit : « L’auteur se réserve le droit de censurer les commentaires qui seraient injurieux ou méprisants » et il insulte et méprise ses correspondants.
Olivier écrit : « C’est parce que, très souvent, les commentaires que vous laissez ici sont injurieux, méprisants, c’est parce qu’ils sont souvent une simple manifestation de mauvaise humeur, parce qu’ils sont généralement si mal écrits, pour ne pas dire informes, que je me permets de les effacer » et il ne s’applique pas la règle qu’il édicte (2).
Olivier écrit : « L’auteur se réserve le droit de censurer les commentaires […] dont la syntaxe et l’orthographe seraient trop fautives pour être d’hommes vraiment capables de donner sens et forme à leur pensée, ce qui se conçoit bien s’énonçant clairement, comme chacun sait » et il commet les vers suivants :
« Ah ! Que j’eusse voulu d’une langue électrique
Faire aux uns quelque juste et draconienne trique ;
[Aux autres pour les cieux un grand escalator !] »
Pour citer Olivier lui-même : « Pourrait-il donc me dire quelle lecture on doit faire d’une telle phrase, ce qu’il faut en comprendre ? » (3)
Avec Olivier, les vers fumeux abondent (4) : « Je devrais approcher de revoir ton visage ». N’insistons pas.
Olivier publie ici un échange de messages qu’il qualifie lui-même de privés (5). Ce ne sont que les impressions que je lui avais adressées. Comme a dit M. de Maistre, c’est une attitude de paltoquet, pour le moins indélicate.
Olivier me cite à longueur de post après m’avoir blacklisté. C’est le procédé d’un lâche (6).
Il n’est pas facile de sortir de sa chrysalide, n’est-ce pas, Olivier ?
Pour ma part, en écoutant Turandot, je relis Le Génie du Christianisme dans l’édition que Roux donna en 1857, avec de belles gravures sur acier. La phrase simple et pure de Chateaubriand sert à merveille l’élévation de sa pensée.
(1) Il est évidemment plus facile de relever mes apparentes petites contradictions que de rendre compte de la grande cohérence qu’on trouverait sûrement à l’ensemble de mon blogue. « Je ne ferai pas le tri », écrit Preston. Il devrait dire plutôt qu’il n’est pas capable de synthétiser la pensée d’autrui ni d’organiser la sienne, d’ailleurs, qui ne semble tenir que dans des listes, dont cette lettre anonyme est un exemple bien caractéristique. Qu’on songe encore à ce titre d’un ancien billet de lui : Miscellanées pour Olivier Bruley. Il dresse des listes de choses mêlées.
(2) C’est que, sans doute, la règle a été mal interprétée. Elle ne s’appliquait qu’aux commentaires de mon blogue. Je ne souhaite pas être insulté ni méprisé chez moi. Il n’y a pas de mal à cela. D’autre part, je ne me sens pas tenu (même si, peut-être, ce n’est pas très honorable, j’en conviens), je ne me sens pas tenu, disais-je, de ne pas mépriser ni de ne pas insulter des personnes qui m’on insulté ou méprisé les premières. Et dès sa toute première intervention sur mon blogue, Preston s’était montré fort méprisant, m’avait-il du moins semblé. Par la suite, il s’était avéré qu’il n’avait été qu’incompréhensible, par un laconisme excessif, ce qui, d’une certaine manière, est une autre forme de mépris ! A propos de cette laconique intervention (je ne suis plus certain que c’était vraiment la première), cf. le billet du 28 octobre.
(3) J’ai justement écrit Le bourreau n’est pas criminel pour expliquer ces vers. Cf. aussi mes réponses au courrier des lecteurs du 11 décembre.
(4) Certes. Mais on en trouve aussi d’excellents, que bien sûr Preston ne cite pas, peut-être parce que leur poésie lui échappe totalement : « Tout ne borne à mes yeux qu’un emplacement vide :/Il manque tes cheveux sur ma tempe livide,/Il manque dans ma chair la pointe de tes os,//Dans mes yeux grand ouverts ta figure ravie,/Dans mes mains se fermant ta ligne de roseau,/Qui penchait tout le jour sur le cours de ma vie. »
(5) En réalité, je n’ai qualifié ces messages de privés que par commodité : parce que l’usage, sur ce site, est de les appeler ainsi. Mais j’avais également dit que notre « conversation n’avait rien de privé. Elle n’était privée, poursuivais-je, que parce qu’il n’est pas possible de laisser de commentaires sur mon blogue, et que vous (Preston) vouliez absolument me dire ce que vous pensiez de mon sonnet et de moi. Qu’apprend-on de privé sur vous ? » (Cf. mes réponses au courrier des lecteurs du 11 décembre.) J’ajoute que je ne reconnais pas de caractère privé à des lettres anonymes.
(6) Preston se paie de mots. Quelle lâcheté y a-t-il donc à citer un blogueur qu’on a blacklisté, surtout lorsque c’est avec son autorisation ? Preston ne me disait-il pas, dans le post-scriptum d’une de ses lettres : « Si mon contact vous importune, il suffit de me le dire et je prendrai mes distances : inutile de me blacklister. Sauf si vous en avez envie (je souligne). » J’ai fini par en avoir envie, en effet, puisqu’il n’a pas voulu prendre ses distances lorsque je lui ai dit, comme il m’y avait invité, que son contact m’importunait bel et bien ! Preston a la liberté de me répondre et de se défendre sur son blogue. Il fait un grand usage de cette liberté. Je ne vois donc vraiment pas quelle lâcheté il y a à le citer. |