31/12/2007
« Dernier jour de l’année. La Saint Sylvestre est pour moi ce jour légèrement plus pesant que les autres où mon esprit, sans vraiment en souffrir, ce qui est peut-être le plus triste, se sent comme plus lourd de cette pensée que personne n’a réellement désiré m’inviter à réveillonner, ni même, parfois, daigné répondre aux propositions que j’ai pu faire durant le mois de décembre pour ne pas me retrouver seul au dernier moment… »
Lire la suite : lundi 31 décembre 2007.
29/12/2007
« Avons quitté Troyes hier matin. Détour chez les parents du fiancé. Nous n’y sommes fort heureusement restés que pour le déjeuner. Ce fut très pénible, comme je m’y attendais… »
Lire la suite : vendredi 28 décembre 2007.
« Magasins d’usine. Nombreux achats. Dépensé plus que de raison. Visite de Didier, qui fut, pendant des années, l’amant quasi officiel de ma grand-mère et qui avait, au sein de ma famille, le statut d’un oncle… »
Lire la suite : mercredi 26 décembre 2007.
« Noël. Ma grand-mère a passé la journée avec nous, chez ma tante. Par moments, elle se mettait à me fixer des yeux et semblait se demander d’où elle pouvait me connaître, sans être néanmoins bien sûre de m’avoir réellement connu… »
Lire la suite : mardi 25 décembre 2007.
« Arrivée de mon père. Sommes allés à Menois, cet après-midi, Nicolas, Julie, son fiancé et moi, à la recherche de nos souvenirs… »
Lire la suite : lundi 24 décembre 2007.
« Long voyage en voiture, de nuit. Conversation très pénible de ma sœur et de son fiancé. Bêtise abyssale, puérilité, surtout, de certains amoureux… »
Lire la suite : dimanche 23 décembre 2007.
21/12/2007
« Grand moment de honte, tout à l’heure, quand un ami m’a dit qu’il me trouvait courageux… »
Lire la suite : jeudi 20 décembre 2007.
20/12/2007
Simple remarque sur deux peurs apparemment peu fondées et sans grand rapport entre elles
L’autre jour, j’entendais dire à Augustin Legrand, le petit don Quichotte de la manche (sans majuscule, mais je devine déjà que j’ai grand tort de faire ce méchant jeu de mots, qui prouve encore une fois combien je manque de cœur, pour ne pas dire d’humanité !), je lui entendais dire qu’un Français sur deux avait peur de se retrouver sans logement dans le cours de sa vie. Ce chiffre était pour lui une sorte d’argument que je ne comprenais pas bien. Peut-être prétendait-il seulement que la majorité des Français, ou plutôt la moitié, avait hautement conscience de l’insécurité sociale régnant en France (qu’il n’est d’ailleurs pas question de nier entièrement, et autres précautions oratoires d’usage). Ou bien voulait-il dire que si ce n’est en faveur des plus pauvres d’entre nous qu’il est urgent d’œuvrer, ce l’est au moins pour tous ces Français, infiniment plus nombreux, qui ont peur et qui votent (car en démocratie, le nombre est un argument de poids) ? Je ne sais et ce n’est d’ailleurs pas mon sujet. Je remarque simplement que cette peur de tant de Français est peu fondée, en cela qu’elle est la peur d’une chose que non seulement l’immense majorité des gens ne connaîtra pas, mais qui n’arrivera pas non plus à leurs familles, à leurs entourages ou à leurs connaissances. Pourtant, cette peur est, en soi, quelque chose d’assez réel pour servir d’argument, et d’argument de poids, dans un discours en faveur de la mise en œuvre d’une politique réelle et efficace contre la misère (si ce n’est contre la misère en tant que telle, du moins en tant que terreur des braves gens !). C’est une autre peur, sans beaucoup plus de fondement, disait-on à l’époque, qui avait permis à Jean-Marie Le Pen d’être présent au second tour de l’avant-dernière élection présidentielle. Il n’était alors pas question d’insécurité sociale, mais d’insécurité tout court. C’était un tel scandale que la présence de cet homme au second tour qu’on était allé jusqu’à reprocher aux citoyens de certaines des plus paisibles provinces de France d’avoir voté majoritairement pour lui, mus qu’ils étaient par la peur infondée d’une violence qui ne les concernait pas ! C’était oublier un peu vite que l’élection présidentielle est une élection nationale et que les citoyens ont en quelque sorte le devoir de voter non pas en fonction de la seule situation locale, celle de leur département, de leur ville, de leur quartier, mais en fonction de ce qu’ils estiment être (à tort ou à raison, l’erreur est humaine) la situation nationale. C’est aussi le propre de l’homme que de s’émouvoir ou de s’inquiéter de choses qui ne le concernent pas encore, ou qui le concernent indirectement. Sinon, Augustin Legrand, qui n’est pas un miséreux, ne se soucierait sans doute pas de ceux qui n’ont pas d’abri. Il ne recourrait pas plus à l’argument de grand poids que constitue la masse de ceux qui ont un abri mais qui craignent de le perdre. Le sentiment de l’insécurité n’était donc qu’une peur, qu’un sentiment : il n’était suscité par rien de réel, qui méritât d’être pris en considération. Quant à la réalité du sentiment, elle ne comptait tout bonnement pas. Le sentiment de l’insécurité sociale, au contraire, est très considérable. La réalité de la peur qu’il entraîne est établie. Elle est on ne peu plus concrète. C’est une réalité tangible, et d’un grand poids dans les argumentations ! J’en conclus qu’il y a des peurs dignes et d’autres qui sont indignes. Ce n’est pas la peur en soi qui est digne ou ne l’est pas. Ce n’est pas non plus de son fondement que dépend la dignité ou l’indignité de la peur. C’est uniquement de son objet et des ses connotations.
Dans un entretien donné par Alain Finkielkraut le 14 décembre dernier sur RCJ, le philosophe avait, entre autres, des considérations fort intéressantes sur le concept d’islamophobie, que je rapporte ici en complément de ce que j’écrivais moi-même sur ce mot en février 2007. Selon Finkielkraut, ce n’est pas dénoncer le racisme que dénoncer l’islamophobie ; c’est dénoncer toute critique de l’islam ou de l’islamisme. Une telle dénonciation n’est donc pas antiraciste, mais antilibérale. Changer le nom du racisme anti-arabe (qui existe, il n’est pas question de le nier) en celui d’islamophobie, cela revient à faire comme s’il n’y avait plus de chrétiens arabes, et cela au moment même où une politique anti-chrétienne est menée dans le monde arabo-musulman. On entend ces remarques à partir de la neuvième minute de l’enregistrement de cet entretien (qu’on peut télécharger à partir de cette page et qui est intéressant dans son entier, bien sûr).
19/12/2007 « Cet après-midi, un jeune handicapé qu’accompagnait sa sœur ou sa petite amie est entré peu de temps après nous dans le salon de thé spécialisé en pâtisseries arabes où ma mère et moi récupérions de l’heure passée dans le froid des rues à la recherche de cadeaux de Noël... »
Lire la suite : mardi 18 décembre 2007.
17/12/2007
« Ma sœur nous a fait voir une nouvelle bague à son doigt, avec un assez gros diamant au milieu : c’était une bague de fiançailles… »
Lire la suite : dimanche 16 décembre 2007.
15/12/2007Un jardin d’Adonis. Sur le nouveau titre de ce blogue
Qu’on n’aille pas croire que je me prends pour un Adonis ! Les jardins d’Adonis étaient de petites corbeilles dans lesquelles on avait fait pousser à l’occasion des Adonies certaines plantes dont la courte durée évoquait la brève existence du jeune homme éponyme (cf. ce que j’écrivais à ce sujet, dans mon journal, le 15 janvier 2006). Il y a déjà longtemps que je songe à donner à ce blogue le même titre qu’à celui que je tiens ailleurs, dans lequel je publie mon journal intime. Si j’ai intitulé ce journal intime Un jardin d’Adonis, c’est parce que ce qui parfois y arrive à maturité dépérit aussitôt. « De temps en temps, écrivais-je en 2006, une bouture prend, mais, le plus souvent, tout retombe, et c’est le silence qui règne, entre quelques petites phrases semées en vain […]. Point de culture ici, mais un pauvre jeu, un pauvre je, improductif et frivole. Ce journal est l’antithèse de la production. Tout ce que je puis produire, je le fais au jour le jour, chaque jour effaçant l’autre. Aucune œuvre en perspective. Mon désœuvrement est à l’œuvre. Ce journal n’est rien de plus qu’un jardin d’Adonis. » Mais ce que j’écrivais naguère sur mon journal intime, c’est-à-dire sur ma vie, ne pourrais-je pas le dire aussi bien de ma ‘‘pensée’’ (s’il m’est permis d’user d’un si grand mot !), de la pensée qui a cours sur cette page, mais qui, bien sûr, n’est pas vraiment de la pensée ? Mes deux blogues sont un seul et même jardin que je cultive sans passion ni raison ; jardin d’Adonis, c’est-à-dire jardin stérile, où ne poussent vraiment, dans l’un, que ‘‘des salades’’ (car qu’est-ce au fond qu’une vie si ce n’est des salades ?), dans l’autre la mauvaise herbe des méchants commentaires qui prolifèrent entre mes petits, tout petits pavés jetés dans la marre et dont il est impossible de se débarrasser. Les Adonies étaient divisées en deux temps, dont l’ordre variait selon les cités : c’étaient l’hévrèse et l’aphanisme. L’aphanisme correspondait à la disparition d’Adonis, à sa mort, sa descente aux Enfers. L’hévrèse correspondait à son retour, sa découverte. J’ai choisi ces deux mots pour servir de sous-titre à chacun de mes blogues. Evidemment, aphanisme revient à mon journal intime, où se raconte ma vie : toute vie n’est-elle pas, en effet, le récit d’une disparition ? Quant à hévrèse, il ira sans doute assez bien à ce journal-ci. Il y a dans l’hévrèse quelque chose de l’apocalypse. C’est une sorte de révélation, sans la dimension chrétienne ni catastrophique du mot biblique. Ce blogue s’efforce de trouver (heurêka ! se serait écrié Archimède !) ou de retrouver, non pas la vérité, ni même des vérités, mais d’autres vérités, dissimulées sous celles qui sont communément admises par le plus grand nombre (idées reçues).
« Que la pauvreté de mon âme soit encore touchée par les lignes de mon ami français, par toi qui as dans les yeux la couleur de l’Atlantique, l’Atlantique qui embrasse l’Amérique et fait l’amour avec les côtes de ton pays. »
Lire la suite : vendredi 14 décembre 2007.
10/12/2007 « Cyrille, le nouvel actuel compagnon de ma sœur, nous racontait ce soir qu’il était tombé par hasard, l’autre jour, sur l’un de ses anciens amis, qui aurait juré (entend-on dire partout à celui-ci, si j’en crois du moins ce que rapporte celui-là) de lui « ‘‘casser la gueule’’ », pour cette raison à laquelle j’ai toujours tant de mal à croire (même après l’avoir entendu si souvent invoquer) qu’il ne lui avait pas été révélé assez tôt que ma sœur était… » 03/12/2007 Remarque intéressante de JGL dans le forum du parti de l’In-nocence sur l’affaire de l’institutrice emprisonnée au Soudan pour blasphème. Contrairement à ce qu’ont rapporté nos journalistes, les enfants qu’elle avait à instruire n’ont très probablement pas appelé leur ours en peluche Mahomet, ignorant « que les Français nomment le messager d’Allah de son nom turc ». Ils ont dû appeler cette peluche Mohammed ou Muhammad, qui est en ces contrées sans doute l’un des prénoms les plus répandus. C’est tout autre chose. Nommer ici Mahomet revient à « légitimer l’accusation imaginaire de blasphème dont cette institutrice […] a été victime ».
02/12/2007 En écrivant l’autre jour, au sujet de ce qui a servi de prétexte aux émeutes de Villiers-le-Bel, que c’était en réalité une chance que les deux jeunes gens soient morts dans l’accident plutôt que les deux policiers ou que de simples passants, je faisais sans doute preuve, non pas d’inhumanité (comme a dit quelqu’un de prompt à se révolter de tout, même d’une phrase mal tournée), mais d’un manque certain de cœur, pour le coup. J’avais voulu faire de la provocation. J’avais tort. J’aurais dû dire que c’était une chance que les policiers ou de simples passants ne soient pas morts dans cet accident. « Gravement blessés ou morts, poursuivais-je, ces policiers ou ces passants auraient été les réelles victimes des fausses premières », lesquelles n’étaient victimes que d’elles-mêmes. Cette seconde phrase éclairait tout de même beaucoup le sens de la première. Presque au moment où mouraient accidentellement les deux garçons de Villiers-le-Bel, Anne-Lorraine Schmitt était assassinée dans un train. Le silence sur cette vraie victime, cette assassinée (tous les morts ne sont pas des assassinés, dit Juan Asensio, dans le texte que j’invite à lire), mon silence, le vôtre, n’est-il pas infiniment plus révoltant que le peu de bruit que je faisais sur les deux malheureux de Villiers ? Voici donc un lien menant à ce texte d’Asensio : D’un silence assourdissant : sur l’assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt. Attention ! Cette prose qui refuse d’appeler un tigre un chat pourrait heurter les plus efféminés d’entre nous (ou les plus prompts à se scandaliser qu’une langue ne soit pas de bois) !
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