En écrivant l’autre jour, au sujet de ce qui a servi de prétexte aux émeutes de Villiers-le-Bel, que c’était en réalité une chance que les deux jeunes gens soient morts dans l’accident plutôt que les deux policiers ou que de simples passants, je faisais sans doute preuve, non pas d’inhumanité (comme a dit quelqu’un de prompt à se révolter de tout, même d’une phrase mal tournée), mais d’un manque certain de cœur, pour le coup. J’avais voulu faire de la provocation. J’avais tort. J’aurais dû dire que c’était une chance que les policiers ou de simples passants ne soient pas morts dans cet accident. « Gravement blessés ou morts, poursuivais-je, ces policiers ou ces passants auraient été les réelles victimes des fausses premières », lesquelles n’étaient victimes que d’elles-mêmes. Cette seconde phrase éclairait tout de même beaucoup le sens de la première. Presque au moment où mouraient accidentellement les deux garçons de Villiers-le-Bel, Anne-Lorraine Schmitt était assassinée dans un train. Le silence sur cette vraie victime, cette assassinée (tous les morts ne sont pas des assassinés, dit Juan Asensio, dans le texte que j’invite à lire), mon silence, le vôtre, n’est-il pas infiniment plus révoltant que le peu de bruit que je faisais sur les deux malheureux de Villiers ? Voici donc un lien menant à ce texte d’Asensio : D’un silence assourdissant : sur l’assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt. Attention ! Cette prose qui refuse d’appeler un tigre un chat pourrait heurter les plus efféminés d’entre nous (ou les plus prompts à se scandaliser qu’une langue ne soit pas de bois) !
02/12/07 - 19:37
Pourquoi cherchez-vous donc à faire boire les ânes qui ne le veulent pas ?
Bien sûr qu'ils n'étaient victimes que d'eux-mêmes (relisez les pages sur l'héautimoroumenos, de qui vous savez, celui dont vous avez la verve et la prose).
L'événement est tragique, humainement, mais politiquement, c'est sans importance. Tout ce battage autour de cette mort est immonde.
Mais les gens aiment la langue de bois et vous n'y pourrez pas grand chose.
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