UN JARDIN D’ADONIS

(Hévrèse)

BLOGUE ET SPICILÈGE

Olivier Bruley

15/12/2007

15/12/07 - 23:15

Un jardin d’Adonis. Sur le nouveau titre de ce blogue



            Qu’on n’aille pas croire que je me prends pour un Adonis ! Les jardins d’Adonis étaient de petites corbeilles dans lesquelles on avait fait pousser à l’occasion des Adonies certaines plantes dont la courte durée évoquait la brève existence du jeune homme éponyme (cf. ce que j’écrivais à ce sujet, dans mon journal, le 15 janvier 2006). Il y a déjà longtemps que je songe à donner à ce blogue le même titre qu’à celui que je tiens ailleurs, dans lequel je publie mon journal intime. Si j’ai intitulé ce journal intime Un jardin d’Adonis, c’est parce que ce qui parfois y arrive à maturité dépérit aussitôt. « De temps en temps, écrivais-je en 2006, une bouture prend, mais, le plus souvent, tout retombe, et c’est le silence qui règne, entre quelques petites phrases semées en vain […]. Point de culture ici, mais un pauvre jeu, un pauvre je, improductif et frivole. Ce journal est l’antithèse de la production. Tout ce que je puis produire, je le fais au jour le jour, chaque jour effaçant l’autre. Aucune œuvre en perspective. Mon désœuvrement est à l’œuvre. Ce journal n’est rien de plus qu’un jardin d’Adonis. » Mais ce que j’écrivais naguère sur mon journal intime, c’est-à-dire sur ma vie, ne pourrais-je pas le dire aussi bien de ma ‘‘pensée’’ (s’il m’est permis d’user d’un si grand mot !), de la pensée qui a cours sur cette page, mais qui, bien sûr, n’est pas vraiment de la pensée ? Mes deux blogues sont un seul et même jardin que je cultive sans passion ni raison ; jardin d’Adonis, c’est-à-dire jardin stérile, où ne poussent vraiment, dans l’un, que ‘‘des salades’’ (car qu’est-ce au fond qu’une vie si ce n’est des salades ?), dans l’autre la mauvaise herbe des méchants commentaires qui prolifèrent entre mes petits, tout petits pavés jetés dans la marre et dont il est impossible de se débarrasser. Les Adonies étaient divisées en deux temps, dont l’ordre variait selon les cités : c’étaient l’hévrèse et l’aphanisme. L’aphanisme correspondait à la disparition d’Adonis, à sa mort, sa descente aux Enfers. L’hévrèse correspondait à son retour, sa découverte. J’ai choisi ces deux mots pour servir de sous-titre à chacun de mes blogues. Evidemment, aphanisme revient à mon journal intime, où se raconte ma vie : toute vie n’est-elle pas, en effet, le récit d’une disparition ? Quant à hévrèse, il ira sans doute assez bien à ce journal-ci. Il y a dans l’hévrèse quelque chose de l’apocalypse. C’est une sorte de révélation, sans la dimension chrétienne ni catastrophique du mot biblique. Ce blogue s’efforce de trouver (heurêka ! se serait écrié Archimède !) ou de retrouver, non pas la vérité, ni même des vérités, mais d’autres vérités, dissimulées sous celles qui sont communément admises par le plus grand nombre (idées reçues).

 



commentaires

16/12/07 - 18:50

(Dès que les mots travaillent, il y a cette insatisfaction de ne parvenir à les faire sonner dans la résonnance exacte et intime de ce que nous éprouvons. Mallarméen ou borgésien, le projet du livre ultime ou du mot-aleph travaille. Je cherche quelque chose de plus immédiatement organique - pais pour cela il faut cesser de vouloir contrôler dans l'anticipation du concept le déroulé de ses titres. Reconnaître que la totalité ne se dit pas - que ce qui se dit en émane, sans que le dire n'ait à le communiquer, sinon par exception et fulgurance, pour tel ou tel lecteur, parfois soi-même.)

16/12/07 - 23:11

Au fond, si l’on écrit, si l’on fait du bruit, c’est pour mieux faire entendre le silence de ce qui n’est pas dicible. En un sens, peut-être, nous sommes condamnés à faire de la poésie, telle que la définit Gide dans son anthologie, citant Banville : « … cette magie, qui consiste à éveiller des sensations à l’aide d’une combinaison de sons… cette sorcellerie grâce à laquelle des idées nous sont nécessairement communiquées, d’une manière certaine, par des mots qui cependant ne les expriment pas. »

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UN PEU DE PROSE DANS UN MONDE MANGÉ DES VERS
« J’ai ri en lisant cette notation de Guibert… » - Est-ce que le message est clair ? - Le peuple de GA. Et moi. - La parole d’un enfant - Nouvelle Langue Française - FREEDOM GO TO HELL - Pas de provocation ! - Comment peut-on être français ! - Comment peut-on vouloir être persan ! - Grand Corps Malade - Nouvelle lettre persane - Courte note sur la morale chrétienne - Toute interprétation est délire - Quelques considérations sur la nouvelle et unique race - Que va-t-il se passer ? - Suites de la controverse commencée avec le texte précédent - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Lettre à Pierre, traitant de ce que deviennent les pierres, c’est à savoir du sable et de la poudre, que les saisons soulèvent et dispersent aux quatre vents… - Sur le mot conservateur - Sur la langue des corbeaux et des loups - Sur la tentative de censure du Petit Robert - Les demi-mots d’une momie - Quelques remarques sur le discours tenu récemment par le pape à l’université de Ratisbonne - Qu’est-ce qu’une nation ?, quelques remarques sur la célèbre conférence de Renan, en guise de réponse au blogueur Asbel, qui m’en demandait une - Robert Redeker menacé de mort - Remarque sur la prononciation de Mahomet - Courte remarque sur le racisme - Ce que je voulais dire par ‘‘sida mental’’ - Deux remarques sur Internet et les blogues - Un style ‘‘téléphone portable’’ ? - Le français n’est pas la langue française - Sur la modération de ce blogue - Trois mots sur la peine capitale - Que sera cette nation ? - Le bourreau n’est pas criminel - Remarque sur la duplicité de l’homme - D’Orient et d’Occident - « Comment peut-on être homosexuel et croire en Dieu ? » - Remarque sur le terme d’anti-islamisme - La démocratie et l’art - Courte remarque sur le maintien de l’ordre - Remarque sur un débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Un mot sur François Mitterrand - Sur ceux qui sont contre la corrida - Un mot sur les bons sentiments - Sur les émeutes de 2007 - L’assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt - Sur l’ours en peluche qui s’appelait Mahomet - Un jardin d’Adonis. Sur le nouveau titre de ce blogue - Remarque sur le concept d’islamophobie - Simple remarque sur deux peurs apparemment peu fondées et sans grand rapport entre elles - « La Grande Déculturation » - Le site des éditions n&b - Eric Zemmour défendant son roman Petit frère - Remarque sur le projet de Nicolas Sarkozy relatif à la mémoire de la Shoah - Remarque sur l’abandon du projet de Nicolas Sarkozy relatif à la mémoire de la Shoah - Remarque sur l’antiracisme ‘‘larvé’’ - ‘‘Modernité du cynisme, actualité de Diogène’’ ! - Trois mots sur les mises à mort - Odi et amo (satire) - Question sur la compatibilité entre le droit de grève et le devoir de réserve des fonctionnaires - Le Petit Pédophile - Remarque sur les ‘‘sans papiers’’ - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Remarque sur n’annulation d’un mariage

 

HEURÉSIES
L’Europe et l’iconoclasme - Mémoire à l’école : les deux ‘‘non’’ d’Alain Finkielkraut