30/01/2008
« Cet après-midi, au supermarché : très joli garçon, qui n’était peut-être pas encore majeur. Le plus étonnant est qu’il était très élégant. Non pas looké, comme je crois que disent les jeunes, non pas fashion, comme disaient ma sœur Laura et ses amis, quand j’étais allé la voir à Nice, mais bien élégant, ce qui n’a sans doute rien à voir. Il m’a regardé un long petit moment droit dans les yeux, sans sourire du tout, ce qui est sans doute la preuve qu’il s’agissait d’un petit pédé… »
Lire la suite : mardi 29 janvier 2008.
28/01/2008
« Le fiancé, qui est aphone depuis une semaine, n’a pas ouvert la bouche de tout le repas dominical. (Comment donc peut-on se trouver aphone pendant une semaine entière ? J’ai bien mon idée sur la question, mais on m’a fait promettre de ne rien dire. (Que la tentation est grande, pourtant, de tout dire, malgré ma promesse… »
Lire la suite : dimanche 27 janvier 2008.
25/01/2008
« C’est sûrement Renaud Camus (mais je n’ai pas le courage de vérifier, ce soir), c’est sûrement Camus qui parle de ‘‘rêveries immobilières’’, probablement dans un tome de son journal. (Le lecteur attentif aura d’ailleurs sans doute remarqué que Renaud Camus est le seul auteur qu’on cite dans ce journal. C’est un mystère que je ne m’explique pas… »
Lire la suite : jeudi 24 janvier 2008.
21/01/2008 Hier, dans une émission de télévision intitulée Revu et corrigé, animée par Paul Amar (cf., sur cette page, la deuxième vidéo), vu ce pauvre Eric Zemmour, qui tentait de se défendre, comme il pouvait, c’est-à-dire en vain, puisqu’il ne pouvait plus rien, étant déjà reconnu coupable : on l’accusait en effet d’avoir écrit un roman, ce qu’il ne niait pas ; c’était même toute sa défense : c’est vous dire si son affaire était mal engagée… Le roman d’Eric Zemmour, Petit frère, que je n’ai pas lu, je le précise tout de suite (il est sûrement mauvais, puisqu’un journaliste l’a écrit !), est inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé en 2006 : l’assassinat d’un jeune juif du nom de Sébastien Sélam. C’est parce qu’Eric Zemmour a romancé la véritable histoire, ce qui a fort choqué la famille de la victime, qu’une plainte a été déposée contre lui pour diffamation, atteinte à la vie privée et même pour violation du secret de l’instruction, parce que l’affaire, qui avait été conclue par un non lieu, l’assassin ayant été jugé irresponsable, doit être réexaminée prochainement. Dans une interview, la mère de la victime dit, crie cela : « Il [Zemmour] n’avait pas à écrire le livre, je n’étais pas au courant ! » L’écrivain (bon ou mauvais, je ne sais) a beau dire qu’il n’a pas à demander la permission d’écrire ce qui n’est pas une biographie (le récit d’une véritable vie) mais bien un roman, c’est-à-dire, en l’occurrence, une œuvre de fiction, fruit de son imagination, rien n’y fait : on ne l’entend pas. L’avocat de la famille de la victime dit lui-même, citant, pour fonder son accusation, Laurent Ruquier, animateur d’une autre émission, qui l’avait demandé à Zemmour : « De quel fait divers vous êtes vous inspiré ? » (c’est moi qui souligne). A quoi Zemmour avait répondu, et c’est un aveu, selon l’avocat : « de Sébastien Sélam ». Pourtant, le fait même que l’avocat ait repris le mot de Ruquier et parle d’inspiration prouve, à mon avis, qu’il est sourd et ne sait absolument pas ce qu’il dit ni de quoi il parle. Loin de fonder son accusation, il me semble en effet que ce mot la démolit au contraire. Si l’auteur s’est seulement inspiré de faits réels, c’est donc bien que son œuvre relève de la fiction. En quoi, dans ce cas, peut-elle être diffamatoire et attentatoire à la vie privée ? Mais l’avocat veut qu’elle le soit. « Non, dit-il, Sébastien Sélam n’est pas celui qui fait des coucheries, sa mère n’est pas une maquerelle, son frère n’est pas cet obsédé de films pornographiques, sa belle-sœur n’est pas cette fille qui lui fait des choses dans la voiture, etc. » Mais que les personnes réelles ne soient pas les personnages, n’est-ce pas précisément reconnaître que la fiction n’est pas la réalité ? C’est la défense qu’adopte Zemmour. « J’ai eu l’honnêteté de dire que je m’étais inspiré de Sébastien Sélam, ça ne veut pas dire que je l’ai copié, que j’ai écrit une biographie. Je n’ai pas d’autorisation à demander. J’ai écrit un roman dans lequel j’ai réinventé. Monsieur [l’avocat] se fixe sur des choses que j’ai inventées. » Il donne alors un exemple : « On me reproche d’avoir sali la mémoire du grand-père. Mais je ne le connais pas ! C’est de mon propre grand-père que je me suis inspiré. » Est également reprochée à Zemmour la dureté de son style, de son écriture comme dit Amar (Céline a même été évoqué ; Zemmour l’a pris pour un compliment, l’inconscient : mais Amar s’est bien évidemment empressé de lui rappeler que Céline était un antisémite, tout de même, comme si personne en France pouvait l’oublier : c’est même tout ce qu’on sait de lui !). En réalité, comme le fait remarquer l’auteur du roman, c’est plutôt la dureté des dialogues qui lui est reprochée, la dureté des paroles des personnages, donc (leur réalisme, en somme), qui n’est pas la parole de l’auteur… Mais Paul Amar, qui ne fait pas la différence entre l’auteur et le narrateur (« ça, c’est vous qui le dites, c’est l’auteur », dit-il en lisant un passage du livre), ne doit pas savoir qu’un personnage, pas plus que le narrateur, n’est son auteur, même si, comme Zemmour le dit très justement, l’auteur met un peu ou même beaucoup de lui dans tous les personnages (c’est la fameuse phrase de Flaubert sur Madame Bovary). « Il y a un contraste énorme, dit Paul Amar à Zemmour, entre la pertinence de vos analyses politiques de journaliste et cette écriture que vous nous proposez, vos personnages un peu glauques, peut-être à l’image de cet environnement que vous décrivez, mais qui contrastent singulièrement avec ce que vous dégagez quand vous parlez de politique. » Voilà qui est bien singulier, en effet. On croit généralement que les journalistes sont des ‘‘littéraires’’. Pourtant, en entendant de telles paroles, je ne puis m’empêcher de penser qu’il y a bien de quoi en douter ! La preuve : quand Zemmour se réfère à Balzac, à Stendhal, à Flaubert (pour les faits divers inspirant la littérature), Paul Amar a ce mot d’une bêtise proprement abyssale : « Arrêtez de citer Proust, Bovary, Balzac, etc. : ils ne sont pas là pour vous répondre. » Il est donc question de littérature, mais on ne peut pas citer les auteurs qui font autorité. C’est un peu comme si l’on reprochait à un prêtre de citer Jésus ! Lui non plus n’est pas là pour nous répondre ! Ou pire : imaginez un peu qu’il se réfère à Dieu, le père. On n’est même pas sûr qu’il existe ! Comment donc voulez-vous qu’il réponde ? Un peu plus tôt, Eric Zemmour avait dit à l’avocat : « Vous ne connaissez rien au droit, vous ne connaissez rien à la littérature non plus. » C’est malheureusement trop vrai. Soudain, il m’apparaît comme une évidence que la méconnaissance de la littérature, de son histoire, de ses moyens, que l’inculture, donc, est cause de plus de malheur encore pour la famille de la victime. C’est uniquement par ignorance que la mère de la victime voit son malheur accru, car je ne puis croire qu’elle veuille poursuivre Zemmour par intérêt (publicité, argent, etc.).
« J’avais oublié de dire que le dîner qui devait avoir lieu samedi dernier chez ma sœur avait été annulé, comme il était à prévoir. Pour une fois, ce n’était pas à cause de Siobhan, comme j’avais craint, qui fait toujours tout annuler au dernier moment, mais parce que tel invité, qui avait d’abord annoncé sa présence, ne pouvait finalement pas venir. Apparemment, l’usage est de tout annuler quand un seul ne peut pas honorer son engagement… »
Lire la suite : lundi 21 janvier 2008.
« Cet après-midi, pendant ma distribution hebdomadaire de prospectus, grâce à quoi je gagne le peu d’argent dont je vis, une voiture pleine de jeunes, comme on les appelle, non pas de ces jeunes étrangers ou d’origine étrangère, car je crois savoir que c’est également de ce mot qu’on désigne, par euphémisme, les voyous maghrébins ou africains (comme lorsqu’on dit, par exemple, qu’ ‘‘une bande de jeunes a mis le feu à un bus’’ ; Sarkozy parlerait de ‘‘racaille’’… »
Lire la suite : dimanche 20 janvier 2008.
19/01/2008 Internet n’est évidemment pas l’ennemi du livre, ni d’ailleurs de la littérature. Je le précise pour ceux qui en douteraient. Ils sont nombreux, paraît-il. Je crois par exemple me souvenir d’un jugement définitif qu’avait eu l’illustre ci-devant petit monsieur de Prêchi-Prêcha sur le sujet, dont je ne retrouve malheureusement pas la trace. Il se peut d’ailleurs qu’il ait révisé son jugement depuis lors. Si ma mémoire est bonne, il arguait de la mauvaise qualité générale de ce qu’on peut lire sur Internet, et particulièrement dans les blogues, pour conclure qu’il ne pouvait y avoir de littérature sur la Toile. Autant dire qu’il ne peut y en avoir dans les livres ! Non seulement Internet n’est pas l’ennemi du livre ni de la littérature, mais encore la Toile peut-elle être mise au service du livre, comme l’écrit Dominique Autié dans un court article consacré au site Internet des éditions n&b (dirigées par Jean-Luc Aribaud) que je vous invite à découvrir.
« J’ai appris hier qu’un membre du site de pédés habituel et son ami s’étaient donné la mort. Ils s’appelaient Stéphane et Guillaume. La blogueuse CarineTLV écrit qu’ils ont mis fin à leurs vies après plusieurs jours de disparition. Le pseudonyme qu’utilisait Stéphane sur ledit site était Qatsitrilogy. Il avait un blogue que je ne lisais pas… »
Lire la suite : vendredi 18 janvier 2008.
16/01/2008
« Que d’indélicatesses dans ce journal ! Mes personnages, s’ils me lisaient, ne se reconnaîtraient évidemment pas dans les méchants portraits que je fais d’eux. Don Esteban me dit qu’il n’est absolument pas celui que j’esquisse à grands traits grossiers dans ces pages… »
Lire la suite : mardi 15 janvier 2008.
14/01/2008
« Le fiancé de ma sœur, lors du repas dominical, parlant de livres : ‘‘Chez nous, c’est mon père qui achète les livres. Ensuite, on les fait tourner dans la famille. On ne les revend pas. D’ailleurs, on ne peut pas sauter sur le lit de mes parents. Les piles de livres rangés en dessous montent jusqu’aux lattes du sommier.’’ Air excédé de ma sœur… »
Lire la suite : dimanche 13 janvier 2008.
12/01/2008
« Les conversations avec don Esteban, sur MSN, sont de plus en plus pénibles. Ma mélancolie, ma langueur, ma déprime, comme on dit aujourd’hui, n’en sont que plus grandes. A cause de la distance qui nous sépare (il vit aux antipodes), nous ne sommes plus l’un pour l’autre que des mots, les mots échangés sur MSN ou ceux de ce journal. L’éloignement nous a réduits à n’être plus que des idées... »
Lire la suite : vendredi 11 janvier 2008.
10/01/2008
« Fin de Christophe. L’hiver est incroyablement doux depuis quelques jours. Ce faux printemps, qui donne envie de vivre, me fait me sentir mort, ou plutôt, c’est Christophe, qui fut le compagnon de ce douloureux redoux, qui m’a fait sentir la mort partout… »
Lire la suite : jeudi 10 janvier 2008.
09/01/2008
« Paroles énigmatiques de don Esteban, hier soir, sur MSN, qui me disait qu’il avait compris bien des choses en lisant mon blogue, ces derniers jours. Quelles choses ? Je ne sais, mais sans doute rien de bon, car il n’ajouta pas un mot, et finit par se déconnecter (le téléphone lui avait peut-être été finalement coupé !). Pas d’autres nouvelles de lui depuis lors… »
Lire la suite : mardi 8 janvier 2008.
07/01/2008
« Grand abattement de tout moi, corps et âme. Fatigue, courbatures, fièvre, mal de gorge, nez pris, bouche sèche, à cause du médicament contre le rhume ; tristesse et découragement, à cause de don Esteban qui m’a comme contaminé : il semblerait qu’il ne croie plus en sa bonne étoile… »
Lire la suite : lundi 7 janvier 2008.
« Visite de Laurence et Myriam. Je suis resté souriant, parce que j’étais sincèrement heureux de les voir, comme par réflexe. Mais par principe, j’aurais dû leur montrer ma légitime colère. Si cette colère ne se voyait pas, c’est probablement parce que je décolère désormais avant même que de m’emporter, ce qui signifie sans doute que je ne tiens déjà plus tant que cela à une amitié qui, de fait, n’a plus d’amitié que le nom… »
Lire la suite : dimanche 6 janvier 2008.
« Suite de Christophe. Chattant hier soir avec Laurent, je lui ai demandé ce que Christophe avait pensé de moi. « ‘‘Il est sympathique’’, voilà ce que me dit Christophe », me répondit-il. « Ah ? C’est tout ? Il est encore chez toi, alors ? Et il n’a rien dit d’autre ? – ‘‘Sympathique et mignon, qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus ?’’, voilà tout ce qu’il me répond. Je crois qu’il ne t’aime pas beaucoup. – On dirait que non, en effet. Il faut dire qu’il y a de quoi. Certains être simples ont l’instinct des bêtes. Il a dû sentir que tu me tripotais dès qu’il avait le dos tourné », (petite comédie qui m’avait d’ailleurs fort déplu, car… »
Lire la suite : samedi 5 janvier 2008.
05/01/2008 Je me pose parfois cette question : suis-je un Français de souche ou bien un Français d’origine étrangère ? Les deux, sans doute : Français de souche par ma mère et Français d’origine étrangère par mon père, dont le père était certes français, mais la mère chinoise. Les racines de ma grand-mère étaient même doubles : chinoises par son père ; vietnamiennes par sa mère. Mais mon grand-père veilla si bien à effacer toute trace de culture étrangère chez lui que mon père, dès l’enfance, oublia jusqu’à sa langue maternelle, qui était le cantonnais. N’était tolérée que la cuisine chinoise, et encore, une mauvaise cuisine, car ma grand-mère, qui n’avait jamais rien fait de ses mains avant d’arriver en France, qui lui parut un pays incroyablement barbare et reculé, avait dû reconstituer empiriquement des gestes et des recettes qui ne lui avaient jamais été enseignés. Si bien que, malgré cette grand-mère chinoise, que j’ai beaucoup aimée et qui n’est plus, depuis la maladie d’Alzheimer, qu’une ombre comme venue de nulle part, je ne me considère pas du tout comme un Français d’origine étrangère, mais comme un Français de souche uniquement. Si mon père eut à subir dans l’enfance la déculturation que lui imposa mon grand-père, moi, c’est une autre déculturation que j’ai subie, comme presque nous tous ici, celle dont parle admirablement Renaud Camus dans le tout dernier éditorial publié sur le site du parti de l’In-nocence, intitulé La Grande Déculturation. Je m’avise maintenant que c’est sans doute à cause de cette déculturation que je me sens si français : non pas français de souche, comme je le croyais, mais français déculturé, c’est-à-dire en grande partie sans racines. C’est par l’inculture que je me sens si proche de tous les autres Français, que je me considère comme eux, même si je m’efforce, avec peine, de me familiariser avec la culture française, celle dont, paradoxalement, le défaut, l’ignorance et le mépris, dans un nouveau plébiscite de tous les jours, sont un signe de reconnaissance pour presque tous les Français. J’invite donc mes lecteurs à lire ce texte assez long pour faire sans doute un « court essai », comme le dit Camus lui-même.
04/01/2008
« J’ai passé la journée d’hier à Bordeaux, avec Anne, ma première très grande amie (et sans doute la seule, au fond), qui était rentrée de Stockholm (pour les fêtes), où elle vit désormais. Le train du retour, celui que je voulais prendre à 18 h17 (les lecteurs de Renaud Camus ne m’en voudront pas de parler comme un chef de gare, pour une fois que le sujet s’y prête), ce train fut tout bonnement annulé, sans aucune explication. Il me fallait attendre celui de 21 h 10... »
Lire la suite : jeudi 3 janvier 2008.
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