UN JARDIN D’ADONIS

(Hévrèse)

BLOGUE ET SPICILÈGE

Olivier Bruley

31/03/2008

31/03/08 - 02:56


            « Baisé hier après-midi avec un Russe d’une trentaine d’années, très mince et très viril. Il n’était pas du tout comme ces Russes instruits qui s’expriment dans un français tel qu’on n’en entend plus depuis longtemps en France, puisqu’il le parlait à peine, mais d’une voix incroyablement grave, mâle, russe, me suis-je surpris à penser… »


Lire la suite : Dimanche 30 mars 2008.


27/03/2008

27/03/08 - 00:54


            « La chienne Pélagie a été vaccinée hier. Depuis, elle se traîne comme une paralytique. Ces petits chiens sont de si grands comédiens qu’on les croirait doués d’autant de conscience que les hommes... »


Lire la suite : Mercredi 26 mars 2008.


26/03/2008

26/03/08 - 18:58

Trois mots sur les mises à mort


            Fondateur du cynisme et sans doute, de tous les élèves de Socrate, celui qui lui ressemblait le plus par la manière de vivre (c’est-à-dire à peu près comme un clochard !), Antisthène, se mourant d’une grave et douloureuse maladie, reçut un jour la visite de Diogène, qui lui demanda s’il n’avait pas besoin d’un ami, à ce que rapporte Diogène Laërce. Mais pourquoi donc d’un ami ? Etait-ce pour l’aider à mourir ? L’auteur des Vies des philosophes ajoute qu’une autre fois, Antisthène s’écria : « Ah ! Qui donc me délivrera de mes tourments ? » « Ceci », répondit Diogène en lui montrant son poignard. « J’ai dit de mes tourments, reprit Antisthène, pas de la vie ! ». Il me semble que tout le récent débat sur l’euthanasie est contenu dans cette réplique d’Antisthène et je ne comprends pas pourquoi certains veulent absolument parler à ce sujet d’un droit à mourir dans la dignité. Que vient faire ici la dignité ? Qu’on ne se méprenne pas : je suis le premier à penser que tout homme à le droit de mourir dignement, mais je ne vois pas en quoi une mort douloureuse est une mort indigne. L’un des arguments des défenseurs de l’euthanasie est qu’on ne doit pas juger du droit d’autrui à mourir ‘‘dignement’’ en se fondant sur ses seules convictions personnelles, qui ne sont pas nécessairement celles de tous, ni donc toujours celles du mourant, pourtant le premier concerné ! Qu’ils commencent donc par entendre leur propre argument : tout le monde ne pense pas qu’il est indigne de mourir dans de terribles souffrances. Certains fous croient même qu’il y a de la dignité dans le fait d’affronter ses souffrances jusqu’à la fin ! Ceux qui veulent absolument parler ici de dignité me sont suspects. Je les écouterai plus volontiers le jour où ils se contenteront de militer pour un droit à mourir sans être tourmenté par la douleur. Il est vrai que le débat ne serait plus tout à fait le même et  qu’il porterait alors sur les soins dits palliatifs plutôt que sur l’euthanasie… Une fois que la souffrance du mourant a été calmée, il me semble en effet qu’il n’y a plus lieu de le tuer. Imaginons qu’un désespéré nous dise : « Je suis en train de mourir dans d’atroces souffrances ! Il faut y mettre fin. Vite ! Qu’on me tue ! » Mais alors, une fois qu’il aurait été tué, cet homme serait tout de même bien mort dans d’atroces souffrances, si la mort lui était donnée sans qu’elles aient été calmées. Si c’est là ce que veulent les défenseurs de l’euthanasie, qu’ils aient donc le courage de dire qu’ils ne militent pas pour un droit à mourir dans la dignité, mais bien pour celui de voir abréger ses souffrances : c’est-à-dire d’être achevé. Peut-être, au contraire, prétendent-ils qu’il faut tuer avant même que les souffrances ne deviennent intolérables. Mais alors quand ? Sera-t-il jamais assez tôt ? Osera-t-on vraiment tuer un homme condamné à mourir avant même que ne se manifeste dans son corps la raison qu’on aurait de le faire ? Il est vrai qu’il n’est pas possible de calmer certaines douleurs. Le suicide, ultime liberté de tout homme, semble alors en effet le seul moyen de mettre un terme à la souffrance. Mais comme souvent, c’est une liberté dont la jouissance demande force et courage. C’est un poignard que Diogène présente à Antisthène. S’ouvrir les veines ou se poignarder soi-même n’est pas chose aisée. Si l’on n’est pas fou (car c’est plus souvent la folie que la raison qui mène au suicide), il faut au moins le courage d’un Mishima pour y parvenir. Si l’on manque de ce courage, alors c’est peut-être qu’on n’est pas digne de cette liberté, puisqu’il faut absolument parler de dignité, à en croire les partisans de l’euthanasie ! Paradoxe du suicide dans un tel cas : pour mettre fin à des souffrances physiques, il faudrait en affronter de nouvelles, qui seraient purement morales. Il est aussi difficile de se donner la mort que d’arrêter de respirer. De quelle admirable maîtrise de soi faut-il faire preuve pour dominer même l’instinct de survie et le réflexe d’aspirer l’air ! On a dit que c’est ainsi que Diogène s’était donné la mort : en s’arrêtant de respirer. Il arrive aussi que ce ne soit pas la force morale qui fasse défaut pour se tuer soi-même, mais la force physique, tant la maladie a diminué le mourant. Le problème alors n’est plus qu’il n’est pas digne de cette ultime liberté, mais bien qu’il n’en est plus capable. Sans doute alors est-il en droit d’être aidé. On veut en faire une loi. Je prétends quant à moi que si l’on veut d’une telle loi, ce n’est pas tant pour protéger celui qui tuerait le moribond, que parce qu’il ne se trouverait probablement personne dans l’entourage, la famille, les amis du mourant, pour commettre cette ultime « geste d’amour » comme je crois qu’avait dit Chantal Sébire. « As-tu besoin d’un ami ? », demandait Diogène à Antisthène. Ce défaut s’explique pour les mêmes raisons qu’il ne se trouve aujourd’hui plus personne pour faire la guerre : par lâcheté, par dégoût du sang et de la mort. On laisse faire ces choses-là à des professionnels. D’où la nécessité d’une loi. Moi-même, qui suis loin d’être sûr d’avoir la force d’âme nécessaire à mon propre suicide, je suis à peu près certain de ne pas en avoir du tout pour aider un ami dans le sien ! Je n’aime assez personne pour commettre un tel geste d’amour. (On sait, depuis l’abolition de la peine de mort, qu’aucun homme ne mérite d’être tué, du fait même qu’il est homme. « Même s’il a dérogé à son humanité ? », demande le naïf. Même alors. On saura bientôt, grâce à l’avènement de l’euthanasie, qui finira sûrement par arriver, que personne ne mérite d’être tué, sauf celui qui le demande ! Cette nouvelle vérité éclaire selon moi d’un jour nouveau le débat sur la peine de mort (débat qui, je le rappelle, a été tranché depuis belle lurette et n’a plus lieu d’être relancé, comme chacun sait ! Mais relançons-le tout de même, à l’abri des regards, dans ce blogue que personne ne lit.). Une peine de mort ‘‘humaine’’ ne serait appliquée qu’à la condition que le condamné reconnaisse sa culpabilité et, reconnaissant surtout la nécessité de sa peine, accepte son exécution. S’il ne l’acceptait pas, il resterait enfermé dans sa prison, jusqu’à la fin de sa vie. Le mot perpétuité reprendrait alors tout son sens. Quant à l’innocent condamné à mort qui choisirait d’accepter l’exécution de sa peine comme une forme de suicide, ultime liberté, pour s’affranchir de son injuste sort, je ne sais s’il serait plus à plaindre qu’admirer !)


24/03/2008

24/03/08 - 03:18


‘‘Modernité du cynisme, actualité de Diogène’’ !


            De nos jours, les auteurs du passé ne semblent plus avoir d’intérêt pour nous que dans la mesure où ils sont modernes et les sujets dont ils traitent  actuels. C’est si vrai que je me surprends parfois à plaindre sincèrement les contemporains d’Aristophane, de Virgile, de Corneille ou de Racine (je cite ces noms au hasard et sans aucune arrière-pensée) qui, n’ayant pas eu la chance de vivre à notre époque, ne soupçonnaient évidemment pas tout ce qu’il y a de modernité et surtout d’actualité dans Le Cid ou Les Géorgiques. Comment voulez-vous donc comprendre quelque chose à Bérénice sans connaître les amours de Nicolas et Cécilia ? Quel sens pouvaient avoir pour un Grec Lysistrata ou les Thesmophories quand le féminisme et la parité n’avaient pas encore été inventés, bien avant mai 68 ou la guerre en Irak ? Je me le demande. S’il est un mouvement (philosophique plutôt que littéraire, encore que ses conséquences littéraires fussent considérables, puisque Ménippe inventa la satire), s’il est un mouvement dont la modernité ne devrait faire aucun doute, c’est bien le cynisme. Et pourtant, mes contemporains ne semblent pas être plus conscients de la modernité de Diogène qu’il n’en reconnaissent à Corneille, que j’avais tort de citer tout à l’heure (car j’avais bien une arrière-pensée) : « infréquentable, voire fasciste », voilà en effet pour quoi passe désormais Corneille, selon Sarah Vajda. Il est vrai que l’ascèse du cynique est assez peu compatible avec la société de consommation. Mais quoi de plus familier que la grossièreté et le franc-parler des chiens philosophes, à une époque où tout le monde se met à aboyer et montrer les crocs ? Sur un plateau de télévision, plus rien ne différencierait Diogène d’un écrivain branchouille, d’un chanteur engagé ou du ministre Borloo : ni le langage, ni la tenue, ni même, sans doute, le costume. En vérité, il y aurait tout de même encore cette différence, qui est la seule qui compte : si les cyniques de la période hellénistique vociféraient, c’était pour aller à contre-courant de leur époque (on est d’ailleurs allé jusqu’à parler du cynisme comme d’une contre-culture, comparant même parfois les cyniques à des hippies !) ; tandis que les vociférateurs d’aujourd’hui sont dans l’air du temps comme des poissons dans l’eau : j’ai peur qu’ils ne soient beaucoup plus proches du cynique au sens moderne du terme. Les vrais cyniques étaient des ‘‘faux-monnayeurs’’ en cela qu’ils retournaient les valeurs ; ceux d’aujourd’hui s’affairent à dévaluer la langue et falsifier le sens des mots. Ils détestent la langue de bois mais ne disent, dans une langue toujours plus grossière et plus pauvre, que ce qu’il est convenable de dire. Ils ne se rendent pas compte qu’ils parlent comme tout le monde et ne font jamais entendre de voix singulière (contrairement aux cyniques, qui parlaient si grossièrement dans ce but), puisque c’est la crudité du langage qui est désormais la norme. Ils ne savent qu’ajouter leurs voix au brouhaha ambiant. Ils hurlent avec des loups devenus caniches depuis longtemps. Au milieu de tous ces petits chiens, il est probable qu’un Diogène, aujourd’hui, se comparerait à un chat ! Car on ne peut être cynique au XXIe siècle comme on l’était du temps d’Alexandre ! Il n’est plus possible de braver l’opinion publique en méprisant les conventions sociales. De nos jours, braver l’opinion publique implique de respecter et défendre les formes, puisqu’elles sont si unanimement méprisées. C’est ainsi que j’explique mon goût, apparemment paradoxal, et pour Diogène et pour Renaud Camus ! Modernité du cynisme, donc, et, surtout, actualité de Diogène : « Je vois, disait-il et rapporte Stobée, beaucoup de lutteurs et de coureurs, mais je ne vois personne s’efforcer de devenir parfait honnête homme ». A l’heure où la lente et molle communauté internationale se demande s’il est souhaitable de boycotter les Jeux olympiques organisés cette année dans la Chine communiste, régime dont l’un des nombreux crimes est d’avoir colonisé le Tibet, il me semble qu’une réponse à cette délicate question devrait être beaucoup plus facile à trouver dans la communauté des athlètes, lesquels sont des hommes doués de conscience, contrairement aux états, apparemment, qui sont beaucoup moins libres qu’eux. Les états tergiversent ? Eh ! Que les athlètes prouvent donc qu’ils sont bien ces modèles pour la jeunesse qu’on veut nous faire croire : qu’ils boycottent les jeux de leur propre chef ! Cela devrait être d’autant plus facile pour eux qu’ils ne s’agirait pas de faire quelque chose, mais de ne rien faire du tout : ne pas prendre l’avion pour la Chine, ne pas respecter, peut-être, certains engagements qui les lient à leurs diverses fédérations, ne pas toucher l’argent qu’ils auraient sans doute gagné en s’exhibant à Pékin pendant que nous est dissimulé ce qui se passe au Tibet, renoncer à un peu plus de gloire et de notoriété. Mais Diogène a raison : il ne se trouvera pas un seul homme de bien parmi ces athlètes qui, tous, j’en suis sûr, iront se couvrir de honte et de médailles aux Jeux olympiques. Je parie qu’on en trouvera même pour dire que c’est au contraire leur devoir que d’aller en Chine : pour la défense du Tibet ! Ceux-là sont des cyniques au sens moderne du mot.


22/03/2008

22/03/08 - 03:00


            « Quelqu’un dont je n’ose plus écrire le nom, c’est-à-dire le faux nom, le pseudonyme, de peur de passer encore à ses yeux pour un délateur (ce que je ne suis d’ailleurs finalement pas loin d’être, si l’on considère ce que j’écrivais avant-hier sur ma mère), quelqu’un me disait tout récemment que c’était peut-être moi qui, à force de traiter injustement mes amis, avais fini par faire le vide autour de ma pauvre personne… »


Lire la suite : vendredi 21 mars 2008.


20/03/2008

20/03/08 - 14:07


            « Finalement, Esteban s’est excusé ! Paradoxe de ma mère, qui fut avec moi une femme libérale et néanmoins castratrice. C’était une espèce de Révolution française à elle seule : parce qu’elle me voulait libre, elle me coupa, non la tête, mais les couilles ! Elle tenait tant à me voir jouir de la liberté qui m’était laissée de sortir le soir avec des amis que je n’avais pas que je suis devenu phobique social… »


Lire la suite : mercredi 19 mars 2008.


18/03/2008

18/03/08 - 01:47


            « Si j’étais un délateur, comme ose m’appeler Esteban dans un commentaire délicieusement intitulé L’Adieu aux carnes, je révèlerais son véritable nom dans ce journal ! Je suis sûr qu’il en ferait une jaunisse, même si les internautes ne se soucient probablement pas beaucoup plus de connaître son identité que la mienne ! Il verrait alors ce que c’est qu’un délateur… »


Lire la suite : lundi 17 mars 2008.


17/03/2008

17/03/08 - 03:41


            « Heureusement qu’Esteban, qui trouve que ce blogue « sombre dans la lubricité la plus commune », a décidé tout à l’heure de ne plus le lire, parce qu’il me faut justement parler du garçon d’hier… »


Lire la suite : dimanche 16 mars 2008.


15/03/2008

15/03/08 - 21:54


            « Esteban, ce don du ciel, est un si fin lecteur qu’il trouve que je me montre ici comme le ‘‘pédé type’’ en écrivant comme je fais sur ma recherche infructueuse. Pédé type, peut-être, sans doute même. Seulement, il croit que le pédé type est « quelqu’un qui ne recherche que de la barbaque », toujours selon ses termes. De ce que je n’ai en effet pu trouver jusqu’alors que de la bidoche, pour rester dans le même registre, il conclut que ce n’est que cela que je recherche. Alors que je suis comme Diogène : je cherche un homme ! Voilà qui est finement raisonné… »


Lire la suite : samedi 15 mars 2008.


15/03/08 - 03:07


            « La recherche d’un fuckbuddy de qualité me prend énormément de temps et d’énergie. Il faut d’abord prospecter sur les différents sites Internet de rencontre, puis prendre rendez-vous, pour faire passer le casting, en quelque sorte… »


Lire la suite : vendredi 14 mars 2008.


14/03/2008

12/03/2008

12/03/08 - 00:32

Remarque sur l’antiracisme ‘‘larvé’’


            Je n’ai pas la télévision chez moi, mais je peux la regarder chez ma mère, à qui je rends visite plusieurs fois par semaine. J’aime la télévision en cela qu’elle donne à voir le monde détestable qui s’annonce et dont, d’ailleurs, on ne verra peut-être jamais l’avènement. Qui peut dire, en effet, de quoi demain sera fait ? Souvent, on s’attend à quelque chose, et c’est tout autre chose qui se produit. On craint le pire et la montagne accouche d’une souris. Les émissions dans lesquelles on fait venir témoigner sur tous les sujets des gens ‘‘comme vous et moi’’ sont particulièrement instructives. (Enfin, ‘‘comme vous et moi’’… Comme vous, surtout, parce que moi, je ne me reconnais pas du tout dans ces gens d’un autre monde, qui n’est absolument pas le mien !) J’étais justement chez ma mère, cet après-midi, et j’ai donc pu regarder la fin d’une émission intitulée Toute une histoire, dans laquelle on se demandait comment des gens malintentionnés pouvaient en venir à violenter (car cela arrive) des personnes dites fragiles, c’est-à-dire des personnes âgées, des handicapés ou des enfants, si j’ai bien compris. Je dis « si j’ai bien compris », car je ne suis pas sûr de l’avoir tout à fait… Parmi les témoins convoqués se trouvaient en effet un homosexuel et un noir, qui avaient été victimes d’agressions respectivement homophobe et raciste. Fallait-il comprendre que l’homosexualité de l’un et la couleur de peau de l’autre constituaient une ‘‘fragilité’’, rendant les deux victimes aussi vulnérables qu’un handicapé ou qu’un vieillard, c’est-à-dire beaucoup plus qu’une personne dans la force de l’âge et en parfaite santé ? Bien sûr, il fut expliqué aux téléspectateurs que l’homosexuel et le noir avaient été agressés par un groupe de personnes (d’où leur plus grande faiblesse), par de jeunes ‘‘identitaires’’ dans le cas du noir et, dans le cas de l’homosexuel, par des ‘‘jeunes’’ tout court, sans qu’il fût permis d’en dire plus à leur sujet, j’y reviendrai. Mais l’impression générale était bien, l’animateur de l’émission y veillait, que le fait d’être homosexuel ou noir rendait un homme plus fragile. (Il y aurait d’ailleurs sans doute beaucoup à dire sur le racisme qu’implique une telle proposition. Mais ce n’est pas mon sujet. Je ne veux traiter que d’antiracisme !) Ainsi donc, par exemple, moi qui suis homosexuel (d’où ma présence sur ce site), je serais plus fragile qu’un hétérosexuel, je serais aussi vulnérable, disons, qu’un handicapé ! Et je croyais, naïf que je suis, que l’homosexualité n’était pas une maladie ! Voilà à quoi mène le ‘‘minoritarisme’’, s’il est permis de s’exprimer ainsi, car le communautarisme ne connaît que les minorités, c’est-à-dire des communautés passant pour plus fragiles, plus vulnérables, du fait de leur minorité. La communauté majoritaire ne compte pas : elle ne peut être l’objet du racisme, prétend-on, c’est pourquoi elle n’est jamais non plus l’objet de l’antiracisme (et c’est d’ailleurs ici précisément que réside la fragilité propre à la communauté majoritaire, dont on peut sans doute agresser des membres pour la seule raison qu’ils lui appartiennent dans l’indifférence générale (on parlera alors d’un crime crapuleux, voilà tout), par quoi ladite communauté majoritaire me semble être une minorité aussi vulnérable que les autres !) Le ‘‘minoritarisme’’ présupposant donc la fragilité des minorités (c’est le fondement du dogme), il va de soi que les membres d’une minorité ne peuvent être montrés que comme des victimes, jamais comme des agresseurs, car ce serait une hérésie. Cela était particulièrement perceptible dans l’émission de télévision que j’ai regardée cet après-midi. Un ancien agresseur, une femme, qui témoignait anonymement, prétendait être une skinhead repentie (on l’imaginait donc nécessairement blanche, appartenant à la communauté majoritaire en France). De même, les agresseurs du noir étaient de jeunes ‘‘identitaires’’, c’est-à-dire, là encore, des blancs, à l’évidence. Par contre, il n’a pas été possible à l’homosexuel de nommer ses agresseurs. Dès qu’il a parlé de « ces gens-là » (ce furent ces mots), l’animateur de l’émission s’est empressé de le rappeler à l’ordre, en lui disant quelque chose comme « attention hein ! », comme si le témoin avait oublié des consignes, qui lui auraient été données plus tôt, de ne pas faire allusion à la communauté d’origine desdits agresseurs. Pourtant, aux allusions que faisait malgré tout le témoin, le téléspectateur que je suis voyait bien ce qu’on voulait lui cacher. L’homosexuel insistait en effet sur le fait qu’il habitait dans une banlieue, c’est-à-dire une cité. Il expliquait que les brimades dont il était victime ne se produisaient que l’après-midi, parce que ses agresseurs ne se réveillaient jamais avant le milieu de la journée. Enfin, quand l’animateur lui a demandé s’il avait parfois un désir de vengeance ou s’il éprouvait de la haine, la victime a curieusement répondu qu’elle avait peur ou qu’elle ressentait de la haine (je ne sais plus exactement, je cite de mémoire) lorsqu’il lui arrivait de croiser dans la rue des personnes qui ressemblaient physiquement à ses agresseurs, agresseurs qui sont pourtant parfaitement identifiés par la victime : il n’y a pas d’incertitude sur leurs identités et il est important de préciser ici que la victime ne pourrait pas confondre avec ses agresseur des personnes qui auraient avec eux une simple ressemblance. Je suis presque sûr, mais je puis me tromper, que la ressemblance physique dont parlait l’homosexuel renvoyait à ce qu’il n’est plus vraiment permis d’appeler la race des voyous, qui étaient presque certainement de jeunes hommes noirs ou arabes. En somme, la victime avait peur lorsqu’elle croisait dans la rue certains membres de la même communauté que ses agresseurs (les plus fervents antiracistes diront sans doute qu’elle avait des réactions honteusement racistes !). Bien sûr, on pourrait m’objecter, à juste titre, d’ailleurs, qu’il y a également, parmi les fauteurs de troubles dans les banlieues, des jeunes blancs, ou Français de souche, ou Européens de souche (on ne sait plus trop comment dire, surtout qu’on pourrait encore m’objecter que les arabes sont des blancs eux aussi !). C’est parfaitement vrai. Mais certaines vérités sont purement statistiques. Or il se trouve que l’antiracisme larvé de la France interdit tout bonnement de faire certaines statistiques. Mais qui donc, des skinheads ou des jeunes des banlieues, comme on les appelle pudiquement (justement pour ne pas les nommer vraiment), qui donc commet le plus grand nombre d’incivilités, de délits et d’agressions ? Les skinheads, indubitablement !

 


06/03/2008

06/03/08 - 22:46


            « En octobre 2004 et janvier 2005, j’avais évoqué dans ce journal les propos d’un internaute, que je nommais par son véritable nom (dont il ne faisait pas mystère), et qui me demande aujourd’hui, en 2008, de ne plus le faire, ce que j’accepte volontiers, pour lui éviter les ennuis que, paraît-il, la présence de son nom dans ces pages pourrait lui faire avoir ! Je ne savais pas que c’était si dangereux d’être associé à moi, même de loin… »


Lire la suite : jeudi 6 mars 2008.


01/03/2008

01/03/08 - 13:27


            « ‘‘Je ferais mieux d’écrire un blog qui raconterait mes petits tracas du quotidien, les affres de l’amour et les pirouettes sexuelles, quoique non, je suis trop vieux et hétéro pour ce genre de confession à l’ego qui sent le pipi.’’ Je ne sais si Guillaume Orignac faisait allusion à ce blogue en écrivant cela, mais le fait est que je me reconnais tout à fait dans cette espèce de définition… »


Lire la suite : Vendredi 29 février 2008.


 

UN PEU DE PROSE DANS UN MONDE MANGÉ DES VERS
« J’ai ri en lisant cette notation de Guibert… » - Est-ce que le message est clair ? - Le peuple de GA. Et moi. - La parole d’un enfant - Nouvelle Langue Française - FREEDOM GO TO HELL - Pas de provocation ! - Comment peut-on être français ! - Comment peut-on vouloir être persan ! - Grand Corps Malade - Nouvelle lettre persane - Courte note sur la morale chrétienne - Toute interprétation est délire - Quelques considérations sur la nouvelle et unique race - Que va-t-il se passer ? - Suites de la controverse commencée avec le texte précédent - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Lettre à Pierre, traitant de ce que deviennent les pierres, c’est à savoir du sable et de la poudre, que les saisons soulèvent et dispersent aux quatre vents… - Sur le mot conservateur - Sur la langue des corbeaux et des loups - Sur la tentative de censure du Petit Robert - Les demi-mots d’une momie - Quelques remarques sur le discours tenu récemment par le pape à l’université de Ratisbonne - Qu’est-ce qu’une nation ?, quelques remarques sur la célèbre conférence de Renan, en guise de réponse au blogueur Asbel, qui m’en demandait une - Robert Redeker menacé de mort - Remarque sur la prononciation de Mahomet - Courte remarque sur le racisme - Ce que je voulais dire par ‘‘sida mental’’ - Deux remarques sur Internet et les blogues - Un style ‘‘téléphone portable’’ ? - Le français n’est pas la langue française - Sur la modération de ce blogue - Trois mots sur la peine capitale - Que sera cette nation ? - Le bourreau n’est pas criminel - Remarque sur la duplicité de l’homme - D’Orient et d’Occident - « Comment peut-on être homosexuel et croire en Dieu ? » - Remarque sur le terme d’anti-islamisme - La démocratie et l’art - Courte remarque sur le maintien de l’ordre - Remarque sur un débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Un mot sur François Mitterrand - Sur ceux qui sont contre la corrida - Un mot sur les bons sentiments - Sur les émeutes de 2007 - L’assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt - Sur l’ours en peluche qui s’appelait Mahomet - Un jardin d’Adonis. Sur le nouveau titre de ce blogue - Remarque sur le concept d’islamophobie - Simple remarque sur deux peurs apparemment peu fondées et sans grand rapport entre elles - « La Grande Déculturation » - Le site des éditions n&b - Eric Zemmour défendant son roman Petit frère - Remarque sur le projet de Nicolas Sarkozy relatif à la mémoire de la Shoah - Remarque sur l’abandon du projet de Nicolas Sarkozy relatif à la mémoire de la Shoah - Remarque sur l’antiracisme ‘‘larvé’’ - ‘‘Modernité du cynisme, actualité de Diogène’’ ! - Trois mots sur les mises à mort - Odi et amo (satire) - Question sur la compatibilité entre le droit de grève et le devoir de réserve des fonctionnaires - Le Petit Pédophile - Remarque sur les ‘‘sans papiers’’ - Quelques menues considérations sur ce qui me pousse à écrire désormais sous mon véritable nom - Remarque sur n’annulation d’un mariage

 

HEURÉSIES
L’Europe et l’iconoclasme - Mémoire à l’école : les deux ‘‘non’’ d’Alain Finkielkraut