28/08/2008
« Cet après-midi, j’ai rendu visite à Fred, l’ancien actuel amoureux de ma sœur. Il m’a rapporté que lors de mon dernier passage dans sa boutique, l’un des plus beaux garçons qui la fréquentent, celui qui est coiffé ‘‘décoiffé’’ (mais ils le sont presque tous), ayant écouté notre conversation, dans laquelle il était question de mon petit boulanger, avait été fort surpris d’apprendre que j’étais homo. Comme si ça ne se voyait pas ! L’innocence (en un mot) de ces petits skateurs est telle que si, par bonheur, je réussissais à en coucher un nu dans mon lit, il croirait encore que c’est pour y dormir… »
Lire la suite : mercredi 27 août 2008.
23/08/2008
« Je crois que je n’ai plus tellement de désir pour Damis. Il est venu me voir l’autre jour, directement de son travail, tout sale et puant. La farine, qui s’insinue partout dans ses vêtements, lui cause des irruptions de plaques rouges en de certains endroits du corps qu’on n’a plus très envie d’explorer. ‘‘Mon Dieu ! Mais c’est affreux ! On croirait que le cul te démange tellement qu’il y vient des croûtes !’’ De son côté, Damis ne supporte plus très bien mes sarcasmes… »
Lire la suite : samedi 23 août 2008.
22/08/2008 Ce n’est pas la première fois que j’entends dire à la télévision que le dalaï-lama aurait du charisme, comme on dit. (Mon professeur de grec voulait qu’on dise ‘‘carrure’’. Mais je m’avise que ‘‘charisme’’ n’est peut-être pas si déplacé quand il est appliqué à un chef religieux.) Toujours est-il que moi, dès que j’aperçois le dalaï-lama à la télévision, avec son étrange bonhommie, sa bizarre hilarité, je ne puis m’empêcher de me dire : « Tiens ! Un nouvel épisode de Toto au Tibet ! » C’est d’ailleurs idiot, puisque le dalaï-lama se montre partout, sauf au Tibet.
Rêve étrange cette nuit. Nous sommes, apparemment toute la famille, dans une maison pour les vacances. Nous est livrée, tenant encore sur ses pattes, mais entièrement cuite, une belle vache, dont les entrailles ouvertes et fumantes comme celles d’un poulet rôti contiennent plusieurs, peut-être six œufs un peu plus gros que ceux d’une autruche. L’un des œufs a la coquille cassée. En sort un chaton noir et blanc que nous prenons tous pour un veau. Grande joie d’avoir à caresser cet adorable petit veau.
13/08/2008
« Hier soir, acheté pour dîner un sandwich chez les arabes de la place du commissariat. Comme je faisais la queue, deux jeunes, complètement ivres, me sont passés devant sans vergogne. Le patron des lieux leur ayant demandé d’attendre leur tour, tout cela a failli se terminer en bagarre. En reculant pour éviter d’être bousculé par tout ce petit monde qui sortait dans la rue pour ne finalement pas s’y battre vraiment, c’est moi qui ai bousculé un très joli garçon, dans le parfum duquel je me suis retrouvé comme par enchantement… »
Lire la suite : mercredi 13 août 2008.
11/08/2008
« J’ai dîné hier soir avec cet ami que je disais l’autre jour n’avoir pas été gâté par la nature. Appelons-le Corydon. Il aurait pu dire, comme celui de Virgile : nuper me in litore vidi. Car la nature, en vérité, n’a rien à voir avec la disgrâce de mon Corydon, qui n’était d’ailleurs pas loin d’être beau, il y a quelques années encore, comme j’ai pu le constater sur des photos qu’il m’a montrées. Mais il a pris beaucoup, énormément de poids depuis qu’il est dépressif (encore un !). Le pauvre a trop d’appétit depuis qu’il n’en a plus pour la vie… »
Lire la suite : dimanche 10 août 2008.
07/08/2008
« Ne nous voient tels que nous sommes vraiment, secrètement, sans pudeur ou honteusement, que nos animaux les plus chers et, s’il existe, Dieu, comme on l’appelle ici ; les premiers, parce qu’ils sont dépourvus d’un jugement qui, s’ils en avaient, ne manquerait pas de les aveugler ; le second, parce qu’il est le Juge suprême et voit tout… »
Lire la suite : jeudi 7 août 2008.
« Nous avons appris avant-hier la mort de Capucine, l’antique chienne de ma grand-mère devenue folle, et de Nikita, la chienne de mon père, qui passe en ce moment quelques jours chez ma mère. La mort de sa chienne contraint ce dernier à écourter son séjour ici, à cause de son amie, qui est devenue complètement hystérique depuis qu’elle a découvert chez eux le corps sans vie de la bête. Il repart demain… »
Lire la suite : mercredi 6 août 2008. 04/08/2008
« Hier après-midi, coup de téléphone inespéré de Damis, qui était en panne d’essence sur le parking de la boulangerie où il travaille. Il avait besoin de moi pour que je le conduise à une station service. (C’est la troisième fois qu’il me fait ce ‘‘coup de la panne’’, comme je crois qu’on dit.) Quand je suis arrivé, il était appuyé contre sa voiture, en train de manger un sandwich… »
Lire la suite : dimanche 3 août 2008.
02/08/2008
« Pierre Driout, sans doute inquiet de ne pas m’avoir vu écrire dans ce journal depuis lundi, me demande ce que je deviens, si je boude ou si je baise ! Je lui réponds que je bronze. Je macère dans mon jus. Je commence seulement à aller mieux : j’ai été malade ces derniers jours. Je me demande si mon corps n’est pas affecté lui aussi par la désaffection de Damis… »
Lire la suite : vendredi 1er août 2008.
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