31/10/2008 J’ai probablement déjà dit dans ce journal que Camille n’était pas très vif d’esprit. Corydon nous parlait tout à l’heure de godemichets : Camille participait à cette conversation en disant ‘‘gode Michelin’’ !
28/10/2008
« C’était presque prévisible. L’appartement qui doit être attribué à Camille n’est pas encore disponible, parce qu’il faut d’abord y faire des travaux, pour réparer les dégâts qu’y a faits l’ancien locataire, qui était probablement un jeune ou un étranger, comme sont tous ces ‘‘cas sociaux’’ qu’on couvre d’aides et d’or, autant dire des barbares, des vandales… »
Lire la suite : mardi 28 octobre 2008.
« Camille devrait quitter la maison demain. Il se fait aider par toutes sortes d’organismes et d’associations caritatives, grâce auxquels il a trouvé un appartement qui doit être libéré demain et qu’on lui réserve en priorité. A moins que quelqu’un de moins chanceux que lui ne se soit fait connaître au même organisme, c’est-à-dire quelqu’un qui n’aurait pas même un ami pour l’héberger en attendant qu’il ait trouvé un logement, l’appartement devrait revenir à Camille, et sans qu’il ait rien à payer, puisqu’il appartient à l’association qui l’aide. Camille a également droit, tous les mois, à 80 EUR pour faire ses courses dans l’un de ces supermarchés où les produits sont moins chers et à 150 EUR pour ses frais d’essence. Et son avocat, qu’il n’a pas à payer non plus, va poursuivre ses parents pour qu’ils lui versent une pension de 600 EUR ! Moi qui avais pitié de Camille, je ne suis pas loin désormais d’envier son sort… »
Lire la suite : lundi 27 octobre 2008.
25/10/2008
« J’héberge un réfugié de plus : c’est le dalmatien de Camille, qu’il a dû ramener avec lui, hier qu’il était allé chez son père chercher quelques affaires, parce que la pauvre bête se laissait mourir depuis son départ. C’est une femelle qui porte le nom de Violette. J’ai cru que c’était un signe. Le nom complet de ma chienne est Ultraviolette Pélagie. J’avais d’abord voulu l’appeler Violette, pensant qu’elle était née l’année des v, mais il avait fallu l’appeler Ultraviolette, parce qu’elle était du mois de décembre de l’année précédente, celle des u. Nos chiennes ont été les bornes de notre histoire… »
Lire la suite : vendredi 24 octobre 2008.
22/10/2008
« J’ai lu tout à l’heure, dans le journal, que l’homme qui s’était occupé des peintures dans la maison venait de mourir. Il n’y a pas deux semaines que je lui ai parlé ! Il avait pris du retard dans les travaux dont je l’avais chargé parce qu’il s’était cassé une côte en bricolant chez lui. Il avait fini par faire reprendre le chantier à l’un de ses amis, qu’il était même venu aider les derniers jours, malgré la douleur, et maintenant, il est mort… »
Lire la suite : mardi 21 octobre 2008.
18/10/2008
« Nous avons eu hier soir, Camille et moi, la visite de Corydon et du marchand de couronnes (il faudrait vraiment que je lui trouve un nom, à celui-là). Tout le monde doit donc savoir désormais que Camille est installé chez moi. Corydon m’a confié qu’il s’attendait à cette situation, même si, dans le même temps, il ne pensait pas que le père de Camille mettrait ses menaces à exécution ! Il se dit très déçu du père mais me conseille de me méfier du fils, qui n’est selon lui qu’un profiteur. C’est bien possible… »
Lire la suite : vendredi 17 octobre 2008.
16/10/2008
« Alexis et Ménalque se sont offert une très grosse voiture, il y a quelques mois, la plus grosse qui se puisse trouver dans la marque qu’ils ont choisie. Mais parce qu’elle leur coûtait une fortune en essence, ils ont décidé d’en acheter une seconde, beaucoup plus petite et d’une autre marque, qu’on fabriquait il y a sans doute plus de cinquante ans et qui était, je crois, souvent conduite par des bonnes sœurs. Il fallait aller chercher cette deuxième voiture à l’autre bout de la France… »
Lire la suite : mercredi 15 octobre 2008.
13/10/2008 Moi, l’affaire ‘‘Milan Kundera’’ me rappelle non seulement celle de Gunther Grass, mais aussi celle, plus récente, de Robert Ottaviani, le directeur de campagne de Marine Le Pen. On apprenait, dans Libération, que cet Ottaviani était un ANCIEN Skinhead. Moi, naïvement, je pensais que l’information, c’était donc qu’Ottaviani ne l’était plus, et qu’il avait ‘‘évolué par la suite’’, comme dirait Herminien, pour aller vers une extrême droite moins extrémiste, s’il est permis de s’exprimer ainsi, ou du moins plus respectueuse de certaines formes républicaines. Mais non, ce n’était pas du tout ce qu’il fallait comprendre. On lisait entre les lignes que, puisque Ottaviani avait été skinhead, il le serait toujours ! Il est vrai qu’il n’est pas écrivain, comme Grass ou Kundera (à qui l’on pardonnera plus volontiers les erreurs passées, allez savoir pourquoi), mais chanteur, et même pas cela, ancien chanteur de rock identitaire français (il paraît que c’est comme cela qu’on dit !). A l’ancien chanteur de RIF (on peut aussi le dire ainsi, ai-je appris dans l’article de Libération), il n’est pas permis de « reconnaître son passé », puisque « ce ne serait pas tant se salir que d’accepter ses failles, ses parts d’inhumanité et de faiblesse qui font l’humain, ses rédemptions par la suite, dès lors qu’elles ne sont pas un ‘‘péché d’orgueil’’ et bla et bla et bla » (je citais encore Herminien). Un ancien skinhead est toujours sale, même s’il n’est plus skinhead. L’avoir été, c’est son péché originel. Chez lui, ces parts d’inhumanité dont parle Herminien ne font pas l’humain, mais bien l’inhumain qu’il sera toujours. C’est aussi cela, l’humanisme dévoyé de notre belle époque, un humanisme qui n’a pas les mêmes rigueurs pour tous les hommes !
11/10/2008
« ‘‘Camille se défend des entreprises amoureuses d’un certain Olivier qui lui colle au cul’’, m’écrivait hier Pierre Driout. Je me demande d’où peut connaître de telles expressions un homme au fondement de qui ne doit pourtant pas adhérer grand monde… »
Lire la suite : samedi 11 octobre 2008.
10/10/2008
« Je craignais tellement une trahison de Camille qu’il me semblait trouver des raisons de la soupçonner dans tous les propos qu’il me tenait. J’en étais arrivé au point que je désirais presque en avoir une preuve, pour me sortir enfin des sables mouvants du doute où je me sentais étouffer. Car je trouve plus doux de me noyer dans mes larmes que de connaître la suffocation de l’incertitude, ce rien qui devient tout, ce vide qui prend la place de tout l’air dans la poitrine… »
Lire la suite : jeudi 9 octobre 2008.
04/10/2008
« Camille passait de nouveau la journée de jeudi à l’hôpital. Comme l’un de ses petits cochons était mort deux jours plus tôt et que son père voulait lui offrir un nouvel animal, selon ce qui est apparemment son habitude, pour faire en sorte que la journée d’hospitalisation de son fils se termine plus gaiement, Camille m’a téléphoné le soir pour me demander si je voulais l’accompagner à Parlebosq, dans le Gers, où il allait chercher la bête. Sa voiture était réparée et son père lui laissait quelques heures de liberté pour aller prendre possession du petit cochon chez l’éleveur. J’ai rejoint Camille sur un parking et nous sommes partis ensemble en direction du Gers… »
Lire la suite : samedi 4 octobre 2008.
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